Des manifestants sans-papiers enlevés une heure et demie par la police de Valls

sans pap faujour

Communiqué du 9ème collectif des sans-papiers

Des manifestants sans-papiers enlevés une heure et demie par la police de
Valls. Aujourd’hui, 18 mai 2013, le 9ème collectif des sans-papiers
appelait à manifester place de la Bastille, pour dénoncer le durcissement des
conditions de régularisation intervenu depuis plusieurs mois du fait de la
nouvelle circulaire du ministre de l’Intérieur, particulièrement
restrictive, et dont l’application est encore pire, surtout à Paris, où le
Préfet de police, Bernard Boucaut, bloque les dossiers de régularisation y
compris pour des sans-papiers remplissant parfaitement les conditions
extrêmement difficiles imposées par cette circulaire Valls.
Ce blocage complet des dossiers présentés par le 9ème collectif est une
mesure de rétorsion demandée par le ministre de l’Intérieur Manuel
Valls,au Préfet de police Bernard Boucaut, à la suite de ces
manifestations qui l’indisposent, à proximité de son domicile particulier.
Le 9ème collectif ayant engagé une procédure devant le tribunal
administratif de Paris, pour réclamer le respect du droit de manifester,
la Préfecture a invoqué la proximité du domicile privé d’une « haute
autorité administrative », en l’occurrence le ministre de l’Intérieur,
Manuel Valls, pour justifier de l’empêchement systématique de manifester
dans le quartier imposé au 9ème collectif depuis plusieurs semaines.
La Préfecture invoquait également une pétition de commerçants de la rue
Keller, protestant contre le blocage de la rue par les forces de
l’ordre.En effet, cette pétition dénonce « le dispositif de sécurité
considérable face à un nombre modeste de manifestants sans-papiers
inoffensifs ». Ce samedi, non contents d’encercler les sans-papiers à la
sortie du métro place de la Bastille, comme les semaines précédentes,
les gendarmes ont embarqué la plupart des manifestants, qui
manifestaient pacifiquement comme d’habitude. Ceux ci ont été promenés ,
en totale illégalité, dans des cars de gendarmerie, pendant une heure et
demie, sans descendre des fourgons ni aucun contrôle d’identité, avant
d’être ramenés sur le lieu de la manifestation…
Le 9ème collectif remercie toutes celles et ceux, les militants comme
les élus, qui se seront aussitôt portés solidaires.
Samedi 25 mai 2013, à 14h30, le 9ème collectif appelle de nouveau à
manifester place de la Bastille, pour protester contre le blocage des
dossiers, pour le droit de manifester et pour la régularisation de tous
les sans-papiers.
9emecollectif.net /// 9eme_collectif@no-log.org

 Club Peirotes: la gauche et les étrangers

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Le Club Jacques Peirotes avait invité Muriel Maffesoli (ORIV), Eric Schultz (conseiller municipal) et Annie Kayser (Cimade) à traiter de:

Quelle politique la gauche mène-t-elle à l’égard des étrangers, des immigrés, des sans-papiers et des demandeurs d’asile?

La première invitée était malade, le second est arrivé tard du fait d’un Conseil municipal très long. Heureusement, la présidente régionale de la Cimade, aussi visiteuse de prison, a assuré.
Quant à la différence entre la politique de la gauche et celle de la droite, si vous la voyez, faites signe…

Le débat a suivi, riche et intéressant, sauf une remarque islamophobe d’une responsable du Club qui a cru bon de s’en prendre à une prétendue “islamisation” des quartiers, et à la figure de Tariq Ramadan, encore une fois diabolisée et ignorée. Comme quoi, il y a encore du boulot pour les associations antiracistes…

Club Peirotes 1

Club Peirotes 2

Club Peirotes 3

Club Peirotes 4

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 Lettre ouverte au Premier Ministre (inter-associative)

Paris, le 18 mars 2013

Monsieur le Premier Ministre,

Le Collectif National Droits de l’Homme Romeurope, la FNARS, la Fondation Abbé Pierre, Emmaüs France, ATD Quart-Monde, et l’Association des Cités du Secours Catholique souhaitent vous exprimer leur indignation face aux récentes déclarations du ministre de l’Intérieur annonçant la reprise des « démantèlements » de bidonvilles  au motif que leurs occupants refuseraient de s’insérer en France.

Ces propos nous paraissent particulièrement choquants et contraires aux engagements de campagne du Président de la République ainsi qu’à la mission que vous avez confiée au Préfet Alain Régnier, délégué interministériel à l’hébergement et à l’accès au logement, visant à organiser un accompagnement global de ces situations, en recherchant avec les services de l’Etat, les collectivités territoriales et les associations, des solutions dignes et des perspectives d’insertion. Cette orientation strictement répressive, qui a déjà démontré dans le passé son inefficacité, nous semble également éloignée de la position que vous aviez exprimée sur ce sujet à l’occasion de notre dernière rencontre.

