Plus de 300 personnes à la manifestation des Gilets jaunes à Strasbourg

Tête du cortège feuilledechouphoto

Manifestation Gilets Jaunes Strasbourg: prises de parole from Jean-Claude Meyer on Vimeo.

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De 3 à 400 personnes se sont rassemblées à partir de 12 h place de la République à Strasbourg, lieu traditionnel, depuis deux ans, de l’AG du QG République, avant de défiler en ville pour les revendications restées pendantes et pour la défense des libertés globalement menacées par la bande à Macron-Castex-Darmanin.

Hier soir l’Assemblée nationale a majoritairement voté une loi inspirée par les policiers présentée par un député ex du RAID, qui interdirait de filmer et diffuser l’image des forces dites de l’ordre (capitaliste) en action. Imaginons un instant: plus d’affaire Benalla, plus d’œil crevé ni de main arrachée par LBD, sur nos écrans! L’impunité assurée pour la milice du capital. Circulez, y a rien à voir!

Tellement gros que les patrons des médias, du Monde à l’Humanité, de BFM à Radio-France ont protesté contre cette atteinte grave à la liberté d’informer sans laquelle il n’est point de démocratie. Même en Israël, pays qui n’est démocratique que pour les juifs, les médias ne se privent pas de filmer les exactions de l’armée et de la police des frontières! C’est dire la régression française.

Comme d’habitude, après Mike, principal organisateur de la manifestation, plusieurs intervenants ont développé chacun.e leur point de vue. Puis le cortège s’est ébranlé en empruntant les quais en direction du Palais de justice. Une halte y a été faite, pendant laquelle police et justice furent conspuées.

Le cortège s’est engagé ensuite dans la rue de la Nuées-Bleue (nuée qui était fort visible avec des dizaines de cars de police, et des flics en veux-tu en voilà, en tenue de combat.

Devant le siège des DNA la mémoire d’un salarié qui venait de s’y suicider en se jetant du toit de l’immeuble proche de l’imprimerie d’où sort chaque nuit le quotidien du groupe EBRA (‘en tombent) propriété du Crédit Mutuel. On observa une minute de silence, puis une salve d’applaudissement y succéda.

On a continué dans une ville quasi totalement déserte, du fait de la fermeture des commerces (contrairement à l’Allemagne proche, et des cafés et restaurants. Malgré le froid et parce que le soleil brillait on aurait dû voir la foule habituelle des samedis après-midis et les terrasses combles.

On s’engagea dans la rue du Dôme, vers la cathédrale, puis la rue Mercière, la rue du Vieux Marché aux Poissons, le Pont du Corbeau, la rue d’Austerlitz, sans aucun touriste descendu des autobus, enfin on atteignit la place de la Bourse. Sortant du trajet prévu la tête du cortège s’est alors engagée à gauche rue Jacques Peirotes, vite arrêtée par des véhicules de police au coin de la r ue de Berne. Finalement, après une intervention d’une camarade Gilet jaune qui s’était entretenue avec les policiers; on est retourné vers la Bourse. Mais là, provocation inutile, un barrage de CRS casqués et armés de gazeuses et d’autres outils plus militaires nous a bloqués un long moment. Finalement ils ont reculé accompagnés de “cassez-vous” bien sentis. C’était les grandes manoeuvres des flics, joue pour montrer qui commande. Enfin on a pu s’engager vers le Conservatoire de Musique et de danse et la place de l’Etoile point de chute prévu de la manifestation.

Mais avant d pouvoir quitter les lieux (avant l’heure prévue de 16h) on a dû assister à différentes manoeuvres policières toutes aussi inutiles les unes que les autres. Les cars avancent, les hommes sortent, ils se disposent sur le pont puis près des manifestants, et quand ceux-ci cherchent à quitter la nasse vers le tram on voit des hommes harnachés courir de ce côté. On se demande bien à quoi rime ce cirque ridicule qui mobilise des hommes du matériel, consomme du gazole, alors que la manifestation qui comprenait des familles et de jeunes enfants protestant contre les masques qu’eux aussi doivent porter, s’est déroulée de bout en bout de manière tranquille.
On se prend à rêver d’une échange standard entre la préfète du Bas-Rhin, préfète d’Alsace et du Grand-Est (excusez du peu) et le préfet du Haut-Rhin, ainsi qu’entre les commissaires de police de Strasbourg et de Colmar. Mais nos amis colmariens n’apprécieraient pas ce changement…

Ce n’est qu’un début! La semaine prochaine, toutes les organisations progressistes sont invitées à participer le 26 novembre à une réunion par internet afin de débattre et d’organiser une grande manifestation u taire sur l’ensemble des revendications économiques, sociales, politiques, culturelles, etc afin de s’opposer au cours de plus en plus antidémocratique de la clique au service du capitalisme mondialisé.

Note sur France 3 Alsace: une caméra-woman de FR3 est venue filmer dès 12 h place de la République alors qu’il n’y avait qu’une trentaine de personnes. Et ce soir, c’est cette vidéo qui est passée aux infos du 19 h. Et pas un mot ni une image sur la manifestation qui a compté plus de 300 personnes et a parcouru la ville jusque vers 16 h, où elle s’est dispersée dans le calme, malgré les provocations policières. C’est ça l’information sur une chaîne publique?

vidéos à suivre…

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