La solidarité, contre la com et le protocole: Jean-Michel Augé

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lu dans les DNA 180513

Jean-Michel Augé, conseiller national suppléant du PS, appelle de ses vœux une politique municipale de solidarité dirigée vers les quartiers et les populations les plus fragiles. Les mesures proposées représenteraient 1 % des budgets de la Ville et de la CUS et seraient financées en surveillant la politique des achats et en taillant dans les frais de communication et de protocole.

« La crise est le fruit d’une politique irresponsable conduite durant de longues années. Le choix de privilégier la rente au détriment de la rémunération du travail a conduit à un enrichissement des plus riches et à un appauvrissement des plus pauvres. Notre pays se trouve à présent dans une situation très préoccupante sur le plan économique et social. À Strasbourg, les habitants des quartiers populaires subissent les conséquences de cette crise beaucoup plus lourdement que les autres. Pauvreté, chômage, échec scolaire s’y sont développés massivement sans que l’on y prête vraiment attention. Cette évolution générale a été parfaitement décrite dans le rapport de la cour des comptes : « Politique de la ville, une décennie de réformes – 17 juillet 2012 ». Il est indispensable d’engager, localement comme nationalement, une politique extrêmement volontariste.

Alors que la tête de liste socialiste pour les élections municipales de 2014 sera désignée à la sortie de l’été, et à moins d’un an du scrutin lui-même, il est utile de s’interroger sur la façon dont ces enjeux seront pris en considération dans notre ville et dans notre agglomération durant les six prochaines années.

Les clichés ont la vie dure : l’argent public coulerait à flots – et en pure perte – dans les quartiers populaires. C’est totalement faux quoiqu’en dise l’extrême droite. Dans notre pays, les quartiers populaires n’accèdent pas au même niveau de soutien financier que les autres quartiers. Pire, alors que des efforts exceptionnels devraient être consentis pour compenser les handicaps qui les affectent, ces quartiers reçoivent au contraire moins d’argent public que les autres. Le rapport de la cour des comptes en atteste.

Près d’un Strasbourgeois sur quatre et près d’un habitant de la CUS sur cinq réside dans les quartiers d’habitat social. Les jeunes de moins de 20 ans y sont, en proportion, nettement plus nombreux que dans les autres quartiers. Certes, ces quartiers changent ; la rénovation urbaine a fait son chemin ; de nouveaux équipements voient le jour. Certes, pour faciliter la réussite scolaire, les effectifs de l’Éducation nationale vont être renforcés. Mais cela ne suffira pas compte tenu de l’ampleur considérable des enjeux en question.

 15 millions d’euros de plus chaque année : c’est le montant qui peut raisonnablement être avancé sur le territoire de notre agglomération pour donner un nouveau souffle au principe républicain d’égalité. Cela peut sembler énorme et donc irréaliste. C’est au contraire raisonnable et donc très réaliste. 15 millions d’euros par an – soit 1 % des budgets cumulés de la ville et de la CUS – pourraient financer l’ensemble des actions suivantes :

•2 000 places supplémentaires en accompagnement scolaire pour les jeunes en difficulté

•1 000 places supplémentaires pour l’accompagnement vers la réussite éducative de jeunes en grande difficulté

•150 postes supplémentaires d’éducateurs ou d’animateurs pour le sport, l’éducation à la citoyenneté, et la réalisation de projets culturels

•600 postes en emplois d’avenir supplémentaires pour les jeunes sans qualification

•L’accompagnement vers l’emploi de 500 chômeurs en grande difficulté d’insertion professionnelle.

Est-il utile de préciser que ces actions correspondent à des besoins avérés ?

Des équipements moins coûteux, des dépenses de communication et de protocole réduites, une politique des achats rigoureusement orientée vers les économies pour davantage de bien-être chez ceux qui en ont le plus besoin. C’est par une politique exigeante de réduction des coûts sur les autres dépenses que nous pourrons, à pression fiscale inchangée, mettre en place une audacieuse politique d’égalité des chances dans notre cité. La question de savoir si cela est possible ne se posant plus, reste celle de la volonté politique.

