Manifeste antifasciste européen

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Manifeste antifasciste européen

Soixante huit ans après la fin de la deuxième guerre mondiale et la défaite du fascisme et du nazisme on assiste presque partout en Europe à la montée de l’extrême droite. Mais, phénomène encore plus inquiétant, on voit se développer à la droite de cette extrême droite  des forces carrément néo-nazies qui, dans certains cas (Grèce, Hongrie,…) s’enracinent dans la société formant des vraies mouvements populaires de masse, radicaux, racistes, ultra-violents et pogromistes dont l’objectif déclaré est la destruction de toute organisation syndicale, politique et culturelle des travailleurs, l’écrasement de toute résistance citoyenne, la négation du droit à la différence et l’ extermination –même physique- des « différents » et des plus faibles.

Comme dans les années ’20 et ’30, la cause génératrice de cette menace néo-fasciste et d’extrême droite est la profonde crise économique, sociale, politique et aussi éthique et écologique  du capitalisme lequel, prenant prétexte de la crise de la dette, est en train de mener une offensive sans précédent contre le niveau de vie, les libertés et les droits des travailleurs, contre tous ceux d’en bas !   Profitant de la peur des nantis face aux risques d’explosion sociale, ainsi que de la radicalisation des classes moyennes laminées par la crise et les politiques d’austérité draconienne, et du désespoir des chômeurs marginalisés et paupérisés,  l’extrême droite et les forces néo-nazies et néo-fascistes se développent dans toute l’Europe ; ils  acquièrent une influence de masse dans les couches déshéritées  qu’elles tournent systématiquement contre des boucs émissaires traditionnels et nouveaux (les immigrés, les musulmans, les Juifs, les homosexuels, les handicapés,…) ainsi que contre les mouvements sociaux, les organisations de gauche et les syndicats ouvriers.

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 Le discours de Michel Warschawski, pour le prix 2012 des Droits de l’Homme au Centre d’information alternative

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Prix 2012 des droits de l’homme de la République française remis au Centre d’Information Alternative

Discours de Michel Warschawski

10/12/12

Madame la Garde des Sceaux, Mesdames et Messieurs les membres du Jury,

Permettez-moi, au nom de mes collègues et ami/es du Centre d’Information Alternative, Juifs et Arabes, Israéliens et Palestiniens, de vous remercier chaleureusement pour avoir bien voulu honorer notre action contre l’impunité.

Si c’est pour cette action spécifique que vous avez bien voulu nous donner ce prix, nous-même le recevons également comme un signe d’encouragement à notre engagement pour le vivre-ensemble et notre volonté de construire des ponts entre les peuples plutôt que des murs.

Nous en sommes d’autant plus honorés que c’est de vos mains, Madame la Garde des Sceaux, que nous recevons ce prix, vous qui, avec détermination, avez combattu pour que soient reconnus comme crimes contre l’humanité, donc imprescriptible, la traite négrière transatlantique et l’esclavage qui en a résulté, reconnaissance à travers cette loi qui porte votre nom et qui honore la France, que l’impunité peut durer pendant des siècles, mais qu’il ne faut jamais cesser de lutter contre elle.

Ne nous y trompons pas : le combat contre l’impunité (par rapport à l’esclavage, au génocide des Juifs d’Europe, à l’apartheid ou à l’occupation coloniale en Palestine) est UN et ne peut ni ne doit être hiérarchisé.

Ce combat s’appuie sur les leçons tirées du judéocide nazi par la communauté internationale tout entière. PLUS JAMAIS CA ! avait proclamé avec force la communauté des nations après la découverte des charniers de Treblinka et d’Auschwitz. Et pour que les enfants des rescapés des camps de la mort ne connaissent plus une barbarie de telle ampleur, cette communauté des Nations nous a armé du Droit International. À commencer par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. La présence parmi nous de Christiane et Stéphane Hessel est aussi une façon de marquer ce combat pour le Droit International. Ils sont des amis proches du Centre d’Information Alternative, nos parrains, c’est-à-dire ceux dont la vie, l’action et les valeurs qu’ils défendent nous inspirent et nous guident dans notre combat. Stéphane Hessel nous a donne la DUDH, le devoir de la communauté internationale de juger les criminels de guerre et l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité. Le Traite de Rome et la constitution de la Cour Pénale Internationale ont parachevé cette œuvre pionnière.

