Des tags à caractère fasciste sur les murs de l’Université de Strasbourg

DNA
Strasbourg
Une plainte sera déposée
Des tags à caractère fasciste sur les murs de l’université

Le bâtiment Le Platane et la bibliothèque U2U3 de l’université de Strasbourg ont été marqués d’inscriptions à caractère fasciste au cours du week-end. Un acte qui a suscité de nombreuses réactions d’indignation.

Deux tags « Alsace nationaliste » et « La France aux Français », réalisés à la bombe noire et accompagnés de croix celtiques, ont été découverts samedi sur l’un des murs de la bibliothèque U2U3, installée allée René-Descartes, sur le campus universitaire de Strasbourg. Le bâtiment Le Platane, situé à quelques encablures de là, a aussi été marqué d’un tag « Révolution nationale – Rejoignez-nous ».

Ces inscriptions ont été masquées avec de la peinture hier matin. Elles étaient accompagnées d’une affiche dénonçant « gauchistes, sionistes, hors de nos facs », signée du GUD (groupe union défense), une organisation étudiante d’extrême-droite.

« L’indignation est entière et la réprobation est totale », assure le président de l’université de Strasbourg Alain Beretz qui annonce le dépôt d’une plainte « pour ne pas laisser les auteurs de tels actes impunis ». Alain Beretz dénonce avec force ces tags, mais il estime que cela reste un acte isolé : « Je n’ai pas d’indication que cela corresponde à l’implantation de groupuscules d’extrême-droite à l’université », dit-il tout en prévenant : « Je ne tolérerai pas que l’université soit utilisée par des groupes d’extrême droite pour inciter à la haine de l’autre. Cela est fondamentalement contraire à nos valeurs. »

Les réactions

Au cours du week-end et plus encore hier, de nombreuses voix se sont élevées à Strasbourg pour condamner ces tags et s’indigner qu’ils aient été réalisés sur les murs de l’université.

Paul Meyer , conseiller municipal (PS) délégué à la vie étudiante, a réagi dans la journée de samedi par un communiqué dans lequel il qualifie ces inscriptions d’« immondes ». « Je pense à tous ceux qui hier, ont payé au prix de leur vie pour défendre la France, la République, et la notion même d’humanité au sein de cette université, poursuit-il. Aujourd’hui, chacun d’entre nous doit se demander ce qui dans notre action pourra faire reculer la haine, le refus de l’égalité, et le populisme. S’attaquer à nos valeurs et à notre université, c’est s’attaquer à l’ensemble des Strasbourgeois ».

Fabienne Keller a elle aussi réagi samedi sur sa page Facebook, en condamnant « fermement » ces tags. La tête de liste UMP aux élections municipales strasbourgeoises se dit « profondément choquée par les inscriptions […]. Elles sont l’expression de l’intolérance et du rejet de l’autre. L’université incarne et transmet les valeurs républicaines, nous devons tous être unis pour les défendre et les porter. »

Le mouvement d’indignation a été repris hier par les Jeunes socialistes (MJS) du Bas-Rhin, qui a organisé un rassemblement symbolique à midi sur les marches du Palais universitaire. Leur animatrice fédérale Ada Reichhart, elle-même étudiante à Strasbourg e, estime qu’on ne peut « tolérer ce genre d’acte dans notre université. Il était impensable d’aller en cours ce matin [hier matin, NDLR] sans rien faire et sans rien dire », estime la jeune femme qui figure sur la liste de Roland Ries pour les municipales. Paul Meyer et Eric Schultz, conseiller municipal EELV, étaient présents à ses côtés ainsi que des représentants des Jeunes communistes, des syndicats étudiants et d’enseignants de l’université. Ces derniers ont appelé à une réunion « afin de discuter pour se mobiliser et agir contre le fascisme qui gangrène nos facs ». Celle-ci devait se tenir à 18 h.

La fédération du Bas-Rhin du Parti communiste a fait savoir dans un communiqué qu’elle « condamne fermement cet acte odieux et l’incitation à la haine ainsi répandue sur un lieu de culture universitaire », mettant en cause le gouvernement dans l’installation d’un « climat politique délétère ». « Les groupes extrêmes de droite profitent du trouble suscité dans la population par la trahison des attentes économiques et sociales de ses électeurs par François Hollande et par ses atermoiements et ses reculades sur les questions de société, pour passer à l’offensive idéologique contre le progrès social et humain », explique le PC 67.

La Licra , de son côté, a exprimé « sa profonde émotion » et son souhait que « les auteurs de ces actes indignes et criminels soient rapidement interpellés et condamnés ».

Enfin, le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) s’est insurgé « contre ces appels à la haine », et notamment l’affiche du GUD. « C’est la démonstration claire que l’antisionisme est le paravent de l’antisémitisme le plus abject », affirme le Crif, ajoutant que « la haine et le racisme véhiculés par ces groupuscules ne sont que la conséquence de la banalisation du langage raciste ».

Note
Comme d’habitude, le CRIF, aux ordres de l’État d’Israël, fait dans la confusion mentale volontaire en laissant croire que tout antisionisme serait un antisémitisme…

Manifestation
Une manifestation est en préparation. Elle aura lieu vendredi 14 février à 11h depuis le campus de l’Esplanade, près de la Bibliothèque, jusqu’à la Préfecture. L’appel sera publié sous peu, dès validation.

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