Un Tchétchène expulsé par le préfet du Bas-Rhin en 2006 obtient enfin le droit d’asile

L’asile a été accordé à un Tchétchène que nous avions visité au CRA de Geispolsheim:

il s’agit d’Arsanbeck Oumkaiev

Ci-dessous la lettre adressée au réseau quand il a été renvoyé en Pologne.

Strasbourg le 28 novembre 2006

Merci à toutes et tous qui ont entrepris une démarche pour engager le Préfet du Bas-Rhin à revenir sur son arrêté d’expulsion (euphémisme par litote = ré admission) d’Arsanbeck OUMKAIEV.

Il a été reconduit ce matin, 28 novembre 2006, en Pologne, pays par lequel il transitait afin de rejoindre, en France, un oncle qui pouvait le prendre en charge. Notre crainte est grande de le voir d’ici peu être reconduit en Tchétchénie. Rien ne permet d’affirmer que la Pologne mieux que la France appliquera la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

Arsanbeck OUMKAIEV a été torturé à deux reprises, il a vu des membres de sa famille « disparaître » son frère abattu devant lui, il porte les traces des sévices qu’il a subi, certificat médical de l’hôpital de Grozny et témoignages de parents et voisins à l’appui, et le Préfet décide : « que l’étranger n’établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la Convention Européenne des Droits de l’Homme en cas de retour dans son pays d’origine“, il ne s’agit plus ici de la Pologne.

En d’autre temps, bien plus sombres, les Préfets on su montrer plus d’humanité et de résistance dans l’application des directives ministérielles. Ces temps semblent révolus. Monsieur le Préfet se dit « agacé » par nos démarches collectives. Est-on revenu au temps des courbettes à faire au Prince ?

Quant aux quelques uns (très peu nombreux) qui nous ont reproché un emballement maladroit de dernière minute, nous répondons que nous avons appris son arrestation derrière les barreaux (il s’agit bien de cela) à la dernière minute alors que tous les recours étaient épuisés. Et si nous nous sommes trompés de mots, par ci par là sur le plan juridique, le drame humain en restait l’essentiel et la Pologne un même danger étant donné l’ambiance politique actuelle dans ce pays. Et, de toute façon, les principes (ou « valeurs ») que notre pays se vante régulièrement de respecter sont totalement bafoués (et de plus en plus souvent).

Le Préfet dans le cadre des règles de « subsidiarité » aurait pu faire instruire le dossier de demande d’asile politique en France en lieu et place de la Pologne.

Archives

Le 3O novembre 2006, la Feuille de chou, ancinne édition, publiait en son n°406:

http://schlomoh.blog.lemonde.fr/2006/11/30/la-feuillede-chou-n%c2%b0-460-rectifiee/

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