La crise grecque, maux à mots

vasanizomai

Vasanizomai

“Je souffre” – “Vasanizomai” – : le graffiti est sur tous les murs et si nul ne peut assurer qu’il a été inventé avec la récession, il ponctue lugubrement depuis quatre ans le quotidien visuel des Grecs, symbole d’une crise économique qui a partout imposé son langage.

D’Athènes à la Crète ou à Thessalonique, sur des panneaux publicitaires abandonnés, des façades borgnes, le “Vasanizomai” se déploie. Dans des entrées d’immeubles, sur des marches d’escalier, il est plus discret mais bien là.

Tous les journaux grecs ont relevé le phénomène, sa graphie caractéristique, ses points de suspension. Des hypothèses ont circulé sur son inventeur : toxicomane? Amoureux éconduit? Chômeur désespéré? En vain.

Qu’importe, le mystère lui va bien car “son auteur a exprimé la psyché collective qui glisse vers une profonde tristesse”, résumait l’an dernier l’hebdomadaire To Vima.

L’apparition du graffiti remonterait justement à 2009 ou 2010, quant la Grèce au bord de la faillite s’est résolue à appeler au secours le FMI et l’Union européenne, entrant dans un long cycle de prêts (240 milliards d’euros) en échange de réformes et coupes budgétaires drastiques.

Le premier memorandum, ou catalogue de réformes, était signé il y a quatre ans, le 8 mai.

Depuis, les mots “crise”, “memorandum”, “dette”, “troïka”, “assainissement”, sont entrés dans le quotidien des Grecs, rabâchés au fil des bulletins d’information, vilipendés dans les manifestations, peinturlurés sur les murs, et même glissés dans les sermons de messe.

“Une des caractéristiques du vocabulaire de la crise dans les journaux est la métaphore de la maladie, du patient grec et du remède administré par un bon docteur FMI ou UE”, analyse Nicoletta Tsitsanidou, journaliste et professeur de linguistique à l’université de Ionannina.

La suite : http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/05/07/la-crise-grecque-maux–_n_5278451.html

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