Roms-migrants: quand les DNA ironisent sur la Ville de Strasbourg …

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Les DNA de ce 20 mai se moquent de la Ville de Strasbourg qui publie, le jour du Conseil municipal, un communiqué concernant le satisfecit qu’elle prétend avoir reçu de l’Union européenne pour sa politique à l’égard des Roms-migrants.

Cette opération contre-feu après les révélations de la semaine passée ne trompe personne.

Strasbourg, « exemple d’insertion… des Roms »

Dans un communiqué parti ce 19 mai, la municipalité strasbourgeoise se félicite d’avoir été « citée parmi les meilleurs exemples de villes dans les 28 Etats-membres de l’Union, au titre de la participation des communautés roms et de l’impact sur leurs activités et leurs lieux de vie » ? !! La ville serait, toujours selon ce communiqué, « retenue par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne pour participer à son programme LERI, en reconnaissance de l’action municipale vis-à-vis des Roms sur son territoire ». « Ce qui vient saluer, ajoute le texte, un effort constant et quotidien des élus et de leurs équipes pour une prise en compte digne et participative de ces populations ».

À peine une semaine après la dénonciation par plusieurs associations locales, de descentes régulières de la police municipale sur le terrain sauvage dit « de la Petite Forêt », à Strasbourg, la coïncidence est étonnante. Le communiqué cite, de fait, surtout les deux espaces d’insertion (Espace 16 et Espace Hoche) mis en place avec les associations Horizon Amitié et la Croix-Rouge, comme ayant orienté le choix de l’Agence des droits fondamentaux.

Sur le site internet de ladite agence, en tapant Strasbourg et LERI (pour Local engagement for Roma inclusion, engagement local pour l’inclusion des roms), on n’obtient pas de satisfecit quelconque à la Ville. On apprend, en revanche, que le programme ne viendra pas saluer une action dans les villes choisies, mais « examiner et développer des manières d’améliorer la conception, la mise en œuvre et les contrôle des politiques d’intégration des roms au niveau local ». Le communiqué de la municipalité indique encore que les villes choisies en Europe (une cinquantaine, a priori, dont deux en France) seront « mises en réseau pour échanger sur les bonnes pratiques ». Une délégation de l’Agence doit amorcer l’action à Strasbourg le 15 juin prochain. Il sera intéressant de savoir si elle considère l’intimidation policière dénoncée par les association à l’encontre de Roms sur des terrains illicites comme une « bonne pratique ».

Feuille de chou:

Dès le titre de l’article,”Strasbourg, “exemple d’insertion…des Roms“, avec ses points de suspension ironiques, on voit que les DNA se moquent gentiment, à juste titre, de la Ville de Strasbourg après la publication de ce communiqué.

Le Journal a rendu compte, en partie du contenu de la conférence de presse de l’Association Prales ( l’intégrale ici ) en particulier l’action de la police municipale. Les DNA ont repris l’expression “camp de concentration modèle” – en fait M. Costache avait dit moderne- pour désigner le dit Espace Hoche dont la Feuille avait parlé, il y a plus d’un an.

En cherchant sur le site de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, nous avons trouvé ceci récent:

Les efforts visant à assurer l’intégration des Roms doivent être intensifiés

http://fra.europa.eu/fr/news/2015/les-efforts-visant-assurer-lintegration-des-roms-doivent-etre-intensifies

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STRASBOURG – Familles roms nouvellement arrivées
« Où va-t-on dormir ? »
Elles ont quitté la Roumanie pour Strasbourg en espérant y trouver une
vie meilleure. Mais depuis qu’elles ont été chassées le 23 avril du
terrain dit de la Petite-Forêt, à l’entrée de Koenigshoffen, plusieurs
familles dorment dans la rue, sans rien, la peur au ventre ( DNA
d’hier). Président de l’association Prales, basée à Antibes, Viorel
Costache est venu tirer la sonnette d’alarme.
« Ce n’est pas ça, le destin de notre peuple : vivre le dos courbé,
baisser la tête et marcher à genoux, enfermés dans un camp clôturé par
des grillages, comme dans un zoo, ou traqués comme des animaux dans
les rues de la ville. Les Roms de Roumanie sont des citoyens
européens, qui ont les mêmes droits et devoirs que les autres et
doivent être traités comme tels dans la capitale des droits de
l’homme. »