« Vous trouvez que l’éducation coûte cher ? Essayez l’ignorance », disait Abraham Lincoln. En 2014, nous devrons faire le choix de l’éducation. Et plus largement de l’égalité des chances. Nous cherchons régulièrement de nouveaux projets qui contribuent au rayonnement de la capitale européenne des droits de l’homme ? L’esprit de solidarité des élus et des habitants de Strasbourg fera parler de lui bien au-delà des frontières régionales. Je défendrai un tel projet. Je m’y engage dès à présent avec détermination. »
par Jean-Michel AUGE, Conseiller national suppléant du Parti socialiste, Membre du bureau fédéral du PS 67, mandataire de la motion , publiée le 18/05/2013 à 05:00

 Relaxe pour les boycotteurs d’Israël !

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LE 20 JUIN A PERPIGNAN ET LE 27 JUIN A ALENÇON,

EXIGEONS LA RELAXE DES MILITANTS POURSUIVIS POUR APPEL A
BOYCOTT DES PRODUITS ISRAÉLIENS !

Après plusieurs reports de procès et diverses autres procédures, Bernard, Jeanne et Yamina comparaîtront au Tribunal de Perpignan le 20 juin et sept autres militants comparaîtront au Tribunal d’Alençon le 27 juin.

Ils sont poursuivis par des plaignants tels que le « Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme » (BNVCA) pour « provocation à la discrimination, à la haine et à la violence » parce qu’ils ont participé il y a plusieurs années dans une grande surface de l’une des deux villes à une action pacifique de sensibilisation au boycott des produits provenant d’Israël.

Leur comportement s’inscrit dans la campagne internationale BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre l’Etat d’Israël jusqu’à ce qu’il se conforme au droit international.

Cette campagne BDS vise, à la demande de la société civile palestinienne et à l’image du mouvement qui avait contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud, un État qui développe en toute impunité une politique coloniale, d’apartheid et d’épuration ethnique contre le peuple palestinien : occupation et colonisation de la Cisjordanie, blocus de Gaza, refus catégorique du droit au retour des réfugiés, répression accrue contre les Palestiniens d’Israël.

Depuis les dates des faits incriminés, Israël a poursuivi sans relâche sa politique de déni du droit du droit international. Son isolement dans l’opinion publique s’est accru, et la Campagne BDS a remporté de nombreux succès, qu’il s’agisse des boycotts économique, syndical, sportif, académique ou culturels.

A Paris, Bobigny et Mulhouse, des procès similaires à ceux de Perpignan et d’Alençon aujourd’hui ont abouti à une relaxe des militants.
En particulier, le jugement du 8 juillet 2011 du tribunal de la 17ème Chambre correctionnelle du Palais de Justice de Paris a clairement établi que « Dès lors que l’appel au boycott des produits israéliens est formulé par un citoyen pour des motifs politiques et qu’il s’inscrit dans le cadre d’un débat politique relatif au conflit israélo-palestinien, débat qui porte sur un sujet d’intérêt général de portée internationale, l’infraction de provocation à la discrimination fondée sur l’appartenance à une Nation n’est pas constituée. » Et il a rappelé que « certains secteurs de l’opinion israélienne soutiennent BDS »

Ainsi, les accusations d’antisémitisme apparaissent clairement pour ce qu’elles sont : d’ultimes tentatives pour blanchir l’Etat d’Israël de ses crimes et pour harceler le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien.

Toutefois les officines françaises au service de l’Etat d’Israël ne baissent pas les bras, et usent de tous moyens et de toute complicité pour continuer à attaquer les défenseurs du droit international.

Et la circulaire de Michèle Alliot Marie, ancienne ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy, circulaire qui invite les parquets à poursuivre les militants de BDS, n’a pas été abolie à ce jour.

Mais nous sommes confiants dans les droits du peuple palestinien et dans le développement de la Campagne BDS.

NOUS CONTINUERONS A BOYCOTTER L’ETAT D’ISRAEL
JUSQU’A CE QU’IL SE CONFORME AU DROIT INTERNATIONAL !

SOYONS NOMBREUX-SES AUX PROCÈS DE PERPIGNAN ET D’ALENCON !