Soixante-cinq ans plus tard ses enfants spirituels, que nous sommes, sont honorés par la République Française pour le combat que nous menons contre l’impunité des hommes politiques et des militaires israéliens soupçonnés d’avoir commis de tels crimes, à Gaza, à Jenine ou au Liban.

Madame la Garde des Sceaux, Mesdames et Messieurs membres du Jury,

Pourquoi l’impunité face à de tels crimes est-elle inacceptable ? Pourquoi en avons-nous fait un de nos combats prioritaires ? Pour trois raisons essentielles :

- D’abord pour une question d’hygiène internationale: un monde dans lequel les criminels de guerre peuvent vivre normalement et circuler librement serait un monde malade où n’existe aucune frontière entre le bien et le mal.

- Ensuite, parce que la pénalisation des crimes de l’occupation coloniale en Cisjordanie, dans la Bande de Gaza et au Liban, sont un moyen de faire justice, au moins un peu de justice, aux victimes palestiniennes et libanaises. Cette reconnaissance des crimes et leur pénalisation sont également la condition préalable à toute éventuelle réconciliation. L’ont compris nos camarades Sud-Africains quand ils ont mis en place le processus de Vérité et Réconciliation : vérité avant réconciliation, vérité pour qu’il puisse y avoir réconciliation.

- Mais il s’agit aussi, et c’est peut-être la raison la plus importante, d’un acte de libération pour mes propre concitoyen/nes. En effet, il en est des sociétés comme des individus : l’impunité est suicidaire. Rien ne semble pouvoir arrêter le criminel, qui ainsi court à sa propre perte. Qui aime bien, châtie bien, nous disait-on à l’école des Parents, et cette formule, certes un peu archaïque, est certainement valable aussi pour les États et les sociétés.

En dénonçant les crimes de l’occupation coloniale, en traitant les hommes politiques, les officiers et les soldats impliqués dans des crimes de guerre comme des criminels de guerre, et en leur refusant l’impunité, nous, en Israël comme à travers le monde, plaçons des barrières salutaires à l’ubris, cette folie de la puissance qui menace ceux qui croient, méchamment mais aussi bêtement, à l’usage illimité de la force.

C’est dans cet esprit, que le Centre d’Information Alternative s’est pleinement impliqué dans la campagne BDS – Boycott, Désinvestissement, Sanctions – lancée par la société civile palestinienne et reprise par des dizaines de milliers d’individus, d’organisations, de syndicats et de partis politiques à travers le monde. Sanctionner le colonialisme israélien c’est aussi aider faire comprendre à mes concitoyens que pour leur propre bien il faut y mettre fin.

J’aime mon pays, c’est là que vivent mes enfants et grandissent mes petits enfants qui, pour certains d’entre eux, se trouvent avec nous aujourd’hui. Et parce que je l’aime, je me bats pour que la communauté internationale nous aide à mettre fin à son état d’impunité. Car ce qui est profondément anti-israélien c’est de le pousser à la faute et à la fuite en avant, en laissant notre pays dans l’impunité…

 “Le sionisme et sa démence meurtrière”.

Malgré les récentes mauvaises fréquentations de Jacob Cohen du côté de prétendus antisionistes qui masquent un profond antijudaïsme et antisémitisme derrière un paravent de plus en plus transparent, malgré des allusions négationnistes et antisémites ["avenir millénaire de domination","perfides manipulations médiatiques",], nous publions ce texte en tribune libre, car sur l’essentiel, il est pertinent.

