Loi sur le voile intégral : une trentaine de femmes verbalisées en un mois

Par A. l’AFP

Publié le 11/05/2011

Une trentaine de femmes ont été verbalisées un mois après l’entrée en vigueur de la loi interdisant le port du voile intégral dans l’espace public, qui a conduit la moitié des personnes portant ce signe religieux à l’abandonner, selon une association.

La moitié des quelque 2 000 musulmanes se couvrant du niqab ont décidé de l’ôter, mais d’autres ont fait le choix de se « cloîtrer », ne sortant plus de chez elles, a estimé l’association touchepasamaconstitution, qui s’est proposée de payer toutes les contraventions infligées aux contrevenantes.
« Elles ont été assignées à résidence par la loi », a déploré son président Jean-Bruno Roumégoux, lors d’une conférence de presse.

Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a indiqué le 4 mai sur RTL qu’un total de « 27 ou 28 verbalisations » avait été recensé jusqu’alors. Le lendemain, deux femmes intégralement voilées ont été verbalisées devant la mairie de Meaux, où elles s’étaient rendues pour « fêter la première amende » du député-maire Jean-François Copé, avec l’association Touche pas à ma Constitution.

Une Américaine résidant à Dreux figure parmi les contrevenantes. Elle a été verbalisée à l’aéroport de Roissy alors qu’elle rentrait de Jeddah (Arabie Saoudite).

Cette femme avait accepté de retirer son voile lors des contrôles, mais l’avait ensuite remis dans l’aérogare et a alors été verbalisée par la Police aux Frontières.

« Beaucoup de craintes avaient été exprimées à ce propos. On disait que c’était inapplicable » mais « cela s’est toujours passé sans problème », a observé le ministre de l’Intérieur.

La loi sera « infiniment difficile à appliquer » et « infiniment peu appliquée », avait averti Manuel Roux, secrétaire général adjoint du Syndicat des commissaires de police au moment de l’entrée en vigueur de la loi.

Le 21 avril, à Toulouse, une quarantaine de musulmans ont prié devant le commissariat de Toulouse pour protester contre la verbalisation d’une femme.
Quelques coups d’éclat ont été aussi orchestrés par Touche pas à ma Constitution, qui a organisé le 11 avril, au premier jour de l’application de la loi, une manifestation sur le parvis de Notre-Dame à Paris avec des femmes voilées.

Le 20 avril, une femme en niqab a tenté, en vain, de se faire verbaliser en déambulant devant l’Assemblée nationale, sous les yeux de gendarmes et de policiers, dans le cadre d’une action de « provocation » organisée par cette association.
Son porte-parole Rachid Nekkaz a été interpellé mercredi 11 mai 2011 avant la conférence de presse au Bristol, un palace situé près de l’Elysée et du ministère de l’Intérieur.

Quatre femmes voilées ont été aussi interpellées. L’une d’elle a été libérée du fourgon de police où elle a été interrogée après avoir accepté de sortir dans la rue sans niqab.
Les récalcitrantes ont été conduites au commissariat. Elles encourent une peine maximale de 150 euros d’amende et/ou un stage de citoyenneté.

Les femmes verbalisées n’ont pas forcément payé l’amende, puisqu’elles ont été appelées à se présenter ultérieurement devant un juge. Dans les Yvelines par exemple, « 7 ou 8 femmes ont été contrôlées » et « les dossiers ont été transmis aux officiers du ministère public », selon le parquet.

Il semble que la loi n’est pas systématiquement appliquée. Une employée d’une clinique parisienne a assuré à l’AFP sous le couvert de l’anonymat que des patientes continuaient de se présenter en niqab à la consultation.
« Elles ne sont pas nombreuses », a-t-elle cependant relativisé.

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