Crime organisé et déni du droit

J B Pontalis et Daniel Lemler

Quelques jours après le psychanalyste Jean-Bertrand Pontalis qui présentait un petit livre, un-jour-le-crime sur les motifs de l’intérêt du public pour le crime, c’est un point de vue plus universitaire et scientifique qu’on a pu entendre. Le livre dirigé par Chantal Cutajar semble, à l’entendre et à voir le sommaire très détaillé, extrêmement intéressant et sans doute utile aux étudiants et aux professionnels du droit ainsi qu’au public.

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Au moment même où j’écoutais Chantal Cutajar, professeur de droit, présenter cet ouvrage collectif sous sa direction , Le crime organisé , je recevais un texte émanant de Mireille Fanon-Mendès France au sujet de la violation grave du droit international à l’occasion de l’exécution extra-judiciaire, par un commando US, de Oussama ben Laden (appelé Géronimo, ce qui en dit long sur la persistance dans les esprits du crime originaire contre les Nations indiennes!).

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Au cours du débat, et devant une assistance peu nombreuse, mais de spécialistes du droit, de la police, de la gendarmerie (un colonel) et d’enseignants, j’ai posé la question de savoir si la lutte contre le crime organisé ne serait pas plus facile si les États dits démocratiques ne violaient pas aussi habituellement le droit, comme dans l’assassinat de Ben Laden, lequel aurait pu être arrêté et jugé devant un tribunal comme d’autres ex dirigeants politiques l’ont été selon le principe posé au Tribunal de Nuremberg et qui s’exerce partiellement à la Cour Pénale Internationale .

A ma demi-surprise, le professeur de droit, Chantal Cutajar a admis l’exception car selon elle les États-Unis d’Amérique étaient “en guerre contre le terrorisme“; Donc tout serait justifié! Outre que le terme de “guerre” ne convient pas lorsqu’il s’agit de la “nébuleuse” terroriste qui n’est pas un Etat, on s’inquiète des cors que recevront les étudiants de l’Université de Strasbourg, et par là, du sort du droit international.

Comment ne pas voir que le non respect du droit par les “États de droit” constitue une immense victoire du “terrorisme”. Et nous n’évoquerons pas les innombrables violations du droit commises par l’État d’Israël dans le silence complice de la dite “communauté internationale”!


BENLADEN-BANALISATION5mai2011

BENLADEN-BANALISATION5mai2011

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2 Commentaires

  1. Schlomo Schlomo
    8 mai 2011    

    la différence tient dans la résolution de l’ONU 1973 pour la Lybie;
    les USA se sont comme on dit “autorisés d’eux-mêmes
    il ne sont pas moins criminels que Ben Laden (et en nombre de morts, du Vietnam au Chili, et ailleurs, plus même…

    si l’Europe existait vraiment, elle déchargerait la Tunisie d’une partie du “fardeau” des réfugiés libyens, mais les Etats qui la composent rivalisent hélas dans la xénophobie; comme les Suisses jadis, pour eux “la barque est pleine“…
    l’Europe des États se renie en ce qui concerne les droits humains

  2. 8 mai 2011    

    Il m’a semblé que vous avez suggéré une solution assez radicales pour régler le sort du dictateur libyen, solution qui est en somme assez similaire au traitement auquel a eu droit Ben Laden.

    Les réfugiés libyens continuent d’affluer en Tunisie, et dans ce cadre là, la Tunisie a besoin d’une aide urgente. Mais si c’est le genre d’aide qu’accorde le FMI à la Grèce actuellement…

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