Enquête sur les victimes tuées au Rwanda durant l’opération Turquoise

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381 Tutsi tués à Bisesero en présence des Français à partir du 24 juin 1994
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http://jacques.morel67.free.fr/BiseseroEnquete2013.html

À la fin du mois de juin 1994, l’opération Turquoise, disposant d’un mandat de
l’ONU pour faire cesser les massacres, avec le droit d’utiliser la force,
pénètre dans l’ouest du Rwanda.
C’est une région où il n’y a pas eu de combats avec l’armée du FPR.
Les victimes des massacres sont des Tutsi tués sur l’ordre des autorités
locales avec qui les militaires français ont reçu l’ordre de collaborer.
Il reste à cette date dans la région montagneuse de Bisesero environ 2 000
survivants Tutsi que militaires, gendarmes, policiers, miliciens et paysans, sur
l’ordre du préfet et des bourgmestres, s’efforcent d’éliminer avant l’arrivée
des Français

Les militaires français sont informés le 23 juin par la soeur Farrington,
le 26 juin par des journalistes, que des Tutsi survivent encore à Bisesero
et demandent du secours. Josue Rubambana, qui a pu s’enfuir de Bisesero
à Goma, leur demande du secours à la même date.

Ils les rencontrent à Bisesero le 27 juin mais les abandonnent en leur disant
qu’ils reviendront dans deux ou trois jours.
Les attaques redoublent. Pendant ce temps les militaires français disent
aux journalistes que des combattants du FPR sont infiltrés jusque là.
Voir la transcription de reportages télévisés sur les chaînes françaises :

http://jacques.morel67.free.fr/BiseseroJournauxTv24-30juin1994.pdf

Pour leur défense les militaires français font dire que leur seule présence
a dissuadé les tueurs.
Une enquête faite en 2013 qui relève la liste nominative de 381 personnes tuées
dans la région de Bisesero après le 23 juin montre qu’il n’en est rien.
Au contraire le nombre de tués augmente au fur et à mesure que les Français
s’installent dans la région.


Les tueurs leur ont fait une ovation à leur arrivée.  Les Français ne
démantèlent pas la machine à tuer.  Confortée par cette présence, la chasse aux
Tutsi à Bisesero reprend de la vigueur, le nombre d’homicides  passe de 18 le
24 juin à 64 le 26 juin pour culminer à 85 les 27 et 28 juin. Pourtant les
Français sont informés le 26 juin par des journalistes que les massacres de
Tutsi continuent à Bisesero. Ils le constatent par eux-mêmes le 27 juin. Mais
ils laissent les massacres continuer tout en les observant à la jumelle. Ils
laissent passer devant eux ceux qui vont prétenduement combattre le FPR alors
qu’ils ont tout l’aspect de tueurs.  Ils s’entretiennent avec les organisateurs
des tueries.  51 personnes sont encore tuées le 29 juin, jour de la visite du
ministre François Léotard. Les massacres cessent le 30 juin au soir quand, sur
l’intervention de journalistes et de militaires ayant enfreint aux ordres, une
opération de secours est enfin déclenchée.

47 % des victimes sont des femmes, l’âge moyen est de 25 ans. 85 victimes
sont âgées d’au plus 10 ans.  La mort est donnée le plus souvent à l’arme
blanche à l’issue d’atroces souffrances.  Sont enregistrés le lieu du meurtre,
le nom des assassins et, à des fins de vérification, les informateurs, les
témoins et les parents des victimes.
En dépit des imprécisions dues à la perte de la notion du temps chez les
survivants, leurs témoignages sont cohérents avec les événements connus
à partir d’autres sources.
Ce recueil des noms de personnes tuées durant cette période n’est pas exhaustif.
Cette enquête a été transmise à la justice dans le cadre des plaintes de
six Rwandais contre l’armée française, instruites actuellement au Pôle
génocide du Tribunal de grande instance de Paris.
Les résultats sont consultables ici :
http://jacques.morel67.free.fr/BiseseroEnquete2013.html

Cordialement
Jacques Morel

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