N’en jetez plus, les cabinets sont bouchés

- Arrêtés des 21, 24 et 29 mai 2012 portant nominations au cabinet :

- du Premier Ministre (M. Jean-Marc Ayrault)
– Conseiller pour les affaires intérieures et les outre-mer : M. Jean-Marc Falcone
– Conseiller éducation : M. Jean-Paul de Gaudemar
– Conseiller auprès du Premier ministre : M. Jacques-Pierre Gougeon
– Chef adjoint de cabinet : M. Emmanuel Grégoire
– Conseiller affaires européennes : M. Serge Guillon
– Conseillère agriculture et pêche : Mme Marie Guittard
– Conseillère justice : Mme Fabienne Klein-Donati
– Chef adjoint de cabinet, chargé des relations avec les élus : M. Thierry Lamaire
– Conseillère travail, emploi, dialogue social : Mme Mireille Le Corre
– Conseiller développement durable, transports : M. Xavier Piechaczyk
– Conseiller chargé de la presse, adjoint à la responsable du service presse : M. Claude Torrecilla
– Conseillers techniques :
– Mme Zineb Akharraz (presse)
– Mme Soria Blatmann (relation avec la société civile)
– Mme Cécile Courrèges (santé-autonomie)
– M. Fabien Dell (macroéconomie et zone euro)
– M. François Hada (affaires réservées)
– Mme Amandine Janiaud-Vergnaud (réseaux sociaux et internet)
– Mme Béatrice Khaiat (assistante du directeur du cabinet)
– M. Nicolas Machtou (énergie, environnement)
– M. Nicolas Namias (financement de l’économie, entreprises et affaires économiques internationales)
– M. Philippe Pillevesse (relations avec l’Assemblée nationale)
– M. Damien Ranger (relations avec le Sénat)
– M. Romaric Roignan (affaires étrangères)
– M. Jean-Philippe Vinquant (action sociale, protection sociale et comptes sociaux)

- de la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche (Mme Geneviève Fioraso)
– Conseiller spécial santé : M. Yves Levy
– Directeur adjoint du cabinet : M. Jean-Richard Cytermann
– Premier cycle, formation des enseignants, orientation, insertion : M. Daniel Filâtre
– Conseiller recherche, technologie, espace, développement durable : M. Riadh Cammoun
– Conseiller juridique et immobilier : M. Alexandre Aidara
– Conseiller social et vie étudiante, culture scientifique et technique : M. Guillaume Houzel
– Conseillère diplomatique : Mme Anne Bisagni
– Conseiller sciences humaines et sociales : M. Jacques Fontanille
– Conseiller transfert et innovation : M. Bruno Sportisse
– Conseillère affaires réservées, presse : Mme Delphine Chenevier
– Secrétaire particulière : Mme Delphine Guerineau

- de la ministre des droits des femmes, porte-parole du Gouvernement (Mme Najat Vallaud-Belkacem)
– Conseillère diplomatique et juridique : Mme Patrizianna Sparacino-Thiellay
– Conseiller auprès de la ministre : M. François Pirola
– Conseillère communication, responsable du pôle porte-parole : Mme Juliette Chevalier
– Conseillère en charge des activités de la porte-parole, affaires étrangères/défense : Mme Aurélie Royet-Gounin.
– Conseiller en charge des activités de la porte-parole, affaires intérieures : M. Romain Prudent
– Conseillère en charge des relations avec les associations et de la lutte contre les violences faites aux femmes : Mme Caroline de Haas
– Conseiller social en charge de l’égalité professionnelle : M. Thierry Breton
– Conseillère en charge des discours et des relations avec le Parlement : Mme Léa Guillebaud

- de la ministre déléguée auprès de la ministre des affaires sociales et de la santé, chargée des personnes âgées et de la dépendance (Mme Michèle Delaunay)
– Directeur du cabinet : M. Manuel Bougeard
– Chef de cabinet : M. Bertrand Dubois

- du ministre des affaires étrangères, chargée des Français de l’étranger et de la francophonie (Mme Yamina Benguigui)
– Directeur du cabinet : M. Patrick Lachaussée, conseiller des affaires étrangères.
– Directrice adjointe du cabinet : Mme Jocelyne Adriant-Mebtoul.
– Chef de cabinet : M. Fayçal Douhane.
– Chef adjoint de cabinet : M. Florian Bohême

