Maladie de Lyme: les Dernières Nouvelles d’Alsace plus du côté de la justice et des autorités médicales que des humains souffrants


Les DNA qui n’ont pas informé sérieusement sur la manifestation de samedi dernier organisée par Lyme sans Frontières, ni donné la parole aux malades ou à leurs familles, ne font pas dans le détail au lendemain du procès contre ceux qui proposent une autre approche de la maladie que les autorités médicales.

Pas moins de trois articles à charge comme si le Journal se plaçait du point de vue de l’accusation pour faire des deux prévenus aux pratiques atypiques de simples escrocs intéressés par l’odeur de l’argent!. Qu’on en juge!

Strasbourg Les tests sur la maladie de Lyme du laboratoire Schaller remis en question
Escroquerie ou prévention ?

Viviane Schaller était jugée, hier, par le tribunal correctionnel de Strasbourg pour escroquerie. Depuis cinq ans, elle pratiquait des tests sur la maladie de Lyme en dehors des règles en vigueur. Et elle en a fait supporter les frais à la CPAM (*).

C’est la CPAM (*) qui a découvert le pot aux roses. Le 7 mai 2010, l’organisme de santé porte plainte contre le laboratoire Schaller de Strasbourg qui n’a pas respecté, selon lui, la procédure usuelle dans ses tests de dépistage de la maladie de Lyme.

Dans le collimateur, les 192 000 € de préjudice subi depuis 2007 en raison d’une pratique frauduleuse qui faisait payer aux patients deux tests – le Vidas Lyme, selon la procédure Elisa, et le Western blot – car la biologiste considérait que la validité du premier était « peu fiable pour dépister des pathologies complexes et rares ». Les deux tests étaient alors remboursés par l’assurance-maladie. Or, la CPAM n’était tenue de prendre en charge le second dépistage qu’en cas de positivité du premier test, dont Viviane Schaller ne faisait pas grand cas.

La pharmacienne strasbourgeoise a d’ailleurs décidé elle-même d’abaisser le seuil de positivité du test Vidas Lyme, contrairement aux recommandations du fabricant, de telle sorte que la très grande majorité des dépistages indiquait les symptômes d’une possible maladie de Lyme (avec un taux supérieur de 87 % à la moyenne des autres laboratoires de biologie médicale) ou était considérée comme équivoque. Donc un second test était nécessaire.

« J’étais devant un problème de santé publique »

« J’étais devant un problème de santé publique. Je savais que je ne pouvais pas me fier à la procédure Elisa, avance à la barre la biologiste de 64 ans. La méthodologie était insuffisante en l’état c’est pourquoi j’ai estimé qu’un bon diagnostic devait être intégralement remboursé. Mais on a pris le parti de me nuire et de casser ma dynamique. »

Cette approche alternative de la maladie de Lyme permet au laboratoire Schaller de voir grossir le nombre de ses clients, avec un nombre de dépistages oscillant entre 12 et 15000 par an.

Certains patients lui sont directement adressés par le coprévenu Bernard Christophe. Tous demandent à se faire dépister sans toujours bénéficier d’une prescription médicale.

« On veut nous faire passer une escroquerie pour une lutte contre le complot pharmaco-industrialo-chimique, nimbée d’une conscience pseudo-humanitaire. En réalité, des gens en manque de réponses devant leur souffrance se sont fait leurrer par des arguments démagogiques, attaque la vice-procureure Lydia Pflug. Nous avons affaire à deux mégalomanes pour qui la maladie de Lyme est devenue une nouvelle niche médicale. »

« Pas d’arguments scientifiques probants pour commettre ces infractions »

La représentante du parquet rappelle que 60 % du chiffre d’affaires du laboratoire Schaller était annexé aux fameux dépistages, un chiffre d’affaires qui avait sensiblement augmenté depuis l’avènement de la nouvelle méthode d’analyse employée par l’entreprise.

« Une enquête fiscale a été menée et les revenus de M me Schaller ont doublé entre 2007 et 2008 », complète M e Dominique Harnist, l’avocate de la CPAM.

Selon la défense, « on a la volonté de faire disparaître Viviane Schaller de la profession et d’enterrer la voie qu’elle a empruntée ». M e Christian Fremaux insiste également sur les intentions louables de sa cliente : « Elle n’a pas fait cela pour l’argent. Elle était de bonne foi. »

Le ministère public, lui, ne discerne « aucun argument scientifique probant pour justifier des infractions commises en toute connaissance de cause ». Et de pointer à nouveau les avantages commerciaux qu’en a retirés le laboratoire. « Ça vous a permis de bien vivre. » Lydia Pflug requiert requiert à l’encontre de Viviane Schaller un an de prison avec sursis, 30 000 € d’amende, l’interdiction d’exercer la profession de pharmacien durant deux ans, la fermeture définitive du laboratoire Schaller ainsi que l’affichage de la décision de justice. Le délibéré sera rendu le 28 septembre.

