8 mai 1945 – 8 mai 2013: Hommage aux oubliés de l’Histoire

sc3a9tif-8-mai-1945-photo-el-watan

http://negreinverti.wordpress.com/2012/05/08/lautre-8-mai-1945-setif-et-les-premices-de-la-guerre-dindependance-algerienne/

8 mai 1945 – 8 mai 2013 – le MRAP rend hommage aux « oubliés de l’histoire »

Le 8 mai 1945 était signée la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie. Les peuples étaient « venus à bout de la bête immonde ».

Le MRAP se doit de rappeler inlassablement, qu’à cette victoire sur le IIIe Reich et le fascisme ont contribué, à côté des alliés –Soviétiques, Américains et Anglais pour la plupart – de nombreux immigrés venus d’Afrique noire et du Maghreb mais aussi de l’Europe toute entière.

Les uns avaient fui l’idéologie fasciste qui avait d’abord triomphé en Italie, puis en Allemagne et en Espagne ; d’autres, colonisés, espéraient que leurs peuples bénéficieraient eux aussi de cette liberté chèrement acquise pour sortir du statut colonial et devenir des citoyens de leur propre patrie.

On ne demandait pas alors aux combattants étrangers de la résistance s’ils mangeaient de la viande hallal ou s’ils avaient des papiers ! Qu’il s’agisse des Algériens, Marocains, Tunisiens, Africains, Antillais, Malgaches, de ceux du groupe Manouchian de la Main d’Œuvre Immigrée (MOI) désignés comme « terroristes » sur l’Affiche rouge, ou encore de ceux, notamment les Républicains espagnols, qui, dans des chars baptisés Guadalajara Ebro, Teruel, Brunete, Madrid – mais également Don Quijote ou Durruti – ont contribué à libérer Paris.

« Pourrions nous accepter que nos cimetières où se mêlent par milliers les croix chrétiennes, les étoiles juives et les croissants de l’Islam, soient ensevelies sous l’oubli et l’ingratitude ? », interrogeait le Général De Gaulle le 23 avril 1968.

Aujourd’hui, après les 5 années de xénophobie d’Etat du gouvernement Sarkozy et une campagne électorale 2012 durant laquelle, une droite – dont les composantes de droite extrême n’ont plus rien de républicaines – ainsi que le Front National – ont rivalisé dans l’abject, le racisme atteint des proportions particulièrement inquiétantes : 69% des Français estiment qu’il y a trop d’immigrés (+22% par rapport à 2009), le rapport de la CNCDH indique une hausse des menaces et actes racistes de 23%. Des thèses racialistes se développent.

Le MRAP espérait, avec l’élection de François Hollande et une majorité PS à l’Assemblée des changements notoires. Mais hélas, la douloureuse question des sans papiers demeurent inchangée : aujourd’hui un très grand nombre d’ enfants et petits enfants des combattants morts pour la France sont sans papiers, sans droits, sans reconnaissance. Ceux qui ont des papiers se voient toujours refuser le droit à la citoyenneté : le droit de vote aux résidents non communautaires, pourtant promesse du candidat François Hollande semble oublié. Ce n’est pourtant qu’une question de justice d’égalité, de dignité.

Ceux d’entre eux qui sont de nationalité française sont trop souvent victimes du racisme, de la relégation, de la discrimination.

Le MRAP tient également à rappeler que non seulement ces « indigènes » ont été exclus du défilé de la victoire du 8 mai 1945 à Paris, mais que, ce même jour, une répression terrible s’abattait en Algérie, sur la région de Sétif, parce qu’un drapeau algérien, symbole de l’indépendance, était brandi au cours d’un défilé célébrant la victoire. Il y eut alors des milliers de morts. Ces massacres préfiguraient ceux de dizaines de milliers de manifestants perpétrés à Madagascar par l’armée française face aux insurgés Malgaches qui avaient attaqué un camp militaire

En ce 8 mai 2013, le MRAP tient à rendre hommage à tous ces combattants venus d’ailleurs, « à ces étrangers et nos frères pourtant », qui ont lutté pour que la devise Liberté, Égalité, Fraternité ne soit pas un vain mot. Et quel meilleur hommage que de continuer leur lutte pour une société plus juste d’où le racisme aura enfin disparu, où le « vivre ensemble » l’emportera sur toutes les peurs et les haines.