 Printemps arabe en Israël…

Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP)
Gianfranco Fattorini
Co-président
Représentant permanent auprès de l’ONU
Rue des Savoises 15
CH – 1205 GENEVE

Israël: les effets inattendus de la grogne sociale

Sans mythe, pas de Nation. Israël n’échappe pas à la règle, et s’est construit autour de l’idée de «l’homme nouveau» capable de prouesses économiques, de faire émerger une agriculture du désert, et des dunes de sable, les meilleures puces d’ordinateurs du monde. Un mythe qui, dès les premières années, a largement dépassé les frontières de l’Etat, pour entretenir peu à peu l’aura de réussite économique autour de Tel-Aviv. Ainsi pouvait-on lire en 1962, en conclusion du Que sais-je consacré à Israël : «Au quatorzième anniversaire de l’acte qui prévit sa naissance, l’Etat d’Israël est une réalité vivante et dynamique; il est organiquement enraciné en Terre Sainte et peut s’enorgueillir, en un temps très court au sein de difficultés qui apparaissent dirimantes, de réalisations impressionnantes, dont quelques-unes sont exceptionnelles dans l’histoire des hommes.»

C’était avant même qu’Israël ne devienne, au tournant des années 1990, un pôle high-tech très performant, loué de par le monde, et notamment en 1998 par le magazine américain Newsweek, comme l’un des plus influents et efficaces de la planète; bien avant, aussi, que la Bourse de Tel-Aviv n’atteigne les 1000 points en 2007, contre 100 en 1992.

D’où sortent-ils donc, ces Israéliens mécontents, qui campent et battent le pavé par dizaines de milliers depuis la fin juin? Ne tirent-ils pas eux aussi bénéfice de ce succès économique qui ne se dément pas, puisqu’Israël affiche ces trois dernières années un taux de croissance du PIB supérieur à 5%? Israël ne se situe-t-il pas au 15e rang dans l’échelle de l’Indice de développement humain?

Spécialiste d’Israël et enseignante à Paris-1, Elisabeth Marteu sillonne le pays depuis la mi-juillet, pour voir des tentes s’installer dans toutes les grandes villes et régions, de Haïfa à Tel-Aviv, en passant pas Jérusalem, et jusqu’à Beer-Sheva. Samedi soir, deux manifestations ont rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes à Tel-Aviv comme à Jérusalem. Du jamais vu en Israël sur des questions sociales.

«Ce qui est intéressant, note la jeune chercheuse, c’est que ces manifestations rassemblent différents portraits et tendances de la société israélienne. Il y a bien sûr ceux qui protestent contre le coût des logements. Ce sont les étudiants, les jeunes couples. Il y a bien sûr les médecins qui, avec les producteurs de fromages, ont été à l’origine du mouvement fin juin. Samedi soir, on a vu également les militants de gauche, travaillistes, du Meretz, et plus à gauche encore, qui ont rejoint les manifestants, soutenus en outre par la centrale syndicale Histadrout. Au centre, Tzipi Livni (dirigeante du parti Kadima) elle-même a participé au mouvement.»

Le miracle économique Israël ne serait-il donc qu’une vue de l’esprit? Non, certes. Les indicateurs sont là, et presque tous au vert: le chômage ne dépasse pas 6%. L’Israélien dispose en moyenne (et selon l’OCDE) d’un pouvoir d’achat de quelque 30.000 dollars par an. La recherche représente près de 5% du PIB, soit l’un des ratios les plus élevés au monde. Le déficit public est à peine supérieur à 3% du PIB: On aimerait, en France, aux Etats-Unis et ailleurs, pouvoir vanter un tel bilan économique. Et pourtant…

Croissance des inégalités, la classe moyenne se mobilise

C’est là une spécificité du mouvement israélien: contrairement aux soulèvements en Tunisie, en Egypte, en Syrie, qui mobilisent en premier les classes populaires, les «indignés» de Tel-Aviv, de Beer-Sheva, de Jérusalem recrutent massivement au sein de la classe moyenne, ce qui marque une rupture avec le paysage politique et économique que l’on connaît en Israël depuis les années 1980.