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 Lettre au Premier ministre pour que cessent les refus de scolarisation et la création de classes « roms »

Roms Unserland

Monsieur le Premier Ministre,

Selon le préambule de la Constitution de 1946 « La nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public, gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État  ».

Malgré la clarté de ce principe à valeur constitutionnelle, nous continuons de constater des refus de scolarisation opposés à des enfants d’origine rom, sous des prétextes divers : manque de pièces au dossier d’inscription, preuve insuffisante de leur résidence sur la commune concernée, ou encore en invoquant des raisons financières (la scolarisation de ces enfants constituerait une charge trop lourde pour la commune). Dans les quelques cas où l’inscription à l’école a finalement été obtenue, c’est toujours à l’issue d’un long parcours du combattant juridique et militant : interpellations des autorités, recours auprès des administrations compétentes (DASEN, Préfecture), saisine du Défenseur des droits…. Cela a été le cas à Champs-sur-Marne et c’est encore le cas actuellement pour la scolarisation de sept enfants roms de Noisy-le-Grand dont, en dépit du refus du maire justifié par « l’absence de domiciliation », le personnel enseignant et le Directeur académique ont décidé qu’ils devaient être accueillis dans une école de la ville. C’est aussi le cas dans quelques villes de l’Essonne comme Evry, Courcouronnes, Villebon-sur-Yvette. Sur cette question, le Défenseur des droits considère qu’« une telle différence de traitement fondée sur l’origine est susceptible de caractériser une discrimination prohibée notamment par l’article 2 de la loi du 27 mai 2008 » (Décision n° MLD/2012-33).

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 M. Valls, une circulaire ne suffit pas, c’est la loi qu’il faut modifier

La lutte des sans-papiers de Lille et la poursuite des expulsions viennent confirmer avec force que la circulaire Valls, publiée le 28 novembre 2012, ne répond pas à la revendication portée par nos organisations « pour une égalité des droits entre Français et étrangers ». Cette revendication avait été réaffirmée durant les campagnes présidentielle et législative par les organisations suivantes : Autre Monde, CGT Paris, La Cimade IDF, Droits Devant !!, Fasti, FSU Paris, Gisti, LDH Paris, Mrap, RESF, Union Syndicale Solidaires.

En partant du vécu de milliers de migrants, les organisations signataires proposaient des mesures précises pour sortir d’une logique qui, circulaire après circulaire, loi après loi, avait globalement réduit à peau de chagrin les droits des migrant-e-s.

Elles proposaient d’avoir le courage politique de marquer une véritable rupture avec la politique antérieure et de réformer en profondeur le Ceseda et le Code du travail.

La circulaire Valls ne suffit pas, dans la mesure où elle n’est pas opposable devant un tribunal et reste marquée par une logique de quota de régularisation.

Par sa nature même, elle ne remet pas en cause le pouvoir discrétionnaire des préfets et ne permet en aucun cas d’asseoir une égalité de traitement, les étrangers ne pouvant pas s’appuyer sur ce texte devant les tribunaux.

D’autre part, elle ne remet pas en cause les principes d’exclusion des dispositifs légaux précédents : critères arbitraires, exclusion encore une fois du département de Mayotte, conditions encore restrictives, notamment pour les travailleurs.

La circulaire continue de faire de l’employeur le seul interlocuteur de l’administration en lui laissant le pouvoir exorbitant de donner des suites, ou non, à la démarche de régularisation, elle exclut de fait les travailleurs au noir et impose des périodes de clandestinité préalables à tout titre de séjour.

C’est pourquoi nous, les organisations soussignées, tenons à rappeler notre volonté de défendre l’égalité des droits entre Français et immigrés et de rompre avec cette politique de stigmatisation des migrants.

Nous exhortons le gouvernement à aller vers des choix qui intègrent la mobilité des personnes, qui reconnaissent une place à chacun–e, en mettant au centre la solidarité et l’égalité plutôt que le rejet et la peur.

Nous rappelons notre exigence que soient modifiés le Ceseda et le Code du travail pour des régularisations de plein droit.

Nous revendiquons la création d’un titre de séjour unique, stable, avec droit au travail, renouvelable de plein droit, donnant à tous les étrangers les mêmes droits.

janvier 2013


Organisations signataires : Autremonde, CGT Paris, La Cimade IDF, Droits Devant !!, Fasti, FSU Paris, Gisti, LDH Paris, Mrap, RESF, Union Syndicale Solidaires