Paris, 8 Mai 2013

 Lettre ouverte au Premier Ministre

Lettre ouverte au Premier Ministre

Monsieur le Premier Ministre,

Voilà désormais 6 mois que votre Gouvernement est en place. La charge est lourde, le contexte difficile. Nous ne sommes pas de ceux qui dressent dès maintenant des appréciations définitives ou entretiennent des polémiques. Pour autant, nous devons vous exprimer notre très grande déception sur la politique que votre Gouvernement conduit jusqu’ici à l’égard des étrangers.

Sur cette question du « vivre ensemble » – l’une des plus sensibles – les premières annonces et décisions nous ont laissés perplexes. Les pratiques qui ont suivi nous sont insupportables.

En juin, conformément aux engagements du Président de la République, une circulaire annoncée par le ministre de l’Intérieur prétendait interdire le placement d’enfants en rétention administrative. Elle exclura Mayotte – département français – qui concentre à lui seul plus de 90 % des placements d’enfants. Etrange conception de la République et du principe d’égalité des droits…

En juillet, nous exprimions une demande urgente pour que les taxes exorbitantes que doivent payer les étrangers lors de la délivrance d’un titre de séjour soient drastiquement révisées dans le projet de loi de finances rectificative. La réforme que nous appelions relevait à l’évidence des mesures de justice fiscale tant annoncées les mois précédents. Trois mois plus tard, les modifications que vous acceptez dans le projet de loi de finances 2013 sont marginales et ne changent rien à l’injustice qui frappe des personnes en situation de précarité.

En août, deux ans après un discours de Grenoble internationalement condamné, votre Ministre de l’Intérieur a cru opportun de remettre sur le devant de la scène médiatique la question des campements de Roms et de relancer ainsi la stigmatisation de ces quelques milliers de personnes. Les évacuations qui ont suivi, violentes, brutales, répétées, ont soulevé un tollé jusqu’à la Commission européenne. Votre décision de convoquer une réunion interministérielle en plein mois d’août et d’édicter une circulaire signée de sept ministres semblait traduire votre volonté de mettre un terme à cet emballement et de clore ce chapitre déjà sombre. Deux mois plus tard, force est de constater que les évacuations continuent dans les mêmes conditions, avec le même zèle destructeur et la même indifférence des services de l’Etat à l’égard de la souffrance des familles et des enfants.

En septembre, les migrants exilés dans le Calaisis ont retrouvé les pratiques et le rythme connu naguère des expulsions de squat, des violences et des destructions de leurs maigres affaires. 10 ans après la fermeture du centre de Sangatte, la seule réponse apportée par l’Etat semble rester celle du harcèlement policier et du mépris de la notion élémentaire de protection des personnes.

En octobre, le premier projet de loi annoncé par votre Gouvernement sur l’immigration porte sur la création d’une « garde à vue » spéciale pour les étrangers. Sans doute un arrêt récent de la Cour de Cassation rend la tâche difficile aux fonctionnaires de police. Mais quel symbole ! Celui d’un Gouvernement dont le premier projet de loi adopté sur le statut des étrangers propose une nouvelle disposition destinée à faciliter les expulsions du territoire…

Certes, une circulaire vient d’être diffusée pour faciliter l’accès à la nationalité française en revenant sur des obstacles instaurés par le Gouvernement précédent. S’il faut s’en féliciter, ne nous leurrons pas ! Elle ne saurait donner le change au reniement inavoué de votre Gouvernement à la promesse présidentielle concernant le droit de vote des étrangers aux élections locales. Elle ne saurait non plus masquer le report de mois en mois de la circulaire de régularisation des sans-papiers, elle aussi promise par le Président de la République – il évoquait des critères prenant en compte l’insertion par le travail ou l’activité, la famille, la scolarité et l’ancienneté de séjour.