Site : http://www.bdsfrance.org/
Contact : campagnebdsfrance@yahoo.fr

http://www.bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=1146:proces-dalencon-et-perpignan-communique-de-soutien-de-la-campagne-bds-france&catid=10:actualites-bds-dans-le-monde&lang=fr

 Suppression du mot «race» : une première mesure qui en appelle d’autres

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Les députés examinent jeudi 16 mai une proposition de loi, à l’initiative des députés du Front de gauche, visant à supprimer le terme litigieux de « race » figurant dans une soixantaine de textes législatifs, comme cela avait déjà été proposé en 2003.

Le MRAP, qui, depuis sa création et plus spécialement depuis la loi de 1972 contre le racisme, explique, notamment dans ses interventions scolaires, qu’il n’y a qu’une race, la race humaine, se réjouit de cette initiative. C’est au nom de la prétendue existence de « races » que les crimes les plus monstrueux ont été commis dans l’histoire de l’humanité parmi lesquels l’esclavage et les exterminations massives et planifiées d’hommes, de femmes, d’enfants. Comme le disait le généticien Albert Jacquard : « Compte tenu des implications biologiques que tant d’écrits, de doctrines et de politiques ont accroché, de façon indélébile, au mot “race”, ne serait-il pas prudent de l’éliminer, comme on le fait d’un outil inutile et dangereux ? »

Comme l’ont écrit les députés Front de Gauche dans l’exposé des motifs de leur proposition de loi : « En supprimant la catégorie juridique de « races » nous cesserions de donner une légitimité juridique aux idéologies racistes et nous affirmerions, enfin, qu’elles s’appuient sur un concept qui n’a aucun fondement scientifique. »

Certes, la portée de ce vote sera purement symbolique : la suppression du mot « race » n’entrainera malheureusement pas la disparition du « racisme ».

Aujourd’hui, alors que vient de s’achever un quinquennat au cours duquel la stigmatisation, la xénophobie et le racisme se sont exprimés au plus haut niveau de l’État , alors que le concept de race revient en force dans certains discours extrémistes, la flambée du racisme et de la xénophobie a pris des proportions inquiétantes : 69 % des Français estiment qu’il y a trop d’immigrés (+22 % par rapport à 2009), le rapport de la CNCDH indique une hausse des menaces et actes racistes de 23 %. Des thèses racialistes se développent.

Le combat contre toute forme de racisme est avant tout un combat pour l’arrêt de la stigmatisation de catégories de personnes, Roms, immigrés… et un combat pour l’égalité des droits. L’existence sur le sol français d’hommes, de femmes sans droits, sans reconnaissance ne peut que prêter le flanc aux thèses racistes.

Pour le MRAP, la lutte contre le racisme passe par une vigilance de tous les jours et par la régularisation de tous les sans papiers, l’ accès des Roms à tous leurs droits de citoyens européens. Elle passe aussi par le droit de vote et d’éligibilité reconnus pour tous les étrangers vivant sur le territoire français qu’ils soient ou non européens et plus généralement par l’accès à l’égalité des droits pour tous les résidents.

Paris, le 16 mai 2013.
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 Nakba

Il y a 65 ans, alors que les enfants dormaient, que les agriculteurs rêvaient d’aller cultiver leurs terres, que les mères voulaient juste voir leurs enfants aller à l’école le lendemain, ils se sont tous réveillés sous le bruit des bombardements de leurs maisons. En ce 15 mai, une nouvelle histoire commençait à s’écrire avec le sang des enfants de Palestine et les rêves de leurs parents. Ce jour-là, le complot international s’est accompli et appliqué par le terrorisme organisé des milices sionistes pour déraciner un peuple entier de sa terre et le remplacer par un autre peuple. Ce jour-là, où plusieurs centaines d’enfants ont été tués de sang froid, plusieurs centaines de femmes se sont faites violer, et des centaines de villages ont été complètement détruits, ce jour-là, une nouvelle page de l’histoire d’un peuple qui est devenu réfugié dans les camps a commencé à s’écrire.

Au cours de cette guerre, les milices sionistes ont commis des crimes contre l’Humanité, sous l’observation et le soutien de la communauté internationale.