Mais si soudaine qu’elle puisse paraître, cette mobilisation ne vient pas de nulle part. Elle se retrouve parfaitement dans les statistiques de l’OCDE et de la banque d’Israël. Disposant de quelque 75% à 120% du revenu médian, la classe moyenne représentait, en 1988, 33% des ménages israéliens. En 2000, elle n’en représente plus que 28%. Dans le même temps, sa part dans le revenu national est passée de 21,7% à 20,5%. Le taux de pauvreté (qui rassemble les ménages gagnant moins de la moitié du revenu médian) se montait, en 2000, à 17,6%, contre 20,5% en 2009.

Les foyers arabes comptent pour 53,9 % en 2009 (contre 42,9% de ce taux en 2000). Autre chiffre pertinent: alors que la croissance repart à partir de 2004 – une fois absorbés les effets de la seconde Intifada – et atteint en moyenne 5% par an, le taux de pauvreté ne régresse pas pour autant. Incontestablement, les classes moyennes n’ont que peu profité de la croissance du PIB israélien, et les inégalités se sont creusées en Israël depuis 30 ans.

Pour Elisabeth Marteu, ce mouvement serait en quelque sorte le signe d’une normalisation du mouvement social israélien, quand tant d’autre pays connaissent aujourd’hui les mêmes types de protestations contre la vie chère, le prix du logement ou de l’essence… «Cette fameuse classe moyenne censée s’être irrémédiablement éloignée de la politique, et qui ne voulait plus rien entendre du conflit avec les Palestiniens, se mobilise aujourd’hui uniquement sur les questions sociales et économiques, sur le front intérieur, observe la chercheuse. C’est elle qui paie les impôts. Et qui en a marre de payer pour les colonies et l’armée, qui absorbent une grosse part du budget. Ils se dressent aussi contre les ultra-orthodoxes, et contre ceux qui ne travaillent pas. Tous ne le formulent pas ainsi, mais au fil de manifestations, les cibles du ras-le-bol sont néanmoins bien identifiées. Les manifestants reprochent aussi au gouvernement et aux promoteurs d’avoir construit quantité de logements pour les juifs français et américains, en vacances en Israël 15 jours par an, et qui ont fait grimper le prix de l’immobilier. Et puis, il y a la critique du libéralisme économique, qui monte en Israël depuis plusieurs années, et dont Nétanyahou incarne le symbole. De ce point de vue, on peut noter le lien qui est fait par une minorité entre la demande d’un Etat providence, et d’un Etat davantage démocratique.»

Ce qui mine la société israélienne, ce sont autant les privatisations engagées sous le gouvernement Nétanyahou que les faiblesses structurelles de la société israélienne, notamment en matière d’éducation. «La croissance israélienne n’a pas touché tout le monde, constate Gilbert Benhayoun, économiste spécialiste d’Israël, qui enseigne à l’université d’Aix-en-Provence. Le taux de pauvreté des familles arabes est en partie dû au sous-investissement public dans les villes qu’elles habitent. Sur un plan plus général, les indicateurs d’éducation ne sont pas bons, pas plus que ceux de la santé. Ce qui frappe, c’est que la part de la santé des ménages couverte par des assurances privées a fortement augmenté. Or, ce sont les gens plus aisés qui augmentent leur part de couverture privée de manière substantielle, quand les ménages les plus modestes n’y parviennent pas. Ils souffrent donc d’autant plus de la dégradation des prestations du secteur public. En outre, au niveau du logement, l’on s’est aperçu qu’il n’y a pas de bulle spéculative, comme le prouve une étude récente de la banque d’Israël. C’est simplement un effet du marché, la demande étant très forte par rapport à l’offre. Il y a donc de réelles causes structurelles de mécontentement.»

En 2009, l’OCDE publiait un rapport détaillé consacré à Israël, au sein duquel une note pointait la nécessité de mettre en place une réforme de l’éducation dans les plus brefs délais. Un autre chapitre met en avant une série de recommandations pour tenter de réduire les inégalités croissantes… Pour compléter cette vision moins lisse du paysage économique et social de l’Etat d’Israël en 2011, il n’est pas inutile de se préoccuper de l’écart considérable du taux de chômage en fonction des régions: si à Raahat, ville peuplée de bédouins au sud du pays, ce taux atteint 36,7%, il tombe à…. 1,8% pour une banlieue high-tech comme Kiriat Atidim, située au nord de Tel-Aviv.