Et nous ne pouvons oublier l’absence totale de calendrier, de contenu et de méthode de travail pour préparer la réforme législative qui s’impose sur le statut des étrangers et le droit d’asile. Après les lois de 2003, 2007, 2008, 2011, toutes inspirées par la séduction que voulait exercer l’ancienne majorité sur l’électorat le plus réfractaire à l’immigration, une nouvelle législation est indispensable pour réparer la dégradation du statut des étrangers et corriger ses effets sur leur précarité sociale. Qu’en est-il de vos intentions ? A ce jour, seul le silence fait face à nos questions…

La mise en œuvre d’une politique d’immigration et d’asile équilibrée est complexe dans le contexte actuel. Mais cela ne justifie pas que des mesures de justice et d’apaisement pourtant annoncées soient abandonnées avant même d’être créées ; cela ne justifie pas que la seule parole de votre Gouvernement sur le sujet soit celle du ministre de la police ; cela ne justifie pas que vos instructions soient négligées par certains services de l’Etat et que des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants soient encore traités indignement.

Monsieur le Premier Ministre, nous attendons que des convictions fortes soient exprimées, nous attendons un programme concret, des mesures claires et ambitieuses. Il ne vous est plus possible de continuer à gérer l’héritage des lois antérieures conçues pour « cliver » les uns contre les autres.

Les attentes sont fortes, ne les décevez pas !

Guy Aurenche, Président du CCFD Terre Solidaire

Christophe Deltombe, Président d’Emmaüs France

Pierre-Yves Madignier, Président d’ATD-Quart Monde

Patrick Peugeot, Président de la CIMADE

François Soulage, Président du Secours Catholique

 Salah Hamouri était à Strasbourg les 10 et 11 septembre 2012

Malgré le quasi boycott des médias régionaux – ainsi les DNA se sont contentées comme souvent, d’annoncer par une brève perdue dans une colonne du journal, sa venue, puis dans le carnet du jour, près de 120 personnes étaient présentes à 19h30 dans la salle de Cap-Europe, lorsque l’ex-prisonnier d’Israël est entré dans la salle, accompagné par Jean-Claude Lefort, président de l’AFPS qui l’avait visité plusieurs fois dans sa cellule.

Imaginons un instant que le soldat franco-israélien Gilad Shalit, ait été invité par ses amis à une conférence publique. On est certain qu’on aurait eu autant de publicité médiatico-politique qu’il y a eu d’initiatives en Alsace pour le soutenir. Rappelons entre autres, une grande banderole suspendue sur un mur de la synagogue de la Paix, aux côtés d’Ingrid Bettancourt, une autre au-dessus de la porte d’entrée du Conseil régional, des interventions politiques nombreuses et diverses du plus haut niveau.

Et pourtant, le soldat avait été capturé en opération contre Gaza. C’était un prisonnier de guerre, pas un otage en dépit de ce que la presse et ses amis ont fait croire.

Alors que Salah Hamouri, de nationalité française seulement, comme l’a rappelé Lefort, du fait que les Palestiniens de Jérusalem, par une loi injuste d’Israël, ne peuvent avoir de passeport ni israélien ni palestinien, n’a eu ni le soutien du président de la République d’alors, ni les honneurs des médias.

Seule la solidarité de ses amis de France et d’ailleurs a essayé de rompre son isolement. Et c’est la raison pour laquelle après une tournée de 70 villes en mai-juin dernier, en ce début de septembre, avant la fête de l’Humanité, il a tenu à rendre visite à tous ses amis dans les villes pas encore visitées.