Président de l’association Prales (« frère » en langue tzigane) basée
à Antibes, Viorel Costache a été appelé à la rescousse par Gabriela
Munteanu Cabon, qui s’est émue du traitement réservé à plusieurs
familles roms arrivées à Strasbourg il y a trois semaines ( DNA du 13
mai). Hier, lors d’une conférence de presse commune, le Rom de
Roumanie, défenseur des droits et de l’intégration de ses « frères »
en région PACA, et la formatrice et traductrice indépendante ont
poussé un coup de gueule, dénonçant notamment le comportement de
certains membres de la mission Roms de la Ville et de la police
municipale.

Une douzaine de personnes dont cinq enfants

Plusieurs familles les entouraient pour témoigner de leur calvaire. «
Parmi les nouveaux arrivés, certains sont déjà repartis, mais quatre
familles sont toujours là. Cela représente une douzaine de personnes,
dont cinq enfants, dont le plus jeune a deux ans », précise Gabriela
Munteanu Cabon. « En Roumanie, il n’y a aucun avenir, alors j’ai vendu
ma voiture pour payer le bus. Nous sommes arrivés à Strasbourg dans
l’espoir d’y trouver un bout de pain et une éducation pour nos enfants
; pour qu’eux au moins aient une vie meilleure », explique un homme
d’une quarantaine d’années qui se dit prêt à accepter tout travail.
Chassé du terrain « illicite » de la Petite-Forêt, à l’entrée de
Koenigshoffen, il dort depuis dans la rue, près de l’annexe de
l’Espace 16, derrière la gare, « vit dans la peur » et lève le camp
tous les matins avant 5 h, par crainte de se voir à nouveau chassé et
confisquer ses affaires – qu’il cache pour la journée. « On mange ce
que je trouve dans les poubelles, on n’a nulle part où se laver »,
explique-t-il. « En trois semaines, ça fait trois fois qu’on nous
prend tout : nos tentes, nos habits, notre argent », explique un autre
qui s’est réfugié dans les bois avec ses deux fils de huit et neuf
ans, dont l’un a de sérieux soucis de santé. « Dans mes valises, il y
avait tous les médicaments pour mon ulcère », explique à ses côtés un
homme d’une soixantaine d’années, le regard épuisé de n’avoir nulle
part où aller pour trouver un peu de tranquillité… « Où va-t-on dormir
ce soir ? Vous le savez, vous ? »

« Une peur animale »

« J’ai dormi une nuit avec eux et j’ai vu dans leurs yeux la peur
animale à l’arrivée de la police », témoigne Gabriela Munteanu Cabon,
écœurée par ce qu’elle considère comme « une chasse à l’homme ». Très
critique aussi vis-à-vis des associations locales qui travaillent avec
les Roms. « J’avais invité Latcho Rom ce matin, mais ils ne sont pas
venus. »

« Vous trouvez cela normal d’arracher des mains son assiette à une
petite fille en train de manger et de la jeter ? », s’insurge de son
côté Viorel Costache. « Les Roms sont des hommes, pas des animaux ! »,
martèle-t-il, expliquant qu’à son arrivée à Strasbourg, il a voulu
voir l’espace Hoche et s’est retrouvé « face à deux vigiles qui lui
ont demandé de décliner son identité ». « De toute façon, estime-t-il,
ce n’est pas en créant des camps de concentration modèles au milieu de
nulle part et à des kilomètres de tout qu’on va intégrer les gens. Ça,
ce n’est pas de l’intégration, c’est de la ségrégation et de
l’exclusion ! »

DNA du 15 mai 2015

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