Des colonies… et un conflit trop cher?

Si le gouvernement de Benjamin Nétanyahou est directement la cible des manifestants, c’est également en raison des arbitrages budgétaires largement favorables au budget de défense et des colonies de Cisjordanie. L’armée absorbe près de 7% du PIB annuel, évalué à 195 milliards de dollars. La construction des colonies, si l’on en croit une étude reprise par le quotidien israélien Haaretz a coûté plus de 17 milliards de dollars sur une quarantaine d’années, sans compter le coût du «mur de séparation» ou les exonérations fiscales et avantages que perçoivent ceux qui y résident.

«Vu les écarts énormes que l’on observe entre les régions, les manifestants demandent aussi que les investissements s’effectuent moins vers les colonies, et davantage vers la Galilée et le Néguev, explique Gilbert Benhayoun, qui préside à Aix-en-Provence un groupe de travail israélo-palestinien centré sur les questions économiques. C’est particulièrement vrai au niveau du logement. Un exemple : mercredi 3 août, une loi devait être présentée devant le parlement pour permettre la construction de nouveaux logements. Or la principale revendication du mouvement de contestation a été d’annuler cette loi, car elle aura pour effet de privatiser des terres qui deviendront ainsi propriétés de grands groupes financiers. Ici, on entre dans le domaine politique. Le gouverneur de la banque centrale israélienne, Stanley Fischer, n’a-t-il pas lui-même admis que l’un des problèmes d’Israël était la trop forte concentration du revenu national entre les mains de quelques grandes familles?»

Absents de ces mobilisations, les colons craignent autant les coupes dans les budgets alloués à leurs exonérations fiscales que la suite du mouvement, qui pourrait trouver son prolongement dans des défilés en faveur d’une reprise des négociations de paix avec les Palestiniens. Ils n’ont peut-être pas tort: à bout de souffle, le gouvernement Nétanyahou a tenté une diversion mardi 2 août, après avoir promis la construction de nouveaux logements étudiants. Selon un reportage de la télévision israélienne Channel 2 TV, le premier ministre israélien accepterait maintenant le retour aux frontières de 1967 comme cadre de négociations, offrant par ailleurs d’échanger des territoires situés du côté d’Israël pour d’autres en Cisjordanie. Il y a moins d’un mois, Benjamin Nétanyahou considérait encore comme inacceptable le discours de Barack Obama sur les frontières de 1967.

Aujourd’hui, la position de Nétanyahou est soutenue par le ministre de la défense, Ehoud Barak, qui perdrait toute chance d’accéder à nouveau à un poste ministériel en cas de chute du gouvernement actuel. «En réalité, on en revient toujours au conflit avec les Palestiniens, glisse Elisabeth Marteu. Des coupes dans les budgets de l’armée et des colonies reviendraient à changer de politique vis-à-vis des Palestiniens. Mais pour l’heure, ce type de discours n’est pas formulé en tant que tel par les manifestants qui, en dehors des militants de gauche, n’évoquent pas non plus l’influence du printemps arabe.»

Ce sera peut-être le cas d’ici à la fin de l’été, alors que le mouvement est encore dans une phase ascendante et que se profile en septembre le vote à l’Onu pour la reconnaissance de l’Etat palestinien. Un vote que Nétanyahou souhaite éviter à tout prix, et qui marquerait, lui aussi, une rupture dans l’histoire de la nation israélienne.

Pierre Puchot

 Boycott des entreprises israéliennes, la CGT doit choisir son camp !

ManifAgrexco

Samedi 6 mars va se tenir à Sète (34) une manifestation régionale contre l’implantation de la société israélienne dans le port de Sète. Avec comme d’habitude, les hésitations syndicales, l’emploi contre la solidarité internationale.
Nous publions ci-dessous un article du Montpellier journal, qui fait le point des positions syndicales, de la collaboration honteuse de la CFDT et de FO (soutenus par Frêche, de manière toujours aussi subtile) aux hésitations de la CGT.
Vieux débat dans le mouvement syndical, depuis que la défense des intérêts ouvriers est mis à la remorque de la défense de l’économie. Il y a un an, la CGT Alstom défendait l’honneur du syndicalisme de classe en exigeant l’annulation des contrats pour le tramway de Jerusalem. Aujourd’hui, la CGT doit participer activement au boycott des produits et entreprises sionistes et donc participer en tant que telle à la campagne contre Agrexco.
PetitionAgrexco Nous renvoyons pour plus de détails au site de la Coalition contre Agrexco, et à signer le plus largement possible la pétition ci-contre, également disponible sur le site de la coalition.
Agrexco : les positions syndicales

Après un lancement rapide de la campagne contre l’implantation d’Agrexco à Sète où on a surtout entendu les opposants, « Montpellier journal » donne la parole à des syndicalistes. La CFDT et FO sont pour. La CGT réfléchit.