(*) Caisse primaire d’assurance-maladie

le Tic-Tox, un Remède controversé

Coprévenu, Bernard Christophe comparaissait, tout comme Viviane Schaller, pour exercice illégal de la profession de pharmacien mais également pour commercialisation ou distribution de médicament sans autorisation de mise sur le marché. L’homme de 63 ans, proche de la biologiste, a fourni aux personnes diagnostiquées positives à la maladie de Lyme par le laboratoire Schaller une huile essentielle, le Tic-Tox (destiné dans un premier temps aux animaux), agissant sur les symptômes décrits par les malades. Mais sans autorisation préalable des services sanitaires.

« Ce n’est pas un médicament mais l’information sur ses vertus s’est propagée. Ce sont les médecins qui en ont fait un médicament, plaide le gérant de la société commerciale dont le Tic-Tox représentait 50 % du chiffre d’affaires. J’ai des milliers de témoins pour qui l’antibiothérapie n’a pas fonctionné mais qui ont connu des améliorations avec le Tic-Tox. »

Le conseil de l’ordre des pharmaciens voit, lui, une atteinte au monopole de la profession. « Tout a été fait en dehors des règles du code de la santé publique. On a aucune certitude sur l’efficacité de ce produit dans lequel on a retrouvé des substances nocives », alerte M e Jean-François Laigneau.

Bernard Christophe s’est fait fort de son côté de défendre les patients, dont plusieurs dizaines ont assisté à l’audience afin de soutenir les mis en cause, qui « sont révoltés par cette chape de plomb autour de la maladie de Lyme ». « J’essaie de me battre pour eux et pour les générations futures, continue l’entrepreneur. Je ne veux plus de cette hypocrisie. Il faut un juste équilibre entre la médecine traditionnelle et l’aromathérapie. Ce procès n’aurait pas dû avoir lieu. Il aurait mieux fallu se mettre autour d’une table pour discuter des différentes méthodes. » Un an de prison avec sursis, 30 000 € d’amende et l’interdiction d’exercer la profession de pharmacien durant deux ans ont été requis contre le sexagénaire.

publié le 19/09/2012 à 05:00

Oppositions scientifiques

Durant les débats, les pratiques de Viviane Schaller ont été contestées par des scientifiques et l’Agence régionale de santé (ARS) d’Alsace. Ces derniers ont notamment parlé de « patients repris en charge par le système de santé et diagnostiqués négatifs à la suite d’un nouveau test ». C’est d’ailleurs le taux élevé de « faux positifs » qui a incité l’ARS à demander au préfet de prononcer une première suspension d’activité d’un mois en février qui s’est transformée depuis en fermeture définitive (DNA du 01/06).

Le chef du service maladie infectieuse et tropicale au CHU de Strasbourg-Hautepierre, le professeur Daniel Christmann, a également vilipendé des « données cliniques douteuses » pouvant affoler les malades. Sur les 140 dossiers d’anciens patients du laboratoire Schaller qu’il a eus entre les mains durant cinq ans, « 17 % des cas étaient bien positifs à la maladie de Lyme ». L’expert a tenu à rappeler que cinq personnes atteintes d’une sclérose en plaques avaient arrêté leur traitement en raison d’une sérologie erronée.

Face à ses contradicteurs, Viviane Schaller a indiqué avoir à maintes reprises essayé de rencontrer les experts pour leur faire part de ses réflexions. « On ne m’a jamais reçue. Bien au contraire, j’ai été la cible de critiques indirectes et diffamatoires. »

Un ton moins partisan dans le quotidien L’Alsace qui parle de “rebelles ” et de “traitement alternatif”.

L’Alsace

Strasbourg Deux « rebelles » de la maladie de Lyme jugés
le 19/09/2012 à 05:00
Un an de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende ont été requis hier devant le tribunal correctionnel de Strasbourg contre deux partisans de méthodes alternatives de détection et de traitement de la maladie de Lyme, soupçonnés d’escroquerie à l’assurance-maladie et exercice illégal de la pharmacie.

Après plus de cinq heures de débats très techniques qui ont mis en évidence la virulence de la polémique autour de cette maladie transmise par les tiques, le tribunal a mis sa décision en délibéré au 28 septembre.

Viviane Schaller, 64 ans, ancienne gérante d’un laboratoire d’analyses biologiques strasbourgeois, est poursuivie pour avoir appliqué pendant des années, sur des milliers de patients dans toute la France, un protocole de test non homologué par les autorités sanitaires, ce qui a conduit la Sécurité sociale à plus de 192 000 € de remboursements indus. Avec sa méthode, elle a annoncé à des milliers de patients qu’ils étaient porteurs de la maladie de Lyme, alors même qu’on leur avait dit le contraire lors de tests précédents.

