Gutenberg au Club III de la Communauté Israélite de Strasbourg

The_Gutenberg_Bible


Gutenberg au Club III avec le professeur Rapp

Après la conférence du professeur émérite Rapp, sur Gutenberg, une dame est venue le féliciter et lui demander s’il avait un résumé de sa prestation.

A défaut, voici ce qu’on a retenu avec ces quelques notes.

Gutenberg est, comme chacun sait, et encore plus à Strasbourg, l’inventeur de l’imprimerie, ou plus exactement celui de la presse à imprimer.

Conçue à Strasbourg, réalisée à Mayence, elle marque la naissance d’une nouvelle galaxie, celle de l’imprimerie moderne. Il s’agit de conserver et de transmettre le savoir humain. Ce que réalisaient auparavant l’oralité, puis les manuscrits sur parchemin ou papyrus, devient mécanisable et reproductible en grand nombre.

Déjà les pictogrammes, l’écriture, l’alphabet avaient permis le progrès de la connaissance. Gutenberg invente la typographie (de tupos, le caractère). Aujourd’hui on peut voir naître la galaxie internet, dont le professeur, qui ne l’utilise guère, pense qu’elle ne détrônera pas le livre-objet.

A la fin du Moyen-âge, qui est une renaissance déjà, le latin s’est effondré, les langues vulgaires prennent peu à peu le dessus pour l’écrit. Les monastères ont joué un grand rôle dans la copie et diffusion des textes, quels qu’ils soient, des textes religieux à l’Art d’Aimer, d’Ovide.

Les Universités naissent, la culture des laïcs, le tribunal de Saint Louis, tout cela nécessite de l’écrit. La Chanson de Roland se fixe au 11e siècle, comme les Niebelungen au 13e. L’Eglise connait des réformes au 14e qui doivent être inscrites. Les copistes coûtent cher. Un manuscrit coûte le gain annuel d’un ouvrier.

Plusieurs conditions étaient nécessaires pour que la typographie soit inventée. On est passé du papyrus au parchemin de vélin (il fallait beaucoup de veaux !). Le papier vient d’Orient puis se développe en Italie au 13e siècle. Il faut des chiffons ce qui suppose une certaine aisance pour qu’on se débarrasse des vieux vêtements. On usait aussi du cuir.

Le plus important se passe en Allemagne avec la métallurgie. On fait déjà des montres de poche à Nuremberg au 15e. Il faut aussi des capitaux. Ce que Gutenberg a réalisé c’est faire fabriquer des caractères qui supposaient trois qualités de métaux pour les poinçons, les lettres et les matrices (étain, antimoine et plomb). Il fallait aussi inventer l’outil pour verser le plomb. La précision exigée était de 1/10 de millimètre pour les lettres de la casse.

Les presses étaient déjà utilisées par les graveurs, les relieurs, avant les imprimeurs. Gutenberg a perfectionné la presse avec le chariot qui permet la mécanisation de l’impression. Tout cela coûtait cher.

Il fallait 1000 florins. Pour donner une idée, il faut savoir qu’avec 100 florins, par an, on vivait dans l’aisance à l’époque. Il a réussi à associer des notables strasbourgeois.

Outre les textes chrétiens, étaient publiés des calendriers, des prophéties et des indulgences permettant, contre paiement, d’être admis au Paradis sans attendre au Purgatoire.

Il a fallu trois ans pour imprimer la fameuse Bible (180 exemplaires), vers 1450 ou 51. Le secret était gardé pour cause de concurrence. L’affaire était rentable pour les éditeurs et les imprimeurs. Marché captif religieux et beaux livres imprimés sur vélin.

Il y a déjà 200 imprimeurs en Alsace vers 1500 qui éditent entre 15 et 20 millions de livres ! Sans l’imprimerie, jamais Luther n’aurait réussi sa Réforme qui serait restée inconnue du grand public.

A l’issue de sa brillante conférence, le professeur a reçu, comme de coûtume, une bouteille de crémant casher.

Au début, la vice-présidente avait lu l’introduction préparée par le président Greilsammer, une fois encore hospitalisé. Tous lui souhaitent prompt rétablissement.

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