Déconfinement répressif à Strasbourg

Et la distanciation, oh les gendarmes,

C’est tout vu, dès le premier week-end déconfiné. Le jour d’après ressemblera comme deux gouttes de virus au jour d’avant. Ce samedi 16 mai, à Strasbourg, deux manifestations pacifiques ont été réprimées par la gendarmerie mobile, la police nationale et la BAC.

L’une, celle des Gilets Jaunes a commencé à 11h place de la République, lieu de rendez-vous traditionnel depuis plus d’un an. Les gendarmes stationnaient exactement là où les gilets jaunes se rassemblaient sur les marches en face du Palais du Rhin. Certains ne respectaient pas la distanciation d’un mètre entre eux. Un groupe de 10 gilets s’est rassemblé en respectant les gestes barrières et les distances. Les gendarmes ont d’abord exigé l’ouverture des sacs et des sacoches de vélo. Puis, plus nombreux ils sont venus contrôler les identités. Chacun relevait selon eux d’une contravention de 135 euros alors que nous étions à un mètre les uns des autres. Entretemps quelques gilets jaunes sont arrivés mais ils ont été empêchés de former un second groupe de 10 par la nasse serrée des gendarmes!

L’un des présents, petit patron de 17 salariés de l’hygiène et de la sécurité, a été interpellé, conduit vers un véhicule, menotté dans le dos et embarqué. Il a été relâché peu après puisqu’on l’a revu plus tard en ville.

A 13h30 quelques dizaines de Gilets jaunes étaient place de la Bourse. Là aussi, contrôle des identités. BFM TV filmait et interviewait. On peut voir quelques images dans le montage des villes de province.

Le cortège a démarré en direction du centre-ville, un peu déstructuré à cause des contrôles de police. On a remonté la Grand-Rue, on s’est rassemblé place de la gare, puis par la rue du Maire-Kuss on s’est dirigés vers la place Kléber. Non sans avoir subi pour quelques uns un nouveau contrôle à la sortie du Pont Kuss. Puis tout le monde s’est retrouvé place Kléber. Le NPA avait aussi appelé à 15h. Des gendarmes encadraient la place. Puis les sommations ont été lancées et en ligne les mobiles ont avancé pour refouler en les poussant les manifestants juste à la hauteur des bouquinistes qui avaient repris leur poste. Un manifestant, ex inspecteur du travail a été plaqué au sol sur le ventre puis emmené vers les cars bleus rue des Grandes Arcades. Le Journal s’est bien gardé de publier une photo des rangs serrés de gendarmes sur toute la largeur de la place.

Le manifestants ont été forcés de reculer jusqu’aux rails du tram qui étaient ainsi bloqués par la manoeuvre des gendarmes. Puis ils ont poussé tout le monde vers l’entrée des Galeries Lafayette avant de les faire reculer rue du 22 Novembre. Des badauds assistaient à la scène, certains réprobateurs, d’autres ayant hâte de se diriger vers la marchandise dont ils avaient été privés deux mois.

Travaille, consomme et ferme ta gueule!

On vérifie que le gouvernement Macron, Philippe, Castaner est bien plus efficace contre le mouvement social que contre le virus!
La population a peur du virus, a peur de la police, ce qui arrange bien le pouvoir qui repose en dernière instance sur la “servitude volontaire“, dénoncée par La Boétie.

Malgré tout, “ON EST LA!

DNA
https://c.dna.fr/fil-info/2020/05/16/les-gilets-jaunes-de-retour-a-strasbourg?fbclid=IwAR3MCAIUgzDYx6o77Mo-ApmD6i26_RFDWMEkYdEXvmDZh7wnUEJHtHS5vf0

Les DNA n’ont pas rendu compte du rassemblement du QG Gilets jaunes République Strasbourg le matin à 11H place de la République.

Un dispositif démesuré de gendarmerie mobile, de police nationale, de BAC pour 10 gilets jaunes séparés d’un mètre et masqués. Leur présence a empêché d’autres gilets jaunes de s’y joindre à cause des contrôles d’identité systématiques auquel ils ont procédé en promettant des contraventions de 135 euros, alors même que contrairement aux manifestants, les gendarmes ne respectaient pas tous la distanciation physique.

L’article des DNA et les photos choisies ne rendent pas compte du ratissage en ligne de la place Kléber par des dizaines de gardes mobiles. Il n’y a pas eu de “heurts” mais des manifestants bousculés et poussés jusqu’aux rails du tram devant la Fnac. Ce sont donc les forces de l’ordre qui sont responsables de l’interruption de la circulation du tram et pas les manifestants, d’autant que ces derniers ont ensuite été forcés de stationner devant l’entrée des Galeries Lafayette avant d’être repoussés rue du 22 Novembre.

NPA
Réponse à la préfecture : “Non madame la préfète, nous n’avons pas
“favorisé pas la propagation du virus””

Les DNA relatent ce soir le “rappel à l’ordre” de la préfecture de Strasbourg pour qui les manifestant-es de ce samedi auraient “favorisé” la propagation du coronavirus.
C’est pourtant l’inverse qui est vrai.
Alors que les manifestant-es rassemblé-es respectaient strictement les précautions sanitaires, c’est la police qui a brisé la distanciation physique en chargeant les manifestant-es, parfois le masque relevé.
Un retraité de la fonction publique a été jeté au sol par 3 flics puis placé en garde-à-vue.
Nous exigeons sa libération immédiate.
Si le virus a menacé qui que ce soit lors des rassemblements d’aujourd’hui, c’est du fait des “forces de l’ordre”.
Par ailleurs, la préfecture revendique pas moins de 41 amendes à 135 euros !
Le gouvernement a certes décrété le déconfinement, mais c’est uniquement pour faire reprendre la machine à profits.
Pour le reste c’est la répression.

En ce qui concerne notre expression dans l’espace public, la défense de nos droits, il faudra se battre, toutes et tous ensembles !

Pendant ce temps, chez nos voisins allemands:

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