Sécurité sociale, un terrible retour en arrière

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C’est à un recul de plus de 70 ans auquel voudraient nous contraindre le Medef et le gouvernement.

Un retour à la situation d’avant les ordonnances de 1945 pour être plus précis. Au pillage des ressources de la famille, par la quasi suppression des cotisations familiales, le Président de la République ajoute le pillage des ressources de l’assurance maladie et de la retraite.

« Au pacte de responsabilité, doit correspondre un pacte de solidarité dont le premier pilier est l’éducation, et la formation de la jeunesse ; le second, c’est la sécurité sociale avec la priorité donnée à la santé ; et le troisième, c’est le pouvoir d’achat avec une réduction des impôts des Français et une baisse des cotisations payées par les salariés »…

Ainsi s’exprimait le Président de la République lors de son intervention télévisée du lundi 31 mars 2014.

Non, le Président de la République n’a pas entendu les salariés qui ont manifesté le 18 mars.

Non, il n’a pas entendu tous ces électeurs dépités par les renoncements de ce gouvernement par son allégeance affichée au Medef.

Dès le 31 mars 2014, il franchit une nouvelle étape dans sa volonté de détruire notre Sécurité sociale.

En s’attaquant au financement par les cotisations salariales il décide de revenir au début du 20ème siècle.

A une époque où les salariés et leur famille, confrontés à la maladie, trop âgés pour travailler devaient s’en remettre à la charité.

Si en 1944, le Conseil National de la Résistance décide de créer la Sécurité sociale, financée par les cotisations des salariés, c’est bien parce que le système des assurances sociales et la retraite ouvrière et paysanne étaient en échec.

Présenter aux salariés la réduction de leur cotisation sociale comme un moyen d’augmenter leur salaire net relève de la supercherie.

En effet, ces cotisations représentent une partie du salaire, « socialisé », c’est-à-dire mis dans le pot commun de la sécurité sociale, pour permettre dans le cadre de la solidarité intergénérationnelle, à chacun de prendre sa retraite, de se soigner lui et sa famille, d’élever ses enfants.

Si le gouvernement réduit cette partie « socialisée », le budget de la Sécurité sociale va en être immédiatement affecté.

Ces cotisations prélevées sur les salaires ne sont pas placées en bourse. Elles ne vont pas dans la poche des actionnaires. La partie consacrée à la gestion du système est infime (moins de 4% des sommes collectées).

Ces cotisations sont immédiatement utilisées, pour la maladie, les prestations familiales, les pensions des retraités.

Ce salarié qui aura vu, provisoirement, son salaire net augmenté de 60 ou 70 euros le regrettera vite.

Moins d’argent dans les caisses de la sécurité sociale provoquera une nouvelle baisse des prises en charge par l’assurance maladie ou une nouvelle baisse des pensions.

Dans tous les cas, si ce salarié veut se soigner ou bénéficier d’une retraite convenable il devra prendre une ou des assurances complémentaires et sur-complémentaires.

Les 60 euros qu’il aura gagnés n’y suffiront pas.

Ce que le gouvernement aura donné d’une main aux salariés, le Medef le reprendra au centuple par le biais des compagnies d’assurance et de leurs actionnaires.

Il s’agit d’un vol en bande organisée. Les chefs de bande s’appellent Hollande et Gattaz.

Ne laissons pas dépouiller notre Sécurité sociale.

http://www.orgasociaux.cgt.fr/spip.php?article1710

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1 Commentaire

  1. Federmann Georges Yoram Federmann Georges Yoram
    6 avril 2014    

    Ne lâchons rien avec Bernard Friot:
    Bernard Friot
    Sociologue et économiste.
    Professeur émérite à Paris Ouest Nanterre.
    Animateur du réseau Salariat
    http://www.reseau-salariat.info

    A l’invitation des Oubliés de l’ Histoire du Cercle Menachem Taffel, il interviendra à la librairie Kléber le samedi 26 avril 2014 à 11H30 .
    Ce sera l’occasion de lui attribuer le 8 ème Prix Véronique Dutriez.
    « Salaire à vie et copropriété d’usage des entreprises *, seule alternative aux réformes menées au nom de la crise”

    La critique du capitalisme doit s’accompagner d’un projet alternatif susceptible d’apporter des définitions opérationnelles, d’être porté par des organisations sociales, puis de se transformer en politique publique.
    Bernard Friot, analyste de l’histoire de la protection sociale et des politiques sociales en Europe, montre comment, en nous appuyant sur les grandes conquêtes salariales que sont la cotisation et la qualification, nous pouvons attribuer à tous d’un nouveau droit politique.
    Chacun, à sa majorité, pourra disposer d’une qualification personnelle, c’est à dire d’un salaire à vie avec une carrière salariale, de la co-propriété d’usage de ses lieux de travail et de la participation à la délibération des caisses d’investissement collectant une cotisation économique en remplacement du profit.
    Ainsi seront supprimés la propriété lucrative et le marché du travail, et nous pourrons enfin travailler.
    Une des étapes vers ce droit nouveau est la revendication d’attribution à vie, à 55 ans, au moment du départ à la retraite, du meilleur salaire (quelle que soit la durée de cotisation), pour engager une seconde carrière d’un travail libéré du chantage à l’emploi, des actionnaires et des prêteurs.
    Mais on débattra aussi, par ex, du salaire des étudiants, du maintien du salaire pendant la recherche d’un nouvel emploi, de l’attribution automatique aux salariés de la co-propriété d’usage des entreprises menacées de fermeture.
    • Services publics, cabinets médicaux et d’avocats compris.
    Contact et discutant:Georges Yoram Federmann 03 88 25 12 30
    federmanja@gmail.com

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  1. SECURITE SOCIALE, UN TERRIBLE RETOUR EN ARRIERRE … | Conscience Citoyenne Responsable on 17 mai 2014 at 8 h 05 min

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