Tribune libre

LE SIONISME ET SA DÉMENCE MEURTRIÈRE

Les forces sionistes se sont livrées pendant 8 jours à leur exercice favori : bombarder à coups de milliers de bombes une population sans défense et sans aucune échappatoire. Avec des accents de victoire que tout esprit humain moyennement équilibré aurait trouvé abjects. Quelle performance pour des F-16 que d’envoyer des missiles, comme à l’entraînement, sur des immeubles habités par des civils, ou abritant des administrations ou des médias ! et sans aucun risque, tant la disproportion est incommensurable.

Et tout ça pour rien. POUR RIEN !

Juste pour s’enivrer de leur propre puissance, pour donner une leçon à ces pouilleux, pour calmer la démangeaison d’appuyer sur la gâchette. Car les sionistes ont une obsession, et ils la clament ouvertement, impudemment. Ils veulent ramener chaque pays attaqué à l’âge de pierre. Rien que ces déclarations, lancées par les plus hautes autorités, ramèneraient le sionisme à ce qu’il est, à ce qu’il a toujours été : une idéologie de destruction paranoïaque.
Pour être honnête, le ministre de l’intérieur sioniste, le mystico-messianique du parti Shas, voulait « seulement » ramener Gaza au Moyen-Age.

Rappelez-vous 1948 ! Quel occupant dans l’histoire s’est livré, après la conquête, à une destruction systématique de l’infrastructure du pays conquis : villages, fermes, vergers, magasins, ateliers, pressoirs, puits, cimetières, églises, mosquées. Quelle frénésie meurtrière avait saisi les sionistes au point de raser les lieux de prière et les sépultures de millions d’habitants qui y reposaient avant eux ? Quelle légitimité pourraient-ils revendiquer après ces orgies de violences et de destructions ?
J’ai dit plus haut que c’était une opération pour RIEN. Si les sionistes se donnaient la peine de parcourir l’Histoire, ils sauraient que la puissance militaire ne vient jamais à bout d’un peuple qui lutte pour sa liberté. Ne serait-ce que leur histoire récente. Il y a 3-4 ans, ils avaient lancé, après tant d’autres, une opération bien plus meurtrière, avec une invasion terrestre, pour « éradiquer le terrorisme ». Et qu’ont-ils obtenu ? Gaza résiste encore et toujours et fait la nique aux geôliers qui l’encerclent.

Le régime sioniste s’enfonce dans la barbarie avec une constance digne des empires, trop imbus d’eux-mêmes et de leur puissance, pour ne serait-ce que s’interroger, ou entendre les voix, en Israël et dans le monde, qui le pousseraient à la raison. Il faut dire aussi que l’Europe macère dans sa culpabilité et son impuissance, et se rend complice du Frankenstein atomique irresponsable qu’elle a laissé se développer et qui risque de se retourner contre elle un jour. Et que dire des médias français, même de « gôche », tels Libération et Arte, qui s’efforcent désespérément de mettre les 2 parties sur le même plan ? La 5e puissance nucléaire mondiale contre un petit mouvement de résistance.

Ainsi les sionistes se croient invincibles, et promis à un avenir millénaire de domination unilatérale. Comme certains régimes fascistes, ils se croient investis pour 1000 ans de leur mission dominatrice, avec une capitale éternelle et indivisible. Mais ils ne font que se rapprocher un peu plus d’une fin inscrite dans l’Histoire. Un révolutionnaire de 1789 disait : « On peut tout faire avec des baïonnettes sauf s’asseoir dessus ».

Mais allez expliquer cela à des centurions ivres de puissance !
Le sionisme a fini par montrer sa vraie nature, qui nous a été cachée pendant des décennies grâce à une des plus perfides manipulations médiatiques. C’est tout simplement une entreprise coloniale, qui suivra la logique de toute entreprise coloniale, à savoir s’enfoncer dans l’apartheid et l’oppression. Et puis il connaîtra la fin de toute entreprise coloniale. Avec seulement le suspense dont l’Histoire détient les clés, quant aux modalités.
Avec les regrets que les leçons de l’Histoire ne sont jamais tirées. Et un gâchis humain que les générations futures mettront des décennies, ou peut-être des siècles, à réparer.
Jacob Cohen. 21 novembre 2012.

