“Ma vie à contre-Coran”, par Djemila Benhabib

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Issue d’un couple ukraino-algérien, ayant vécu en Algérie, pendant la cruelle guerre civile entre le régime et les islamistes du GIA, privés de second tour aux élections, québéquoise, découvrant les “accomodements raisonnables“, et la montée des minorités non catholiques, elle s’est exprimée très clairement, hier, devant un public lagement féminin, avec Salah Oudahar, président de Strasbourg-Méditerranée, en féministe, défendant une stricte laïcité comme condition du ‘vivre ensemble‘. Cela résonnait curieusement en cette Alsace-Moselle, qui ne connaît pas la loi de séparation de 1905.

La librairie Kléber la présente ainsi dans Conversations:

“Fille de l’Orient et de l’Occident éprise de liberté, Djamila Benhabib revendique: “Ma communauté, c’est l’humanité tout entière. Ma religion, ce sont les Lumières.

On se souvient, en lisant cet oxymore, faisant des Lumières une religion, que Charles Péguy, dans un beau et très fort texte sur la Raison, dans Notre Jeunesse, s’en prenait, à juste titre, à ceux qui font de la Raison et de la laïcité, une religion, non moins intolérante que celles des intégristes de toutes les religions révêlées. De Renaud Camus à Breivik, de Marine Le Pen à Riposte laïque ou Charlie Hebdo, des Identitaires à certaines gauches, socialiste ou communiste, et même plus à gauche, au NPA ou à Lutte Ouvrière, on ne connait que trop, de nos jours, cette passion mortelle .

Après l’avoir écoutée avec attention, et mesuré les réactions de la salle, quand elle évoquait, d’un bloc, l’Islam politico-religieux, on a constaté que le titre “à contre-Coran”, aux allures provocatrices, renvoyait en effet, non seulement à une critique fort légitime, qu’on partage, de l’Islam politique, réactionnaire de droite et d’extrême-droite, qualifié, comme par “Riposte laïque“, de “fascisme vert“, -quid de l’Islam progressiste autant que la théologie chrétinne de la libération? – mais manifestait une confusion volontaire entre le registre politique et la simple croyance religieuse de l’essentiel des musulmans, loin d’être, comme trop de monde veut nous le faire croire incompatible avec la démocratie et la laïcité des pays qui se réclament des Lumières.

Une femme, se disant féministe des années soixante dix, pouvait ainsi, constatant avec effarement la “prolifération“, c’est la mot qu’elle a employé, comme s’il s’agissait de rats ou de virus, de femmes, et de très jeunes filles, porteuses du “voile islamique“, demander des conseils pratiques pour ne plus subir, dans la ville et les transports publics, ce spectacle des femmes voilées! A aucun moment elle n’accepte de chercher les causes évidentes de cette montée de visibilité de l’Islam, prix à payer pour l’absence d’égalité de traitement de nos concitoyens, français, musulmans, avec les autres citoyens. Plus vous stigmatisez telle partie de la population, plus elle se défend par une revendication identitaire. Il en va ainsi et toujours de toutes les minorités montrées du doigt.

On a eu envie, devant cette fureur islamophobe, de proposer à cette éradicatrice tel produit chimique conçu pour détruire les poux…

C’est, selon les négationnistes, ce qui se serait produit dans les camps d’extermination nazis. On craint, au point où on en est, que la formule puisse resservir.

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