“Eichmann au Caire, et autres essais”, de Gilbert Achcar


 

Présentation par André Rosevègue, ex vice-président de l’UJFP

Nous avons parlé ici même du livre de Gilbert Achcar, Les Arabes et la Shoah. Gilbert Achcar (G.A.) assure une sorte de rebond de son livre, en publiant toujours chez Sinbad-Actes Sud Eichmann au Caire et autres essais (108 p., 16 euros).

En premier lieu, G.A. fait une étude systématique de la façon dont le quotidien égyptien nassérien Al Ahram a rendu compte de l’Affaire Eichmann.

Loin d’être fastidieuse, cette étude tord le cou à la thèse israélienne selon laquelle “le monde arabe” avait ignoré le procès ou nié la culpabilité de Eichmann. Bien sûr, AL Ahram ne soutient pas la légitimité d’Israël à enlever Eichmann en Argentine et à lui faire un procès en Israël en refusant un tribunal international. Mais impossible à la lecture des articles qui refusent clairement tout antisémitisme de faire du nassérisme un clone du nazisme !

Le deuxième essai, “La négation de la Shoah en contextes occidental et arabe”,revient sur l’interprétation que G.A. a donnée de la diffusion du négationnisme de la Shoah dans la région arabe dans son livre précédent. G.A. résume “(…) la négation de la Shoah au Moyen-Orient est plus souvent un “antisionisme des imbécilesqu’une attitude découlant d’un véritable antisémitisme. Ce qui ne signifie pas qu’il ne doive pas être vigoureusement dénoncé et combattu“. Et il conclut en reprenant les paroles de Edward Saïd en appelant à la compréhension de la façon dont la Shoah pèse indépendamment de son exploitation politique par Israël “cet acte de compréhension est le gage de notre humanité(…)”.

Le troisième essai, “Israël, l’inscription sur le mur”, montre que si le travaillisme israélien a combattu les thèses de Jabotinsky, c’est bien de fait son projet qui s’est imposé comme stratégie de l’État israélien. Les travaillistes ont fait du Jabotinsky sans le dire, avant que le Likoud le fasse ouvertement : une guerre ouverte et permanente contre les Arabes, la construction d’un “mur de fer“. Je vous laisse découvrir la métaphore du Mur et de l’interprétation par Daniel de l’inscription apparue sur le mur du palais de Balthazar.

An. R.

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