 Gaza: Serge Grossvak au président de la République

Manifestation à Strasbourg

Samedi 24 novembre 2012 à 15 H

Départ: place de la Gare

Monsieur le Président,

Monsieur le Président de la République, je remets entre vos mains qui peuvent tant une demande pour des humains qui n’en peuvent plus.

Monsieur le Président, j’ai reçu un message par internet de mon ami Ziad Medhouk. Mon ami qui demeure à Gaza. Mon ami poète et brillant enseignant de français. Mon ami sous les bombes, cette fois encore, et encore, et toujours. Mon ami enfermé et sans pays, ailleurs qu’en son cœur.

Monsieur le Président, ce soir j’ai reçu un e-mail de mon ami. Un e-mail terrible, un e-mail horrible. Il me dit que l’immeuble qui jouxte le sien a été soufflé par les bombes. Il me dit que, lui qui ne pleure jamais, pleure aujourd’hui les larmes de son corps. Il me dit que dans cet immeuble de 5 étages qui n’existe plus vivait la famille Dalou. Dans cette immeuble pulvérisé, 12 morts, 12 cadavres, 12 horreurs. Et une montagne de larmes et de souffrances. Et le regard sans âme d’une barbarie méprisante…

Monsieur le Président, vous n’avez pas le temps, je ne vous parlerai pas des blessés, pas des angoisses, pas des deuils impossibles, pas même de tous ces morts. Je vous parlerai des enfants, juste des enfants… Vous aurez bien un tout petit peu de temps, pour des enfants, pour ces obscures enfants entrés dans la mort. Il est important que vous pensiez à eux, eux pour qui il est trop tard. Pour eux vous ne pouvez plus rien. Puis vous pensez aux autres, envers qui vous pouvez tant.

Monsieur le Président, j’ai vu ces enfants, ces enfants sortis des photos, sortis de ce trou et des gravats souvenir de ce qui fut un immeuble de vie. Je vois ce sauveteur, ce voisin, ce parent ( ?) sortant ce petit corps pantelant. Sur une autre photo je vois un brancard, un pauvre brancard tout petit où sont posés collés l’un à l’autre ces corps minuscules, comme endormis, comme se touchant l’un l’autre pour se rassurer, comme pour se dire que ce n’est que la mort.

Monsieur le Président, ne me dites pas que vous ne pouvez rien. Que vous compatissez mais ne pouvez rien.

Monsieur le Président, je dois aussi vous parler de Nathan Blanc. Il a 19 ans et demeurait à Haifa. Il est israélien. Aujourd’hui il demeure en prison. Nathan n’avait pas connaissance de ce témoignage de Ziad, mais il savait ce qui était en train d’advenir. Nathan a eu le courage de dire non, au prix de la prison.

Monsieur le Président, vous ne pouvez pas abandonner Nathan, ce tout jeune pacifiste israélien, et dans le même mouvement tourner le dos à mes amis israéliens, juifs comme moi, qui ont le courage d’affronter cette folie guerrière. Au nom de mon pays la France, au nom de ce pays qu’ont rejoint mes grand parents avec un énorme espoir de liberté et de dignité vous devez vous engager, clairement, fermement. Monsieur le Président, les pacifistes israéliens attendent de nous, les pacifistes palestiniens attendent de nous. N’abandonnez pas au désespoir Leïla Shahid confrontée au mur colonial.

Après l’horrible opération « plomb durci » qui avait vu le massacre d’un habitant sur 1000, 5 sur 1000 blessés, le « crime de guerre voir contre l’humanité » avait été évoqué. Et puis rien. Et puis le silence. Et puis pas de Tribunal. Alors, alors ça recommence, cette danse macabre des êtres sans conscience, sans dignité, sans humanité. Monsieur le Président, les silences, les lâchetés, libèrent les bêtes sauvages. Monsieur le Président, le silence est un crime de lâcheté. Simplement appeler à « de la retenu » est un silence, une fuite devant les responsabilités.

