S’abstenir, c’est voter quand même

Tribune libre

EN VOUS ABSTENANT, VOUS VOTEZ QUAND MÊME

Je rencontre de plus en plus de nos concitoyens qui se disent écœurés par la politique et par les hommes et les femmes qui en font ce qu’elle est, toutes tendances confondues.

La seule réponse qu’ils estiment devoir donner à ce désespoir est le dos tourné et l’abstention.

On peut comprendre, mais la démocratie est fragile, elle peut s’en trouver affaiblie et, qui sait, en mourir, parce que les plus fanatiques, eux votent…

Une petite saynète : Imaginez : Vous voulez faire des travaux chez vous, vous faites venir un artisan, vous lui passez commande. Il se met au travail, mais c’est une catastrophe, tout va de travers, il fait n’importe quoi, il embarque l’argenterie et se mouche dans les rideaux, un désastre…

Vous réagissez bien sûr. Mais, contre toute attente, au lieu de le violenter et de refuser de le payer, vous allez lui donner les clefs de chez vous et vous lui signez un chèque en blanc en lui disant : « Vous devriez avoir honte de faire ce que vous faites ! Alors, finissez le carnage, prenez ce que vous voulez et payez-vous le prix que vous voulez ! Si vous n’y arrivez pas, peut-être que les voisins viendront nous donner un coup de main, je ne sais pas…»

C’est stupide, non ? Eh bien, s’abstenir alors que rien ne vous plaît correspond exactement à cette saynète débile. Pensez-y ! La démocratie ne s’use que si l’on ne s’en sert pas.

Il ne faut jamais lâcher le volant avant l’accident ! Gardez le contrôle !

Les 14 et 21 mars prochain, votez pour qui vous voulez, mais votez !

(Sauf pour les fascistes, bien sûr ! Notre amour de la démocratie ne va pas jusque là…).

Sinon, vous laissez tout simplement les autres décider de votre avenir à votre place et ce sera encore pire !

N’oubliez pas qu’on a les élus qu’on mérite.

Si vous voulez faire la révolution, une seule solution : VOTER !

Yves Lubraniécki

Citoyen sans affiliation politique

NB : D’aucuns appelleront ça de la sensiblerie, mais on peut avoir une pensée, d’une part, pour nos ancêtres qui ont donné leur vie pour qu’on puisse voter. Ne pas le faire est leur faire injure. D’autre part, pensons à tous ceux qui, aujourd’hui et tout autour du monde se font casser la gueule quand ils s’expriment. Ne pas voter est leur cracher au visage.

181 rue de la Grange aux Moines 54600 VILLERS LES NANCY

Similar posts
  • Les élèves du TNS place Corbeau le 17... [...]
  • Gilets Jaunes Strasbourg et TNS [...]
  • Santé-Social en lutte à Strasbourg Une centaine de salariées du secteur Santé-Social s’est rassemblée à 14h30 place Broglie à Strasbourg à l’appel de leurs syndicats CGT, FO, Solidaires avant de défiler au centre [...]
  • Echec total de la mobilisation Foncti... Ce n’est pas la première fois qu’une échéance syndicale nationale se traduit par un bide, mais ce 6 avril 2021, au lendemain du week-end pascal, et après les nouvelles mesures de confinement pour un mois, on a atteint le fond du fond. A 12h, place Broglie à Strasbourg, 3 policiers du Renseignement territorial et un [...]
  • La culture dans la rue à Strasbourg Forum et spectacle des élèves du TNS Place de la République Devant le TNS Papageno Sur les quais Alsace révoltée sur les quais Un policier municipal qui croit encore qu’il est interdit de filmer la police Culture en danger, jeunesse [...]

5 Commentaires

  1. Eve Eve
    16 mars 2010    

    Les femmes ont le droit de vote en France seulement depuis la Libération.Mes grand-mères dans leur jeunesse ne pouvaient pas voter et c’est en pensant à elles et à toutes celles qui se sont battues pour ce droit que je l’exerce, même si c’est souvent sans illusion ,et tout en sachant que le vote ne suffit pas, qu’il doit s’accompagner d’un engagement si l’on veut que les choses changent un jour, par exemple ce scandale, qu’aucune liste en Alsace, aucune, n’ait présenté une femme tête de liste!

  2. GouineMum GouineMum
    14 mars 2010    

    der yiddisher goyisher yid :
    L’éthique du refus est une notion philosophique précise, qui décrit ce qui fait que nous nous révoltions contre un état de choses insupportable (et non pas le refus d’aller voter). Schlomo sait quel événement précis je fais allusion.

    Schlomo :
    Je suis bien d’accrod sur un certain esprit qui se prétend libertaire (mais qui n’est que de la beuaferie bobo, surtout en France). Cela dit, si aucun choix ne me convenait dans une élection, j’aurais la réaction d’en initier un autre, pas de voter pour le “moindre mal”. Agir, pas subir.

  3. Schlomo Schlomo
    14 mars 2010    

    bien sûr qu’il y a d’autres manières de faire de la politique; et on n’a pas l’habitude de s’en priver…mais pourquoi ne pas user d’un droit (même si c’est celui de désigner tous les X années quel(le) “représentant(e)” foulera aux pieds les droits de ses électeurs-trices, selon la formule archi-connue;
    l’ennui avec le non vote libertaire systématique c’est qu’il se donne bonne conscience à peu de frais: c’esr avoir les mains blanches, mais pas de mains
    il est vrai que cette année, pour la première fois de ma vie d’électeur, j’ai hésité jusqu’au bureau de vote entre plusieurs possibles tous inadéquats à exprimer mon jugement et mes choix…
    @ce soir pour le résultat de la farce électorale!

  4. der yiddisher goyisher yid der yiddisher goyisher yid
    14 mars 2010    

    à GouineMum

    Ethique du refus
    car
    Vote à tout prix conduit au Vote utile et Vote pour le Moindre mal

    Oui en effet, on peut le voir ainsi

    Ethique du refus de manger
    car
    Manger à tout prix conduit à Manger inutilement et Manger en se faisant mal

    Envisageons la question de l’éthique du refus de manger pour celui qui crève de faim

    Envisageons la question de l’éthique du refus de voter pour celui qui vit dans un monde où le vote est interdit ou bien dans lequel le vote est radicalement conditionné à des résultats donnant des chiffres impressionnants de 99%

    Y a-t-il une éthique du refus qui vaille si je profite de l’héritage de ceux qui sont morts pour m’assurer le droit de vote ?

    Y a-t-il une éthique du refus qui vaille au moment où la démocratie se crispe, où on détourne le sens des mots, où certains bafouent les principes qui les guidaient jusque là – tel besson – et donnent ainsi à croire que seule l’éthique du refus s’impose ?

  5. GouineMum GouineMum
    14 mars 2010    

    C’est un peu simpliste comme argumentation tout de même. Il existe aussi d’autres façons de faire de la politique que le parlementarisme. Et le “votez à tout prix” mène un peu trop souvent au vote “utile” et au vote pour le “moindre mal”. Ce qui n’est pas exactement démocratique. On peut ne pas être d’accord avec ça : souviens-toi de l’éthique du refus…

    (une qui n’a pas le droit de voter aujourd’hui…)

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.