Rappelons aussi qu’il avait été condamné à 7 ans de prison, qu’il a accomplis entièrement, avec même du rab, pour une prétendue tentative d’assassinat d’un rabbin fasciste, acte qu’il n’avait ni envisagé ni commencé d’exécuter.

Comme à Mulhouse, au printemps dernier, Salah Hamouri a décrit avec une grande précision les traitements inhumains subis par les 4700 prisonniers palestiniens, dont de très jeunes enfants. Certains de ces prisonniers n’ont jamais été jugés. Ils sont retenus de 6 mois en 6 mois renouvelables sans limites par l’application d’une loi de 1939 , britannique d’origine, sur la rétention administrative.

Il a dénoncé le sort des malades, des familles qui ont le plus grand mal à visiter les leurs emprisonnés. Même les morts en prison sont maltraités, en n’étant pas restitués rapidement aux familles.

Salah a détaillé comment se préparent les grèves de la faim coordonnées des prisonniers malgré toutes les difficultés.

Et il a terminé en remerciant encore chaleureusement ses soutiens présents et avec la certitude que le juste combat du peuple palestinien, malgré toutes les difficultés, finira par l’emporter, comme l’avaient emportés avant les Vietnamiens ou les Algériens.

le 11 septembre, Salah a été reçu au parlement européen à l’invitation du groupe GUE/VN Gauche unie européenne/Verts nordiques
Voici un bref compte-rendu fait par

Patrick Alexanian

Collaborateur du groupe GUE au Parlement Européen

tel Bruxelles: 0032 (0)22846524

tel Paris: 0033 (0)145518248

tel Strasbourg: 0033(0)388173571 Email: patrick.alexanian@europarl.europa.eu

En cette période de reprise et avant de vous passer les informations sur les votes au Parlement je voulais vous dire que notre groupe GUE/NGL a reçu Salah Hamouri à l’initiative de la délégation française et de Jean Claude Lefort ancien député communiste et président de l’Association France-Palestine solidarité et coordinateur du comité national de soutien à Salah Hamouri.

Vous le voyez à la tribune de notre groupe au coté de Patrick Le Hyaric.

La participation était nombreuse y compris de député(e)s européen(e)s d’autres groupes que le notre. Salah nous a fait vivre les condition de détention des prisonniers palestiniens. Le liste est longue et l’assemblée diverse a été émue et étonnée d’apprendre des choses difficiles à croire. Deux ou trois choses parmi d’autres.

La peine va à son terme y compris malgré le décès du prisonnier son corps n’est retournée à sa famille qu’à la fin de la peine.

Lorsqu’on une femme accouche son bébé reste avec elle en captivité pour des périodes longues…

Enfin les droits de visites, ils sont tous réduits mais différents selon les régions. A Jérusalem un détenu a 45 mn par quinzaine pour voir sa famille. En Cisjordanie, il faut toujours une autorisation exceptionnelle délivré par l’armée pour avoir droit à la visite. Enfin, à Gaza, aucune visite n’a été permise depuis 2006… et cela pour tous les détenus, enfants, femmes et hommes….

Bref, le respect des conditions internationales n’est pas à l’ordre pour Israël…

Vous imaginez le soutien qui lui a été apporté par notre groupe qui a, il y a quelques mois, avait envoyé une délégation de parlementaire dans les prisons et qui ne cesse d’agir pour les 4700 prisonniers politiques palestiniens et palestiniennes.