65 ans après, l’image n’a pas trop changé. Les réfugiés se sont multipliés et vivent encore dans les camps de réfugiés, dans des circonstances très difficiles. La colonisation continue de confisquer notre terre, pour poursuivre le projet qui vise à déraciner le reste de notre peuple. Les 4900 prisonniers continuent d’affronter la mort lente que l’état d’occupation leur dessine comme destin.

65 ans après, malgré la torture, l’oppression, la poursuite du complot international, le peuple Palestinien continue de rêver. Les enfants des camps de réfugiés rêvent encore toutes les nuits qu’un jour ils se réveilleront à Haïfa et Jaffa. Leurs mères rêvent encore de les accompagner à la plage de Saint-Jean d’Acre (Akka) sans devoir franchir des checkpoints. Leurs pères rêvent encore d’avoir la liberté d’accompagner leurs enfants pour un déjeuner au Liban sans frontière.

Aujourd’hui, après tout ce que nous avons vécu pendant ces années d’occupation, notre peuple est de plus en plus convaincu que ses droits à l’indépendance, la liberté et au retour ne tombent pas dans l’oubli. Les nouvelles générations sentent encore depuis les camps de réfugiés, l’odeur des plages méditerranéennes et ils continuent d’imaginer la maison de leurs grands-parents dont ils possèdent encore la clé autour de leur cou pour ouvrir à nouveau la porte de leur maison. Les prisonniers aussi, rêvent chacun dans leurs cellules du jour de leur libération et de la libération de leur peuple.

Enfin, en ce jour, les martyrs nous rappellent depuis leurs tombes qu’il ne faut jamais oublier leur sang qui a arrosé la terre de la Palestine et qu’il faut surtout continuer leur chemin de lutte et de résistance jusqu’à ce que nous arrachions notre droit, pour vivre libre comme tous les peuples autour du monde.

 Sport solidaire avec la Palestine

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« Sport solidaire avec la Palestine »

Un temps fort de solidarité et de sensibilisation

 

 

Les droits des sportifs palestiniens à l’image de l’ensemble des Palestiniens sont bafoués, en particulier le droit de circulation, avec le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, la multiplication des check-points, le Mur, et le contrôle de toutes les frontières. La dernière attaque de la bande de Gaza en novembre 2012, le bombardement du « Palestine Stadium » tuant quatre jeunes adolescents et l’emprisonnement de deux footballeurs palestiniens victimes de la détention administrative témoignent de la réalité de la vie quotidienne des Palestiniens et notamment les atteintes au droit à la liberté de circulation. Israël a néanmoins obtenu de l’UEFA l’organisation en juin 2013 du championnat d’Europe des moins de 21 ans et en 2015 du championnat des espoirs féminins.

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 Les Roms sont comme nous: ils ont besoin de lumière

Incendie de caravanes roms à Strasbourg.

Et l’enquête sur les causes, elle en est où?


 

 

 

 

 

 

 

 

Les Roms sont comme nous

Article de Mediapart :
«Les Roms sont comme nous, ils ont besoin de lumière»

 