Monsieur le Président, vous pouvez tant pour mettre fin à cette horreur. Vous pouvez clamer que la France ne se taira plus, que ça suffit. Vous pouvez affirmer l’engagement de la France pour l’application du Droit International, sans faiblesse, pour que la Palestine entre à l’ONU, pour que les frontières intégrales de 67 soient reconnues et imposées.

Vous pouvez, Monsieur le Président, appeler à la convocation du Tribunal International que ceux qui commettent ces morts répondent de leurs actes.

Monsieur le Président, la paix demande du courage. La paix demande de la détermination. La paix demande du Droit. En vous honorant d’œuvrer pour le Droit vous défendrez la vie, vous porterez la place et l’histoire de notre pays.

Serge Grossvak
Le, 19 novembre 2012

 “Coup de filet”, par Eric Hazan

Le site d’extrême-droite d’Alain Soral, “Égalité et Réconciliation” ayant fait un lien vers le texte d’Éric Hazan, Coup de filet, La Feuille de Chou tient à préciser qu’elle n’a rigoureusement rien à voir avec Alain Soral et ses amis…

COUP DE FILET

Dans l’affaire de la « cellule terroriste démantelée » à Strasbourg et à Cannes au début du mois d’octobre, les médias ont été unanimes à reprendre sans état d’âme les déclarations de la police. Aucun conditionnel, aucune petite phrase prudente permettant une retraite éventuelle en bon ordre.

Ce n’est pas la première fois. On se souvient de l’agression antisémite du RER D en 2004, de cette jeune femme victime de « 6 étrangers, dont 4 Mahgrébins et 2 Noirs », un acte odieux dénoncé par toute la presse, par le président Chirac, par Villepin, ministre de l’Intérieur, par toute la classe politique, droite et gauche mêlées. Dommage, c’était une mythomane. On n’a pas oublié non plus le scandaleux incendie criminel du centre social juif de la rue Popincourt, la même année : le ministre israélien des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, était venu à Paris pour visiter les lieux et critiquer le laxisme français face aux actes antisémites. Pas de chance, là non plus : l’incendie était l’œuvre d’un vieux fou, juif de surcroît. Dans un cas comme dans l’autre, tous les médias ont donné dans le panneau, aucun sauf erreur n’a présenté d’excuses.

Plus près de nous, dans les premiers jours de « l’affaire Tarnac », presse écrite, radios et télévisions ont été unanimes à dénoncer l’action terroriste des « anarcho-autonomes », de « ce noyau dur qui avait pour objet la lutte armée », dixit le procureur Marin. Libération titrait en une « L’ultra-gauche déraille », Le Point parlait de « nihilistes clandestins », le Figaro Magazine des « caténaires de la peur », France 2 de « la petite épicerie tapie dans l’ombre » qui servait de QG au « commando ». Là non plus, pas d’excuses quand le montage policier s’est profilé à l’horizon.

Dans le coup de filet récent, il est possible que Jérémie Louis-Sidney, « un converti de 33 ans, apprenti terroriste qui voulait finir martyr » (France 24) ait été abattu par des tirs de riposte des policiers, il est possible que les hommes placés en garde à vue pendant cinq jours, puis inculpés, soient bien ceux qui ont lancé une grenade contre l’épicerie juive de Sarcelles. Mais l’unanimité des médias à tenir la parole policière pour vérité révélée, l’indignation générale des politiques, l’énorme retentissement donné à toute l’affaire, tout cela a un sens. En dénonçant les dérives françaises de « l’islam radical », les médias asservis et les politiques cherchent à faire monter dans le pays un sentiment de peur. La peur est la meilleure des diversions possibles – voir ce à quoi ont servi en leur temps la grippe aviaire, la vache folle, la grippe H1N1 ou les JO de Londres. Et puis, en montrant que la barbarie n’est plus seulement à nos portes mais qu’elle est désormais parmi nous, en incriminant une fois de plus – tout en jurant le contraire – la jeunesse des quartiers populaires, on reste entre nous, on resserre les rangs, on relègue à l’arrière plan le racisme et la misère.

