La reconstruction de Gaza au point mort

A Palestinian boy walks on May 27 2015 in front of buildings that were destroyed during the 50-day war between Israel and Hamas militants in the summer of 2014, in the Gaza Strip town of Beit Hanun. The Israeli air force carried out four strikes on militant targets in the Gaza Strip early today, eyewitnesses said, hours after a cross-border rocket attack on the Jewish state. The planes targeted training camps belonging to militant group Islamic Jihad in Rafah, Khan Yunis and Gaza City, the witnesses said. There were no immediate reports of casualties.  AFP PHOTO/MOHAMMED ABED

A Palestinian boy walks on May 27 2015 in front of buildings that were destroyed during the 50-day war between Israel and Hamas militants in the summer of 2014, in the Gaza Strip town of Beit Hanun. The Israeli air force carried out four strikes on militant targets in the Gaza Strip early today, eyewitnesses said, hours after a cross-border rocket attack on the Jewish state. The planes targeted training camps belonging to militant group Islamic Jihad in Rafah, Khan Yunis and Gaza City, the witnesses said. There were no immediate reports of casualties. AFP PHOTO/MOHAMMED ABED

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Deux ans après la fin de la nouvelle offensive israélienne

La reconstruction de Gaza au point mort

Ziad Medoukh

26 août 2014, 26 août 2016! Deux ans déjà, deux ans se sont écoulés depuis le fin de la nouvelle agression israélienne contre la bande de Gaza en juillet-août 2014-la troisième en cinq ans-. Une offensive menée par une puissance militaire contre des enfants, des femmes, des personnes âgées, et des innocents , dans un territoire enfermé, isolé et soumis à un blocus inhumain, offensive qui a duré plus de 50 jours, avec des pertes humaines considérables – plus de 2200 morts, parmi eux, 600 enfants, et 11000 blessés, civils et enfants en majorité-, sans oublier la destruction massive de l’infrastructure civile de la bande de Gaza, avec notamment plus de 12000 logements détruits totalement, et près de 150.000 endommagés.

C’est comme si c’était hier, un événement terrible en Palestine, un véritable carnage à Gaza, des crimes et des massacres israéliens contre des civils et des innocents. Cette nouvelle attaque avait pour objectif de briser la volonté d’une population résistante, d’une population courageuse qui a résolu de défier le blocus, mais qui a surtout décidé de rester attachée à sa terre, en dépit de toutes les difficultés et des mesures atroces d’une occupation aveugle.

Deux ans après, le blocus et les mesures israéliennes entravent la reconstruction des milliers de maisons détruites au cours des bombardements israéliens dans une région de plus en plus abandonnée par une communauté internationale officielle complice.>
Dans ce petit territoire côtier, des milliers de familles attendent toujours d’être relogées . La reconstruction, qui peine à se mettre en route, est désormais à l’arrêt complet depuis qu’Israël a suspendu il y a trois mois les importations de ciment et provoqué une telle pénurie que la plupart des travaux menés par l’UNRWA, l’agence de l’ONU en charge des réfugiés palestiniens, ont cessé.

A travers la bande de Gaza, les coupures d’électricité sont quotidiennes et atteignent dans certains endroits jusqu’à 18 heures par jour. Israël contrôle toutes les entrées et sorties de biens et de personnes de Gaza, à l’exception du terminal de Rafah, vers l’Egypte, que Le Caire tient fermé en quasi-permanence.
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> Les organisations internationales tirent régulièrement la sonnette d’alarme au sujet de l’économie de Gaza, au bord du gouffre, avec un taux de chômage parmi les plus élevés au monde (environ 47%), une pauvreté endémique et des exportations quasi-nulles.

Deux ans après, plus de 60 % des bâtiments et immeubles attendent toujours les matériaux de construction dont l’importation est interdite en raison des restrictions sévères imposées par l’armée de l’occupation.

Deux ans après, le rythme de reconstruction reste très lent, une grande partie de Gaza reste en ruines. Selon une enquête récente de l’ONU, plus de 15 mille déplacés sont sans abris.