 
13 MAI 2013 | PAR CARINE FOUTEAU
Alors que les incendies de campements de Roms se multiplient depuis plusieurs semaines en France, jusque-là sans faire de victimes, celui qui a eu lieu à Lyon dans la nuit du 12 au 13 mai a été meurtrier. Au moins trois personnes, deux femmes et un enfant âgé d’une douzaine d’années, sont décédées après qu’une usine désaffectée (l’ex-usine Leroy-Somer) dans laquelle elles vivaient avec 200 à 300 autres personnes a pris feu.
À proximité du sinistre, la police bloque le passage. © Reuters
En fin d’après-midi, les corps n’avaient pu être sortis des décombres car le bâtiment, situé rue Audibert et Lavirotte dans le 8e arrondissement de la ville, menaçait toujours de s’écrouler. Des rescapés sont restés toute la journée dans les parages, refusant de quitter les lieux avant que l’opération de dégagement n’ait eu lieu. D’autres ont été évacués, en état de choc, et conduits en minibus dans le gymnase d’une école située avenue des Frères-Lumière, dans le même arrondissement, à une vingtaine de minutes à pied. La gestion de l’accueil a été confiée à la Croix-Rouge « avant qu’un relais soit pris par l’association Notre-Dame des sans-abris », a fait savoir la préfecture, qui ajoute qu’une « cellule d’aide médico-psychologique » a été mise en place.
Les occupants, parmi lesquels « un certain nombre » était de nationalité roumaine, avaient trouvé refuge dans ces locaux depuis octobre dernier. Le bilan est provisoire, ont insisté les pompiers inquiets de trouver d’autres personnes sans vie. Les flammes auraient totalement embrasé l’un des bâtiments du site peu après minuit. Dans la matinée, la préfecture indiquait ne disposer d’aucun élément sur l’origine du sinistre. Le procureur a demandé à la police judiciaire d’ouvrir une enquête. Les secours ont fait appel à des renforts, dont des équipes cynophiles. Le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, en déplacement ce jour dans l’agglomération lyonnaise pour dresser le bilan des zones de sécurité prioritaire, s’est rendu sur place, accompagné de la ministre de la justice, Christiane Taubira.
Militante de la Ligue des droits de l’homme (LDH), Gilberte Renard est l’une des premières à être arrivées sur place à l’aube, car elle s’attendait d’un jour à l’autre à une expulsion par les forces de l’ordre. Elle connaissait presque toutes les familles, d’origine Roms, y compris les personnes décédées. « Une des deux femmes étaient une mère de quatre enfants », indique-t-elle. « Il y avait beaucoup d’enfants, des tout-petits et des femmes enceintes », insiste-t-elle. « Ils dormaient souvent dans le grenier. Ils ont essayé de s’échapper par une lucarne, certains ont réussi, pas d’autres. Ça a été affreux », poursuit-elle.
« Tous vivaient en France depuis longtemps. J’en avais rencontré certains dès 2006 », se souvient-elle, énumérant les expulsions successives subies par les uns et les autres. Le terrain est une propriété privée. Une nouvelle fois, une décision de justice a ouvert la voie à une expulsion. Mais l’incendie a ravagé les lieux avant.
Pour Gilberte Renard, qui est également membre du Collectif lyonnais pour l’accès à la scolarisation et au soutien des enfants des squats, ces deux événements ne sont pas sans lien : « Une fois par semaine environ, les familles avaient la visite des policiers. Il y a sept ou dix jours, ils sont venus pour relever les identités de tout le monde, parents et enfants. Mercredi dernier, ils sont venus pour dire que l’expulsion était imminente. À peu près au même moment la mairie a coupé l’électricité. Les Roms sont comme nous, ils ont besoin de lumière. Ils ont dû s’éclairer à la bougie. Voilà le résultat », lance-t-elle, les pompiers ayant laissé entendre qu’une bougie sur une poutre était à l’origine du sinistre. « C’est une sacré responsabilité pour la mairie tout de même », souligne-t-elle.
Représentant local du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié avec les peuples (Mrap), Jean-Philippe, très investi sur le terrain, confirme : « L’électricité fonctionnait jusqu’à récemment. Puis effectivement, cela a été coupé. Ces derniers jours, il n’y en avait plus. La partie dans laquelle vivaient les Roms n’était pas en si mauvais état que ça. C’était même plutôt sain. Il faut être inconscient pour pousser les gens à s’éclairer à la bougie, avec les risques que cela comporte », s’indigne-t-il.
«Cela faisait six mois que l’on demandait le ramassage des ordures. En vain.»