L’implantation de l’entreprise israélienne sur le port de Sète est intéressante à plusieurs titres comme l’explique Francis Viguié du NPA, syndicaliste à Sud et membre de la coalition anti-Agrexco : « C’est un concentré de beaucoup de questions politiques : quel type de mondialisation aujourd’hui ? Quel type d’accords commerciaux ? La question du droit international, de l’agriculture locale, de l’écologie, de l’argent public. On pouvait tout à fait organiser, sur la question de l’aménagement du port, un débat public avec les organisations syndicales, les partis,… C’est quand même un projet de 200 M€. » (Ce dernier chiffre représente l’investissement global de la région. Pour Agrexco et son partenaire GF Group, ce sont 40 M€ qui sont prévus).

« Une bouffée d’oxygène pour la ville de Sète »
En attendant l’organisation d’un tel débat – par la région ? la coalition ? les partis politiques ? les médias ? –« Montpellier journal » donne les positions d’élus et de syndicalistes. Celle de la CFDT par exemple, majoritaire sur le port de Sète. Michel Liguori, secrétaire général du syndicat dockers et employés du port, déclare que la position de la CFDT vis à vis d’Agrexco est « favorable ». Il précise : « Aujourd’hui, il y a une région à peu près dynamique qu’on suit de près et qui a l’intention de relancer le port. Ce qui va être une bouffée d’oxygène pour la ville de Sète. » Beaucoup des arguments du syndicaliste sont d’ailleurs identiques à ceux avancés par Georges Frêche. Ou vice-versa.

Au premier rang desquels le fait qu’Agrexco était implanté à Marseille depuis de nombreuses années sans qu’il y ait eu des manifestations. Question posée à la coalition qui répond qu’il y a eu une manifestation le 28 septembre 2002. Dans le texte d’appel, il était écrit : « À Marseille, port de la Méditerranée, un quai surnommé le quai Carmel est exclusivement réservé à l’arrivage des fruits et légumes israéliens alors qu’en Palestine l’économie est réduite à néant, les oliviers arrachés, les serres détruites, l’exportation bloquée. » De plus, la Coalition rappelle que, depuis l’arrivée d’Agrexco à Marseille, la situation dans les territoires palestiniens s’est considérablement dégradée notamment du fait de la colonisation israélienne.

« Un plan anti-Frêche ? »
« On n’est pas pour la guerre en Palestine pas plus qu’ailleurs, déclare Michel Liguori. Si le fait de ne pas faire venir Agrexco à Sète pouvait faire arrêter la guerre en Palestine, on est d’accord. Est-ce que vous croyez que la guerre s’arrêterait en Palestine si on ne faisait pas venir Agrexco à Sète ? Moi c’est la question que je pose. » Donc, pour le syndicaliste, « il faut savoir si on veut lancer des plans économiques ou si on veut faire de la politique politicienne ». Et puis, « si ça ne passe pas par Sète, ça passera par d’autres ports. Si jamais ça ne passait par Sète, quand ça passera par d’autres ports, est-ce qu’ils auront les mêmes réactions ? Ou est-ce que c’est un plan anti-Frêche ? C’est surtout ça à mon avis. Mais je ne veux pas rentrer dans la politique parce que ce n’est pas mon rôle. Moi je rentre plutôt dans le social que dans la politique. Moi je regarde les créations d’emplois. » Et de rappeler la situation préoccupante du marché de l’emploi dans l’Hérault et particulièrement sur le bassin de Thau.

