A Tours la police ne pratique plus la pêche au gros. Elle a redécouvert la pêche à la nasse.

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Communiqué de presse du RESF 37

L’été dernier, le RESF37, ainsi que des enseignants et des parents d’élèves, avaient vivement réagi à la convocation au commissariat des 8 membres de la famille Jasarevic, où il était explicitement indiqué que c’était pour mettre en œuvre l’Obligation de Quitter le Territoire qui frappait cette famille déboutée de sa demande d’asile. Aucun des parents ni aucun des enfants ne s’était rendu à cette invitation qui ne cachait pas ses suites : la mise en rétention et l’expulsion vers le pays de leurs persécutions, le Kosovo. L’adage « plus c’est gros, plus ça passe » avait été tenu en échec.

Mais faire du chiffre avec des arrestations de « sans papiers » est toujours un objectif prioritaire, tant pour les autorités préfectorales que pour les forces de l’ordre. La méthode change : une convocation anodine au commissariat, sans motif explicite.

L’étranger dépourvu de carte de séjour ne pense pas à mal en se rendant au commissariat « pour affaire le concernant », puisque, lui a-t-on dit, être « sans papiers » n’est pas un délit.  Il n’a pas toujours été informé du vote du Parlement de décembre 2012 (Parlement largement dominé par les élus socialistes) qui fait que se maintenir sur le territoire après un refus de séjour est bel et bien un délit. Et même quelque part le saurait-il, il se refuse à intégrer cette idée que, parce qu’il est étranger, il est un délinquant potentiel. Dans l’institution policière comme dans l’institution préfectorale, mine de rien, on peut être fin psychologue, et savoir qu’une personne qui ne se sent pas coupable n’aura que peu de réticences à se rendre à une convocation de police sans motif apparent.

Et la nasse fait son office. Une fois dans la place, il est trop tard pour échapper au piège. Arrêté de mise en rétention, arrêté de « reconduite à la frontière » comme le dit si élégamment le langage de l’arbitraire administratif.

Quelle que soit la méthode, le but reste inacceptable. Mais quand la méthode est aussi « déloyale », le but n’en est que plus révoltant. Le vendredi 2 mai, après d’autres, Bénik Melkumian, jeune père de famille d’un petit garçon de 7 mois, s’est ainsi fait piéger, en toute bonne foi. Il est membre du Collectif 37 des Citoyens Sans Droits. Tous ses camarades, demandeurs d’asile et »sans papiers » profondément choqués, ressentent depuis vendredi avec une particulière acuité, toute la fragilité de leur situation, qui les place sous la menace constante de l’enfermement et du départ forcé. L’épée de Damoclès est constamment suspendue au-dessus de leur tête. Ils n’accepteront pas, nous n’accepterons pas, qu’à la fête du 10 mai, la fête des Citoyens Sans Droits, Bénik ne soit pas parmi nous.

Tours le 5 mai 2014.

 

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