La venue de deux ministres et la conférence de presse du maire de la ville, Gérard Collomb, n’ont en rien apaisé la colère des représentants associatifs présents sur les lieux, tant les pouvoirs publics semblent avoir négligé certaines de leurs responsabilités. Depuis la circulaire interministérielle du 26 août 2012 voulue par Jean-Marc Ayrault, les préfets sont censés intervenir en amont sur les campements pour aider les personnes à trouver des solutions de logement.
Selon ce texte, peu mis en œuvre, les occupants doivent faire l’objet d’un diagnostic et être suivis individuellement. Les collectivités territoriales sont supposées participer. « Rien de tout cela n’a été fait », regrette Aurélie Neveu, coordinatrice de la mission Roms à Lyon de Médecins du monde. « C’est même l’inverse qui s’est produit. Cela faisait six mois que l’on demandait le ramassage des ordures. En vain. Qui dit poubelles qui s’entassent, dit rats, dit maladies, dit aussi problèmes avec les riverains », poursuit-elle. « Les tensions avec les habitants du quartier étaient réelles, mais la mairie n’a pas fait ce qui est de son ressort pour les empêcher », déplore-t-elle.
La responsabilité de l’État est selon elle aussi engagée : « À deux reprises, nous avons sollicité madame Aimée Dubos, préfète déléguée pour l’égalité des chances, qui était la référente sur les questions de logement des Roms. En vain également. » En même temps qu’elle répond au téléphone, alors qu’elle se trouve dans le gymnase où sont accueillis les survivants du drame, elle décrit l’arrivée sur place d’agents de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), autrement dit des agents de l’État, proposant aux personnes… de retourner dans leur pays d’origine, moyennant une « aide au retour ».
Elle indique aussi que l’hébergement d’urgence local est saturé, estimant à 400 le nombre de refus au 115 ces derniers jours. « En raison de la fin de la trêve hivernale, il y a moins de places disponibles », observe-t-elle. Le gymnase a été réquisitionné pour une durée de quinze jours. Que deviendront ensuite ces personnes ? « Rien n’est prévu pour elles », s’étrangle Jean-Philippe. « Vous verrez qu’après leur avoir proposé de partir, les policiers viendront leur apporter des OQTF, c’est-à-dire des obligations de quitter le territoire », anticipe-t-il. « Si ces personnes ont brûlé, c’est qu’elles ont été expulsées d’autres campements, du quartier de Vaise notamment, sans diagnostic et sans solutions de relogement », reprend-il. « La passivité des pouvoirs publics aboutit à ce genre de situations », insiste-t-il, rappelant l’existence d’une récente décision du tribunal administratif de Lyon qui a condamné le 4 avril le préfet, Jean-François Carenco, à trouver d’urgence un hébergement, sous peine d’astreinte, pour dix familles qui venaient d’être délogées de leur campement à Villeurbanne. Après le démantèlement, des Roms de ce terrain avaient erré jusqu’à s’installer dans l’ex-usine, celle-là même qui a brûlé.
Parmi les enfants désormais hébergés dans le gymnase, certains étaient scolarisés. Mais là encore, à cause des évacuations à répétition, les parcours scolaires s’étaient effilochés. « Que va-t-il leur arriver ? » s’interroge Gilberte Renard. Outre le respect de la circulaire du 26 août, les acteurs associatifs demandent l’accès de ces personnes à des logements « dignes et pérennes ». En attendant, elles exigent l’arrêt des expulsions et la sécurisation des lieux habités, avec une mise à disposition des services vitaux (eau, sanitaires, électricité).
« Devant ce drame, il convient d’abord de s’incliner devant la mémoire des victimes, de s’interroger tous ensemble sur notre collectivité humaine et nos actions », a indiqué la préfecture dans un communiqué, refusant de répondre aux accusations portées à son encontre. La mairie, de son côté, fait savoir à Mediapart qu’un diagnostic a été réalisé sous l’égide de la Maison de la veille sociale, créée en 2009 et regroupant l’ensemble des partenaires concernés. Quant à l’électricité, elle a reconnu qu’elle avait été coupée il y a environ deux semaines parce que les « squatteurs s’étaient branchés sur le transformateur de secteur qui gère la production d’électricité sur le quartier » et que ce branchement « était risqué ». Des « raisons de sécurité » sont donc – paradoxalement – évoquées.
« L’agglomération ne peut pas accueillir tous ceux qui à travers le monde se trouvent en difficulté », a affirmé Gérard Collomb devant des journalistes, considérant être « totalement en harmonie » avec Manuel Valls qui, après avoir exprimé un « sentiment de profonde tristesse », venait d’ajouter qu’« en même temps, ces squats, comme les campements de fortune, doivent être évacués chaque fois quand ils présentent, ici comme ailleurs, de vrais dangers ». Une manière de justifier sa politique de démantèlement, sans s’interroger sur les effets pervers qu’elle peut avoir.

