Chronique de l’injustice ordinaire

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lu dans les DNA

Bischheim

Violence dans un bureau de poste « Ils ont ouvert à 14 h 01 »

Sans parvenir à donner au tribunal une explication satisfaisante à ses actes, un homme de 39 ans sous curatelle répondait hier en comparution immédiate de violences commises lundi à l’encontre d’employées d’un bureau de poste.

Les employés du bureau de poste de Bischheim situé route de Bisch-willer avaient pris l’habitude d’avoir chaque lundi la visite d’un homme de 39 ans qui demandait à retirer de l’argent. Chaque lundi, il lui était répondu qu’étant sous curatelle renforcée, il devait s’adresser au bureau de la Wantzenau. À chaque fois, il prenait la porte de sortie sans difficulté. Mais lundi dernier, l’échange a considérablement dégénéré.

Il assène une violente gifle à la postière

Ce jour-là, lorsque l’employée lui répond, comme toujours, qu’elle n’est pas en mesure d’accéder à sa demande de retrait, elle n’a pas le temps d’achever sa phrase qu’il lui assène une violente gifle. Témoin de la scène, la directrice du bureau de poste s’interpose : il la prend alors par le bras et la menace. « Dépêche-toi sinon je te plante, j’ai un couteau », aurait-il notamment déclaré. Rapidement sur les lieux, les policiers auquel le trentenaire a opposé une vive résistance ont effectivement trouvé un couteau sur l’intéressé.

« C’est comme ça que ça s’est passé », confirme à la barre l’homme jugé accessible à une sanction pénale par le psychiatre qui l’a examiné. Interrogé sur les raisons de cette violence, il répond simplement avoir été « énervé parce la poste a ouvert à 14 h 01 » sans, manifestement, comprendre l’absurdité de cette réponse jugée « inadmissible » par le tribunal.

Il entend des voix

D’autant, rappelle avec ironie la représentant (sic) du parquet Isabelle Rameau, que « personne n’a jamais la même heure à sa montre. On imagine la stupeur et la difficulté des agents à revenir travailler », appuie la magistrate qui insiste sur la gravité des faits reprochés au prévenu. Elle requiert la peine plancher de trois ans d’emprisonnement et la délivrance d’un mandat de dépôt à l’encontre de l’homme déjà condamné à cinq reprises.

Tentant d’« expliquer l’inexplicable », l’avocate du prévenu, Me Delphine Vrammout s’attache pour sa part à décrire la fragilité psychiatrique de son client qui, dit-elle, « entend des voix dans sa tête qui lui disent de se suicider ». Pour elle, cet épisode aigu de violence constitue « un appel au secours par rapport à sa situation actuelle. C’est tout le poids de sa condition quotidienne qui a fait sauter le couvercle », plaide le conseil qui réclame que soit accordé au prévenu un soutien psychiatrique.

Le tribunal a en partie accédé à cette demande, condamnant Valentin T. à trois ans d’emprisonnement dont un an avec sursis et mise à l’épreuve comprenant une obligation de soin. Il a été placé sous mandat de dépôt à l’issue de l’audience.
par Hélène David, publiée le 18/07/2013 à 05:00

Vos commentaires

A la lecture de ce papier, n’importe qui ayant un minimum de connaissances psychiatriques comprend, comme l’avocate, que cet homme, “sous curatelle renforcée“, qui “entend des voix” souffre de psychose aiguë qui produit des accès de violence qui peuvent être tournés contre lui-même ou contre autrui, et qu’il relève, non de la prison, mais de soins psychiatriques.

Pourtant, le psychiatre expert auprès des tribunaux le juge “accessible à la sanction“, le magistrat du parquet, comme souvent, ironise, et ce malade est condamné à la prison!

Les juges s’imaginent-ils que la prison, qui retient un grand nombre de malades psychiques, va améliorer son état?

Les juges reçoivent-ils, pendant leur formation, un enseignement même basique sur les maladies mentales? On en doute.

Mais dans quelle époque vivons-nous?

Un membre de l’UNAFAM
[Union nationale des amis et familles des malades psychiques]

Psychose

http://psychiatriinfirmiere.free.fr/definition/psychose/psychose-theorie.htm

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