Mais vous pourrez avoir l’occasion d’en savoir plus car Salah Hamouri restera un mois en France…Il sera aussi à la fête de l’Humanité…

 “La loi doit être la même pour tous…”, mais…

Il y a des cas où le législateur peut déroger…

J.O.du 30/06/2012

Conseil constitutionnel

- Décision n° 2012-259 QPC du 29 juin 2012
Communiqué de presse
(Statut civil de droit local des musulmans d ‘Algérie et citoyenneté française)

Statut civil de droit local des musulmans d’Algérie…

Vous êtes ici > Accueil > Français > Les décisions > Accès par date > 2012 > 2012-259 QPC

Décision n° 2012-259 QPC du 29 juin 2012
Décision n° 2012-259 QPC
Communiqué de presse
Décision de renvoi
Dossier documentaire
Audience vidéo
Commentaire
Version PDF de la décision
Décision n° 2012-259 QPC du 29 juin 2012
Faire un lien stable
M. Mouloud A. [Statut civil de droit local des musulmans d'Algérie et citoyenneté française]

Le Conseil constitutionnel a été saisi le 12 avril 2012 par la Cour de cassation (première chambre civile, arrêt n° 581 du 12 avril 2012), dans les conditions prévues à l’article 61-1 de la Constitution, d’une question prioritaire de constitutionnalité posée par M. Mouloud A., relative à la conformité aux droits et libertés que la Constitution garantit de l’article 3 de l’ordonnance du 7 mars 1944 relative au statut des Français musulmans d’Algérie.

LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL,

Vu la Constitution ;

Vu l’ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 modifiée portant loi organique sur le Conseil constitutionnel ;

Vu l’ordonnance du 7 mars 1944 relative au statut des Français musulmans d’Algérie ;

Vu l’ordonnance n° 62-825 du 21 juillet 1962 relative à certaines dispositions concernant la nationalité française, prises en application de la loi n° 62-421 du 13 avril 1962 ;

Vu le code civil ;

Vu le règlement du 4 février 2010 sur la procédure suivie devant le Conseil constitutionnel pour les questions prioritaires de constitutionnalité ;

Vu les observations produites pour le requérant par Me Patrice Spinosi, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation, enregistrées les 4 et 21 mai 2012 ;

Vu les observations produites par le Premier ministre, enregistrées le 4 mai 2012 ;

Vu les pièces produites et jointes au dossier ;

Me Spinosi, pour le requérant, et M. Xavier Pottier, désigné par le Premier ministre, ayant été entendus à l’audience publique du 19 juin 2012 ;

Le rapporteur ayant été entendu ;

1. Considérant qu’aux termes de l’article 3 de l’ordonnance du 7 mars 1944 relative au statut des Français musulmans d’Algérie : « Sont déclarés citoyens français, à titre personnel, et inscrits sur les mêmes listes électorales que les citoyens non musulmans et participent aux mêmes scrutins les Français musulmans du sexe masculin âgés de vingt-et-un ans et appartenant aux catégories ci-après :

« – anciens officiers ;
« – titulaires d’un des diplômes suivants : diplôme de l’enseignement supérieur, baccalauréat de l’enseignement secondaire, brevet supérieur, brevet élémentaire, brevet d’études primaires supérieures, diplôme de fin d’études secondaires, diplômes des Médersas, diplôme de sortie d’une grande école nationale ou d’une école nationale de l’enseignement professionnel industriel, agricole ou commercial, brevet de langue arabe et berbère ;
« – fonctionnaires ou agents de l’État, des départements, des communes, des services publics ou concédés, en activité ou en retraite, titulaires d’un emploi permanent soumis à un statut réglementaire, dans des conditions qui seront fixées par décret ;
« – membres actuels et anciens des chambres de commerce et d’agriculture ;
« – bachaghas, aghas et caïds ayant exercé leurs fonctions pendant au moins trois ans et n’ayant pas fait postérieurement l’objet d’une mesure de révocation ;
« – personnalités exerçant ou ayant exercé des mandats de délégué financier, conseiller général, conseiller municipal de commune de plein exercice, ou président d’une djemââ ;
« – membres de l’ordre national de la Légion d’honneur ;
« – compagnons de l’ordre de la Libération ;
« – titulaires de la médaille de la résistance ;
« – titulaires de la médaille militaire ;
« – titulaires de la médaille du travail et membres actuels ou anciens des conseils syndicaux des syndicats ouvriers régulièrement constitués, après trois ans d’exercice de leurs fonctions ;
« – conseillers prud’hommes actuels ou anciens ;
« – oukils judiciaires ;
« – membres actuels et anciens des conseils d’administrations des S.I.P. artisanales et agricoles ;
« – membres actuels et anciens des conseils de section des S.I.P. artisanales et agricoles » ;