 Le dessinateur Latuff traité d’antisémite…

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Suite à la publication d’un billet Deux, trois, de nombreux Hawking, la Feuille de chou a reçu ce courrier, à propos du dessinateur Latuff dont un dessin, ci-dessus, était publié ici le 11 mai:

http://la-feuille-de-chou.fr/archives/49820

Croyez bien, cher Monsieur, que la Feuille de chou qui défend les droits inaliénables du peuple palestinien à un Etat, et ceux des Juifs israéliens de demeurer au Proche-Orient, une fois leur État désionisé, ne publie aucun dessin antisémite.

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Bonjour,

Je suis un lecteur régulier de la Feuille de Chou et – bien que
non-militant – je soutiens le peuple palestinien dans sa lutte pour la
reconnaissance de ses droits, dont les droits au retour et à
l’auto-détermination.

Cependant, je suis également très critique vis-à-vis de
l’antisémitisme qui gangrène les mouvements pro-palestinien et
anti-sioniste. Et j’aimerais vous faire part de mon étonnement quant à
la publication d’une caricature faite par l’artiste brésilien Latuff
sur votre blog ( http://la-feuille-de-chou.fr/archives/49820 ).

Latuff a connu du succès grâce à un travail prolifique et provocateur,
et trop souvent les gens partagent ses caricatures sans vraiment
s’attarder sur le contenu, le message, ou la symbolique.

Je considère que Latuff est un antisémite, et je pense qu’en tant que
tel, par respect pour les Juifs, mais aussi par respect envers la
lutte pour les droits des Palestiniens (que j’estime légitime et donc
ne saurait se faire le relais de l’antisémitisme), ses oeuvres doivent
être boycottées de la façon la plus claire qui soit.

Latuff a produit de très nombreuses caricatures comparant le sionisme
et/ou la politique israélienne avec le nazisme, ainsi que le sort des
Palestiniens avec l’Holocauste. Quel que soit le degré de proximité de
nature entre ces mouvements (sionisme/nazisme) et événements
(Holocauste/occupation israélienne) historiques, c’est une question de
décence de ne pas comparer, et encore moins d’égaliser. Les
comparaisons historiques sont un problème réel qui font beaucoup plus
de mal que de bien, ne visent souvent qu’à choquer, provoquer, sans
créer de réaction raisonnée et raisonnable. Malheureusement, de nos
jours la comparaison historique est devenue un sport olympique.

Il existe notamment une caricature montrant Ariel Sharon embrassant
Adolf Hitler sur la bouche, une autre montrant des soldats nazis
arborant le drapeau israélien et abattant des enfants palestiniens, et
encore une autre représentant Israël sous la forme d’une pieuvre
(caricature antisémite peu originale), marquée du drapeau israélien
avec une croix gammée remplaçant l’Étoile de David. Latuff a également
tendance à beaucoup insister sur le fait que certaines victimes
palestiniennes de la politique agressive israélienne sont des enfants
ou des bébés, et cela ressemble beaucoup plus à l’accusation
antisémite du sacrifice rituel d’enfants qu’à la dénonciation de faits
établis. Et ce ne sont que quelques exemples parmi des dizaines de
dessins associant le sionisme ou Israël au nazisme ou à divers clichés
antisémites, bafouant de nombreux éléments symboliques et importants
de l’histoire, de la culture, et de la religion juives.

Latuff est également un grand amateur de la complainte selon laquelle
tout critique d’Israël ou défenseur des Palestiniens se voit taxé
d’antisémitisme. C’est une réalité que de nombreux défenseurs d’Israël
abusent de l’accusation, sachant bien qu’elle est difficile à contrer.
Cependant, je ne la crois pas suffisamment fréquente ni suffisamment
digne de considération (lorsqu’il s’agit d’un abus) pour que certaines
personnes fassent de cette complainte (“l’anti-sionisme n’est PAS de
l’antisémitisme!!!”) la moitié de leur activité militante. De plus, si
l’abus de l’accusation est une réalité, il est une autre réalité que
la complainte est tout autant une arme politique, menant à masquer
(volontairement ou involontairement) la présence concrète de
l’antisémitisme au sein des mouvements pro-palestinien et
anti-sioniste, puisqu’à leur tour, chaque dénonciateur de cet
antisémitisme concret se verra taxé de pro-Israélien ou de sioniste
cherchant à miner le mouvement (ce qui n’est absolument pas vrai !).
Même si la complainte n’est pas antisémite par nature, elle est une
arme de choix de très nombreux antisémites, dont Latuff.