Construire un ennemi intérieur est un procédé politicien médiocre, mais c’est bien du camp des médiocres que proviennent souvent les plus graves dangers.

Eric Hazan

 Multiplication des actes antisémites : le MRAP appelle solennellement la société à se mobiliser.

La fusillade de l’école juive de Toulouse qui, le 19 mars dernier, a coûté la vie sept victimes dont trois enfants a Toulouse, quatre juives a constitué l’un des pires crimes antisémites de ces dernières décennies en France.
Depuis lors, l’augmentation des injures racistes et des actes de violence à l’encontre des Juifs constitue une réalité extrêmement inquiétante.

Avec une vigueur nouvelle, des sites internet de toutes obédiences prennent les Juifs de France pour cible. Ces derniers jours, le jet d’une grenade dans un magasin casher et les tirs contre la synagogue d’Argenteuil ont constitué une étape nouvelle dans cette escalade de la violence antisémite.

Le MRAP appelle à une mobilisation de toute la société.

Fondé en 1949, héritier de cette page tragique de l’histoire qui a vu l’extermination de 6 millions de Juifs, le MRAP appelle la société française à la plus grande vigilance.

Il est urgent que soient mobilisés tous les moyens nécessaires de la Police et de la Justice pour mettre hors d’état de nuire tous les auteurs de ces faits et actes antisémites odieux.

Le MRAP condamne les actes antisémites, de quelque nature et origine qu’ils soient et quels qu’en soient leurs auteurs et leurs motivations, car tous procèdent de la même haine raciste.

Parce qu’aucune cause ne saurait justifier la barbarie raciste, ni atténuer la responsabilité de ses auteurs, face à cette résurgence de haine, le MRAP appelle solennellement la société à se mobiliser.

Paris, 10 octobre 2012.

Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples
43 bd Magenta – 75010 Paris – Tél. : 01 53 38 99 99
Site web : http://www.mrap.fr

 Halte à la montée de la barbarie xénophobe

MRAP

A Marseille, des Roms ont été expulsés par des riverains de leur campement de fortune, qui a été ensuite incendié.
Même si l’on ne déplore aucun blessé (ce qui reste à confirmer), l’incendie volontaire de ce qui subsistait de ce campement après la fuite dans l’urgence de ses habitants mérite la qualification de criminel

La calomnie, la xénophobie et le racisme ont ainsi franchi à Marseille une nouvelle étape.

Le MRAP s’indigne de pratiques criminelles qui n’ont guère à envier à celles des mouvements fascistes de l’Europe de l’Est (tels que le Jobbik en Hongrie).

Ainsi, la politique de stigmatisation et de harcèlement de ces familles, héritée du gouvernement précédent – et malheureusement poursuivie par le gouvernement actuel, avec de trop timides aménagements – a produit des résultats effrayants,franchissant à Marseille une nouvelle étape.

Le MRAP rappelle avec force que la France est un Etat de Droit où nul ne saurait se faire justice à soi-même. Il s’étonne, par ailleurs, de l’apparente passivité des forces de l’ordre, qui, à en croire « Le Parisien », n’ont procédé à aucune interpellation,« en l’absence d’agression physique », ignorant ainsi l’existence des menaces qui ont provoqué cette fuite. Et, à posteriori, la destruction du bien d’autrui par le fait d’un incendie volontairement provoqué ne constitue-t-elle pas un délit pénal, prévu et puni par l’article 322-5 du Code pénal ? Un fonctionnaire n’est-il pas obligé de dénoncer et de poursuivre, dans l’exercice de ses fonctions, un délit dont il a connaissance ?

En outre, le campement étant occupé depuis très peu de jours, l’existence d’actes délictueux ne semble pas avoir reçu le moindre commencement de preuve.

Le MRAP exige des pouvoirs publics que les coupables soient recherchés et punis rapidement.

