L’Union européenne ne peut pas abolir les hivers : elle doit mettre fin à la politique criminelle des hotspots !

migreurop_observatoire_frontieres-c6594

 

Communiqué de presse de Migreurop

À partir de quel moment la non assistance à personne en danger devient-elle un crime ? Quel nombre de morts permet de qualifier un crime contre l’humanité ? Ces questions se posent depuis longtemps à propos des milliers de personnes décédées en Méditerranée faute de voies légales d’accès à l’Union européenne (UE). Aujourd’hui, la situation de plus en plus grave de milliers d’exilé·es, pris au piège par des températures glaciales dans les camps grecs et sur les « routes des Balkans », met très directement en cause les choix de l’UE en matière de « gestion des flux migratoires ».

Au printemps dernier, pour ne pas accueillir les centaines de milliers de réfugié·es qui fuyaient les conflits syriens, irakiens ou d’autres régions en crise, les fonctionnaires de la Commission et les membres du Conseil européen ont mis en œuvre une « solution hotspot » qui n’a manifestement pas intégré les variable météorologiques : l’hiver, les températures baissent et le froid sévit, y compris sur les îles de la mer Egée désertées par les touristes. Seuls des camps de toile ont été prévus pour des exilé·es « stockés » dans l’attente de l’organisation des retours forcés, considérés par les fonctionnaires et les dirigeants européens comme la meilleure solution pour régler la « crise migratoire ».

Car la Commission européenne et les États membres n’ont jamais cru à la « relocalisation », dispositif censé « soulager » les pays de première ligne (Grèce et Italie) et permettre aux hotspots de ne pas devenir des lieux durables de relégation « d’indésirables ». De fait, alors que l’objectif annoncé est le transfert de 63 000 personnes depuis la Grèce vers d’autres pays de l’UE avant le mois de septembre 2017, moins de 8 000 ont, à ce jour, pu bénéficier de ce dispositif.

Ainsi, environ 15 000 personnes sont actuellement prisonnières des hotspots des îles grecques, battues par le vent et la neige ; des milliers d’autres sont bloquées, dans une urgence humanitaire et un froid extrêmes, sur les « routes des Balkans » fermées par les membres de l’UE et leurs alliés. Or, les personnes enfermées dans les hotspots sont placées sous l’autorité directe d’agences et de fonctionnaires européens qui doivent veiller à ce que ces lieux ne se transforment pas en mouroirs. Faire remonter la température n’est pas de leur ressort ; supprimer les hivers n’est pas à l’agenda de l’UE. En revanche, la fermeture des hotspots ainsi que l’organisation d’un accès au séjour et d’un accueil durables relèvent du pouvoir des responsables européens. C’est à l’aune des camps de toile disparaissant sous la neige que leur politique criminelle sera jugée. 

Contact : contact@migreurop.org

http://www.migreurop.org/article2770.html

Similar posts
  • Ramené·es à la frontière plutôt qu’à ... Communiqué de presse du Collectif Maraude du Briançonnais Ramené·es à la frontière plutôt qu’à l’hôpital Samedi 16 janvier 2021, un peu avant 16 heures, l’hélicoptère du secours en montagne a déposé une famille exilée au poste de frontière de Montgenèvre au lieu de l’amener à l’hôpital. La manière dont s’est déroulé ce secours, à plus [...]
  • Deux gardés à vue après la manifestat... Un piquet de vigilance et de solidarité avec les personnes mises en GAV samedi soir s’est tenu devant le Tribunal judiciaire toute la journée du 18 janvier de 7H à18h pour les deux interpellés qui après deux jours de Garde à Vue ont été déférés en justice. L’un d’eux était un manifestant, qui portait un [...]
  • Manifestation et Free party à Strasbo... https://taranis.news/2021/01/strasbourg-16-1-2021-pplsecuriteglobale-freeparty/ 5 à 600 personnes dans la rue, malgré le froid et les interdictions de la préfecture, dans la rue, hier à Strasbourg, de 13 à 17h contre les lois liberticides! Le QG Gilets Jaunes Strasbourg République avait donné rendez-vous, comme depuis plus de deux ans, à 13h, place de la République, pour tenir une [...]
  • Livreur condamné pour antisémitisme :... Tribune refusée de publication par les Dernières Nouvelles d’Alsace, le 15 janvier 2021. Livreur antisémite : quand l’ambassade d’Israël en France s’en mêle l’antisémitisme augmente. Parce qu’il devait livrer de la cuisine israélienne, un livreur Deliveroo de Strasbourg a refusé en expliquant qu’il ne livrait pas les juifs. C’est une parole et un acte antisémites. [...]
  • Bordeaux: tensions entre associations... “L’affaire” déclenchée par la LICRA continue d’alimenter les gazettes. Ci-dessous le lien vers un site d’extrême droite local. Puis le texte paru ce soir sur le site du Monde pour les abonnés. Une précision: Marik Feytout invente la réunion que j’aurais -André Rosevègue- tenue avec le CRIF, alors que le débat qui s’est tenu fort [...]

Aucun commentaire jusqu'à présent.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.