Enfin, Latuff a participé en 2006 au “Concours International de
Caricature de l’Holocauste” (!!!), organisé par une journal iranien,
aux côtés de nombreuses personnalités négationistes et
d’extrème-droite… Il a gagné la seconde place.

Au plaisir de connaître votre avis sur cette question,

Cordialement,

Ben

 Commémorer l’abolition de l’esclavage des Rroms

Roms Unserland

TEXTE DIFFUSE PAR ROMEUROPE – Droits de l’Homme le 10 mai 2013

Par Jean-Pierre DACHEUX[1], membre de ROMEUROPE

COMMÉMORER L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE DES ROMS.

« Les Européens organisent des sociétés philanthropiques pour l’abolition de l’esclavage en Amérique alors que, sur leur propre continent, 400 000 Tsiganes sont maintenus en esclavage ».Kogalniceanu Mihail, « Esquisse sur l’histoire, les mœurs et la langue des Cigains, connus en France sous le nom de Bohémiens », Berlin, 1837. (Kogalniceanu est un historien roumain francophone qui devint premier ministre de la toute nouvelle Roumanie unifiée, en 1863.)

LE 10 MAI 2013 AURA EU LIEU LA JOURNÉE NATIONALE DES MÉMOIRES DE LA TRAITE, DE L’ESCLAVAGE ET DE LEURS ABOLITIONS. Une cérémonie officielle se sera
déroulée, comme tous les ans, dans le jardin du Luxembourg, en présence du Président de la République.

La loi Taubira du 21 mai 2001 concerne, en effet, la reconnaissance, comme crime contre l’humanité, des traites et des esclavages pratiqués, à partir du XVe siècle, sur certaines populations. Elle précise : « La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part,
perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité ». (article 1er).

Avant même le XVe siècle, l’esclavage fut une réalité historique, européenne autant qu’américaine, qui ne se limita pas à la perpétration de la traite négrière transatlantique. Parmi les abolitions intervenues au XIXe siècle, figure l’abolition de l’esclavage des Roms en Moldavie et Munténie (ou Valachie). L’Église moldave libéra ses esclaves roms en 1844 et l’Église de Munténie en 1847, mais cet esclavage fut largement maintenu et même réinstauré, en 1849 par les forces occupantes russes et turques. Il ne devint illégal, dans ces deux principautés, qu’en 1855 et 1856, mais ne fut définitivement aboli qu’en 1863, deux ans après l’unification et la création de la Roumanie, sous l’impulsion impériale française, en 1861.

À ce mitan du siècle, l’abolition définitive de tout esclavage avait déjà été signée, en France, le 27 avril 1848, au début de la seconde République, à l’initiative de Victor Schœlcher. Le lien historique entre les abolitions transatlantique et européenne est bien avéré.

L’esclavage des Roms, qui dura donc un demi-millénaire, (dès leur apparition dans les principautés pré-roumaines, au milieu du XIV e siècle, jusqu’au milieu du XIXe siècle), appartient, à présent, à l’histoire de tous les Européens.

Le déni et l’oubli d’un esclavage si long et si brutal n’est plus acceptable, viole la mémoire commune, et pèse encore sur les relations entre les Roms et les autres populations européennes. Il est temps d’enseigner et de rappeler à tous les concitoyens de l’Union que ce lointain passé a laissé des traces dans notre présent, partout en Europe.

L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE DES ROMS A DÉSORMAIS TOUTE SA PLACE DANS LA COMMÉMORATION, EN FRANCE, DE L’ABOLITION DES ESCLAVAGES, CHAQUE 10 MAI.

[1] Jean-Pierre Dacheux, auteur avec Bernard Delemotte du livre « Roms de
France, Roms en France » (2010)

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