Il rappelle solennellement à Monsieur le Président de la République sa demande que le gouvernement mette en place très rapidement des mesures permettant une insertion efficace des familles roms présentes en France, en particulier :

- L’arrêt immédiat des destructions des lieux de vie des Roms
- L’abrogation immédiate des mesures transitoires discriminatoires relatives à l’accès à l’emploi et au travail, applicables aux seuls citoyens Bulgares et Roumains – dont les Roms – parmi les membres de l’Union Européenne.

Paris, 28 septembre 2012.

 Bienvenue en Palestine!

BIENVENUE EN PALESTINE

Plus d’une centaine d’entre nous s’apprêtent à se rendre en Palestine, à l’invitation du Gouverneur de Bethléem, pour accompagner les enfants palestiniens dans leur rentrée scolaire.
Pour répondre aux “critiques” israéliennes et à l’argument de notre propre gouvernement concernant la “souveraineté nationale” d’Israël à l’aéroport de Tel Aviv, nous passons cette fois-ci par la Jordanie et le Pont Allenby, où pas un seul pouce de territoire n’appartient à Israël. Ce qui ne l’empêche pas de contrôler les entrées et sorties des Palestiniens et de leurs visiteurs, avec le même arbitraire à la frontière jordanienne, que du côté de Tel Aviv.
On vient d’en avoir une nouvelle preuve dans le cas des ministres, mais aussi du président de l’association de défense des Droits de l’Homme Addameer, basée à Jérusalem Est, qui vient d’apprendre qu’il lui est interdit, à l’âge de 71 ans, de se rendre à l’étranger.

Charles Péguy disait : “Il y a pire qu’une âme asservie, c’est une âme habituée“.

Eh bien, nous ne nous habituons pas. Nous ne nous habituerons jamais à l’injustice et à la barbarie qui consistent à enfermer et à persécuter des femmes, des hommes et des enfants. (Voir sur notre site le terrible rapport des 9 avocats et juges britanniques sur la détention et la torture des enfants palestiniens en Israël).

C’est l’été, c’est Ramadan, chacun a ses propres soucis, mais nous vous demandons d’interpeller le gouvernement français afin qu’il exige que ses ressortissants soient traités comme sont traités les Israéliens qui viennent en France.
Les responsables du Proche-Orient, qui nous ont reçu fin juillet au Ministère des Affaires Étrangères, nous ont déclaré qu’ils ne pouvaient faire la moindre demande en ce sens à leurs homologues israéliens. Pourquoi ?
Pas de réponse. François Hollande n’avait-il pas placé sa campagne électorale sous le signe de la justice ?

Merci d’envoyer un message à Monsieur Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères pour que “le droit de circuler librement en vers la Cisjordanie”, cesse d’être pour lui des mots creux, mais se traduisent par des actes basés sur le droit de réciprocité.

- alexis.lecour-grandmaison@diplomatie.gouv.fr
- Secretariat.CM2@diplomatie.gouv.fr
- alexandre.diebolt@diplomatie.gouv.fr

Merci de suivre les infos que nous vous enverrons sur le déroulement de notre mission et de prévoir des manifestations dans toutes les villes si nous sommes empêchés d’entrer en Cisjordanie, alors que nos hôtes nous attendrons dans la ville de Jéricho, juste à la sortie du Pont Allenby.

Des réunions sont organisées dans plusieurs villes avant le départ, pour rassembler les fournitures scolaires que nous emportons pour les enfants. Renseignez-vous auprès des participants à la mission de votre ville.

A Paris, une permanence sera ouverte à cet effet lundi prochain 20 août, entre 17 H et 20 H à la librairie Résistances. Vous pouvez soit nous apporter des fournitures scolaires neuves et légères à transporter (peinture, feutres, petits sacs à dos, jeux) ou nous envoyer un chèque pour que nous puissions les acheter de votre part (à l’ordre de CAPJPO-EuroPalestine, au 16 bis rue d’Odessa. 75014 Paris. Vous recevrez un reçu si vous envoyez votre adresse).