Deux ans après, les pays donateurs n’ont pas tenu leurs promesses faites lors de la conférence internationale pour la reconstruction de Gaza en octobre 2014. Seulement 25% de l’aide destinée à Gaza lors de cette conférence est arrivée.

Deux ans après : peu de projets de reconstruction privé ou public ont commencé dans les rues de Gaza qui témoignent de la barbarie subie pendant ces 50 jours. Partout, ce ne sont que ruines des maisons, des immeubles, des mosquées, des écoles, des stades, des usines ou des bâtiments détruits et visés par les bombardements israéliens. Selon un haut responsable de l’ONU : au rythme actuel, il faudrait 30 ans pour réhabiliter et reconstruire ce qui a été endommagé

Deux ans après : rien n’a changé pour les sans-abri, plus de 7.000 habitants vivent toujours sous des tentes, dans des caravanes inhabitables, ou à côté des ruines de leurs maisons détruites dans des conditions très difficiles. Beaucoup d’habitations n’ont pas été réparées, à cause du maintien du blocus et de l’interdiction d’entrée, par ordre militaire israélien, des matériaux de construction.

Deux ans après : Gaza est toujours sous blocus, Gaza subit les bombardements et les raids israéliens, Gaza est plus que jamais une prison à ciel ouvert. Et l’armée de l’occupation poursuit sa politique agressive à l’encontre des Palestiniens.

Deux ans après la fin de cette nouvelle offensive, la situation stagne, rien ne bouge. Pour plus de deux millions d’habitants toujours enfermés, cette situation reste très grave à tous les niveaux, surtout sur le plan humanitaire, malgré, partout dans le monde, la mobilisation internationale contre les crimes israéliens et malgré les promesses de reconstruction rapide.

Deux ans après, suite à leur résistance remarquable contre les armes de l’aviation, de la marine et la force terrestre israéliennes, rien ne semble différent pour les Palestiniens de Gaza, toujours à la recherche d’une solution politique et pas seulement humanitaire. Les passages et les frontières avec l’extérieur sont souvent fermés par ordre militaire israélien et les produits alimentaires et autres qui entrent à Gaza sont rares. Les autorités israéliennes ouvrent le seul passage commercial qui relie la bande de Gaza à l’extérieur deux ou trois fois par semaine pour permettre l’entrée de 300 camions et de quelques convois humanitaires. Parmi ces camions, 5 à 6 seulement contiennent des matériaux de construction, souvent destinés aux projets internationaux. Ce passage se ferme sous n’importe quel prétexte, par décision israélienne, sans prendre en considération les besoins énormes de la population civile.

Chaque foyer à Gaza n’a droit qu’à 6 heures d’électricité par jour, car la seule centrale électrique, qui a été détruite en juillet 2014, ne fonctionne pas, par manque de fioul et de carburant. Les conséquences sont dramatiques pour les hôpitaux, les centres médicaux, les usines, et les institutions éducatives.

Les habitants de Gaza, épuisés à la fin de cette nouvelle agression, ont peur pour leurs enfants et leur avenir. Ils espèrent le début rapide des projets de reconstruction, notamment après les promesses internationales.

L’aspect le plus grave de toute cette situation difficile, aspect qui marque l’esprit de la majorité des habitants, est l’absence de perspectives pour ces gens qui ne voient aucun changement. C’est un sentiment horrible qui va influencer l’avenir de cette génération, surtout des jeunes.

Les Palestiniens de Gaza attendent et attendent. Ils n’ont pas d’autre choix que d’attendre. Ils attendent une ouverture, ils attendent la levée de ce blocus inhumain, imposé depuis plus de 10 ans, ils attendent une réelle réaction internationale qui mette fin à l’impunité de cet occupant. Ils attendent avec un courage à toute épreuve, une sérénité exemplaire et une volonté remarquable.

En attendant, à Gaza, la vie continue, ses habitants confiants et déterminés s’adaptent et montrent une patience extraordinaire, ils tiennent bon, persistent, patientent, résistent, restent à côté de leurs maisons détruites, mais surtout, ils continuent d’espérer, espérer un changement radical, une solution politique. Ils espèrent en un lendemain meilleur, un lendemain de liberté, de paix, mais, avant tout et surtout, un lendemain de justice.

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