Après avoir parlé d’une « cinquantaine de dockers que cela fera travailler » ajouté à 50-100 emplois créés (Midi Libre, 22 janvier), Michel Liguori parle aujourd’hui de 200 emplois en octobre 2010 et 200 supplémentaires en 2016. Et il ajoute que pour un emploi créé, ce sont 4 à 5 emplois indirects supplémentaires à prévoir. Donc si on fait les comptes, cela fait 2000 à 2400 emplois au total. Mais, depuis le début, on l’a vu, les chiffres ont varié et aucune étude précise n’a été publiée pour détailler les emplois escomptés. De même, qu’aucune étude d’impact n’est apparue pour évaluer les conséquences éventuelles sur l’agriculture locale. Faux problème pour Michel Liguori : « Aujourd’hui on importe pas mal de tomates et de fraises qui viennent d’Espagne aussi. Alors il faut aussi boycotter l’Espagne. »

« Arrêter l’importation des containers chinois »
Autre question : l’arrivée d’Agrexco peut-elle se faire à n’importe quel prix ? Réponse du syndicaliste : « Si on empêche cette implantation, alors il faut arrêter le port du Havre, l’importation des containers qui viennent de Chine où les enfants de 10 ans et moins travaillent. Moi je suis sûr que si je fais le tour de tous ces opposants en leur faisant poser leur jean et leur tee-shirts et en regardant d’où ils viennent, on sera surpris d’avoir 80 % de textiles qui viennent de Chine. » Dernier reproche de Michel Liguori envers la coalition : « Ils font tous passer des prospectus mais personne ne nous a contactés pour avoir notre avis. »

« Faut-il faire la révolution mondiale tout de suite, interroge Francis Viguié du NPA, changer l’ensemble des rapports sociaux dans le monde entier, avant de pouvoir commencer à faire quelque chose ? Oui il faut changer ce monde, il y a un mouvement altermondialiste, il y a des rencontres qui travaillent sur comment faire une harmonisation tirée vers le haut. Après, il faut quand même, à un moment donné, balayer devant sa porte. Si tu as les problèmes chez toi, tu ne peux pas dire que, comme les autres ne résolvent pas le problème, nous on ne va rien faire. C’est une mécanique qui continue et qui, au lieu de stopper les injustices, les encourage et les aggrave. Le type d’argument proposé par la CFDT encourage les injustices. »

FO a donné sa position à L’Hérault du jour (25/06) par la voix d’Alain Cwick, son secrétaire départemental. Elle est très proche de celle de la CFDT : « Force ouvrière ne se range pas aux côtés de ceux qui souhaitent mettre Israël à l’écart du monde. Si le respect des droits de l’Homme devait être le seul critère retenu dans les échanges internationaux, la Chine, La Corée, la plupart des pays africains et bien d’autres seraient exclus. »

« Un peu les mêmes soucis que le collectif »
Et la CGT ? Interrogé par Montpellier journal, Christian Ventura, secrétaire départemental déclare : « On a un peu les mêmes soucis que le collectif puisqu’on pose la question de la paix et de l’organisation des territoires palestiniens. On se pose un peu des questions sur cette implantation même si ça va générer des emplois sur le port de Sète. Mais on veut travailler un peu plus la question. » La CGT a donc prévu de solliciter le collectif pour le rencontrer et aussi de demander un rendez-vous au conseil régional notamment « pour savoir ce qui l’a poussé à octroyer les aides à cette implantation ».
À Marseille, la CGT semblait regretter le départ d’Agrexco. Les premiers à réagir ouvertement ont cependant été les dockers CGT des bassins Est, dont le porte-parole, Antoine Montoya, s’est étonné “qu’on n’ait pas déroulé le tapis rouge pour retenir Agrexco”, alors qu’on sait le faire en d’autres occasions. Il est vrai que le sujet est sensible. Les bassins Est de Marseille, qui vont de la Joliette à l’Estaque, ont une activité industrielle en prise directe avec la Méditerranée.

Rappelons pour clore le chapitre syndical, que le Congrès des syndicats sud africains (Cosatu) a une position très radicale sur la question. Celle-ci est notamment présentée dans un article du 3 février, en anglais, du Sunday Tribune de Durban (Afrique du sud) : « C’est un héritage et une tradition dont les dockers sud africains ont hérité et c’est un héritage qu’ils sont déterminés à honorer, en veillant à ce que les ports sud africains ne soient pas utilisés comme lieu de transit pour les marchandises à destination ou en provenance de certains états dictatoriaux ou oppressifs comme le Zimbabwe, le Swaziland et Israël. » (traduction : Mj)