À ses côtés comparaissait Bernard Christophe, 63 ans, diplômé en pharmacie mais non inscrit à l’ordre des pharmaciens, poursuivi pour avoir fabriqué et commercialisé hors du cadre réglementaire un remède contre la maladie de Lyme baptisé « Tic Tox ». Cette substance, à base d’huile essentielle de sauge, a été utilisée par des milliers de patients affirmant que les antibiothérapies prescrites par la médecine « officielle » ne les avaient pas soulagés.

Mme Schaller ne conteste pas avoir pratiqué des tests en dehors du cadre réglementaire. À la barre, elle a souligné que les tests actuellement homologués en France sont « totalement insuffisants » et ne permettent pas de détecter correctement cette maladie qui peut provoquer des troubles invalidants et douloureux, notamment neurologiques, articulaires et musculaires. « Pour moi, l’important était de régler un problème de santé publique », a affirmé Mme Schaller, dont le laboratoire a été fermé par l’Agence régionale de santé en mai.

Pour la représentante du parquet, Lydia Pflug, « la tique est un créneau porteur pour deux mégalos », qui ont commis des actes illégaux « en toute conscience, sous couvert d’une pseudo-motivation humanitaire ». Les deux prévenus se recommandaient l’un à l’autre auprès des patients « pour faire prospérer leurs petites affaires », a-t-elle affirmé. Ils ont au contraire réfuté toute volonté de s’enrichir. En outre, M. Christophe a souligné que grâce à son « Tic Tox », les patients s’étaient épargné d’autres médicaments coûteux. « J’estime avoir fait économiser des dizaines de millions à la Sécu, et je ne demande pas de médaille », a-t-il dit.

Ce procès survient alors que des milliers de patients et des professionnels de santé mènent une fronde contre les autorités sanitaires : ils contestent la manière dont on détecte et on soigne en France la maladie de Lyme. Près de 15 000 personnes ont signé la pétition lancée l’association Lyme sans frontière. Ces thèses sont rejetées par les autorités sanitaires, notamment par les spécialistes du Centre national de référence de la maladie de Lyme.

le 19/09/2012 à 05:00

Strasbourg Deux partisans d’une autre approche de la maladie de Lyme jugés ce matin
le 18/09/2012 à 15:24 par AFP

Deux partisans de méthodes alternatives de détection et de traitement de la maladie de Lyme ont comparu mardi devant le tribunal correctionnel de Strasbourg pour escroquerie à l’assurance maladie et exercice illégal de la pharmacie, sur fond de virulente polémique autour de cette affection.

Viviane Schaller, 64 ans, ancienne gérante d’un laboratoire d’analyses biologiques strasbourgeois, est poursuivie pour avoir appliqué pendant des années, sur des milliers de patients dans toute la France, un protocole de test non homologué par les autorités sanitaires, ce qui a conduit la sécurité sociale à plus de 192.000 euros de remboursements indus.

A ses côtés comparaît Bernard Christophe, 63 ans, diplômé en pharmacie mais non inscrit à l’ordre des pharmaciens, poursuivi pour avoir fabriqué et commercialisé hors du cadre réglementaire un remède contre la maladie de Lyme baptisé «Tic Tox».\( Ils encourent tous deux jusqu’à cinq ans de prison et une forte amende.

Mme Schaller ne conteste pas avoir pratiqué des tests en dehors du cadre réglementaire. A la barre, elle a souligné que les tests actuellement homologués en France sont «totalement insuffisants» et ne permettent pas de détecter correctement cette maladie transmise par les tiques qui peut provoquer des troubles invalidants et douloureux, notamment neurologiques, articulaires et musculaires.

«Pour moi, l’important était de régler un problème de santé publique», a affirmé Mme Schaller, dont le laboratoire a été fermé par l’Agence régionale de santé en mai.

Ce procès survient alors que des milliers de patients et des professionnels de santé mènent une fronde contre les autorités sanitaires autour de la maladie de Lyme: ils contestent la manière dont on détecte et on soigne en France cette affection et ceci dès le diagnostic. Pour les «rebelles» de Lyme, le protocole de test sanguin ne permet pas de détecter, et de loin, tous les cas réellement positifs. Selon les militants constitués en association, qui dénoncent un «déni» de la maladie, des milliers de patients en souffrance sont ainsi pas ou mal soignés.

Cette thèse est rejetée en bloc par les autorités sanitaires, notamment par les spécialistes du Centre national de référence de la maladie de Lyme.

le 18/09/2012 à 15:24 par AFP

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