2. Considérant que, selon le requérant, en interprétant cette disposition comme ne reconnaissant pas à certains musulmans d’Algérie s’étant vu accorder la « citoyenneté française » l’ensemble des droits attachés à cette citoyenneté, la Cour de cassation a conféré à cette disposition une portée contraire au principe d’égalité devant la loi ;

3. Considérant qu’aux termes de l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « La loi . . . Doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse » ; que le principe d’égalité ne s’oppose ni à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes, ni à ce qu’il déroge à l’égalité pour des raisons d’intérêt général, pourvu que, dans l’un et l’autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l’objet de la loi qui l’établit ;

4. Considérant que, d’une part, par la disposition contestée, le législateur a entendu conférer, en raison de leurs mérites, à certains Français musulmans d’Algérie relevant du statut personnel des droits politiques identiques à ceux qui étaient exercés par les Français de statut civil de droit commun domiciliés en Algérie ; que, d’autre part, lors de l’accession de l’Algérie à l’indépendance, l’article 1er de l’ordonnance du 21 juillet 1962 susvisée, ensuite codifié à l’article 32-1 du code civil, a prévu : « Les Français de statut civil de droit commun domiciliés en Algérie à la date de l’annonce officielle des résultats du scrutin d’autodétermination conservent la nationalité française quelle que soit leur situation au regard de la nationalité algérienne » ; que l’accession à la citoyenneté française à titre personnel en application de la disposition contestée ne permet pas, pour conserver la nationalité française, de bénéficier de l’application de l’article 32-1 du code civil qui ne s’applique qu’aux Français relevant du statut civil de droit commun domiciliés en Algérie le 3 juillet 1962 ;

5. Considérant que le principe d’égalité n’imposait ni que des personnes bénéficiant de droits politiques identiques soient soumises au même statut civil ni qu’elles soient soumises aux mêmes règles concernant la conservation de la nationalité française ; que les dispositions contestées n’ont pas pour effet de soumettre à un traitement différent des personnes placées dans une situation identique ; qu’il résulte de ce qui précède que le législateur n’a pas porté atteinte au principe d’égalité devant la loi ;

6. Considérant que l’article 3 de l’ordonnance du 7 mars 1944 susvisée n’est contraire à aucun autre droit ou liberté garanti par la Constitution ; qu’il doit être déclaré conforme à la Constitution,

D É C I D E :

Article 1er.- L’article 3 de l’ordonnance du 7 mars 1944 relative au statut des Français musulmans d’Algérie est conforme à la Constitution.

Article 2.- La présente décision sera publiée au Journal officiel de la République française et notifiée dans les conditions prévues à l’article 23-11 de l’ordonnance du 7 novembre 1958 susvisée.

Délibéré par le Conseil constitutionnel dans sa séance du 28 juin 2012, où siégeaient : M. Jean-Louis DEBRÉ, Président, M. Jacques BARROT, Mme Claire BAZY MALAURIE, MM. Guy CANIVET, Michel CHARASSE, Renaud DENOIX de SAINT MARC, Mme Jacqueline de GUILLENCHMIDT, MM. Hubert HAENEL, Nicolas SARKOZY et Pierre STEINMETZ.

Rendu public le 29 juin 2012.

 Lettre à Guéant : Le crachat et le rêve français, par Amine El Khatmi

 

Lettre à monsieur le ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration

 

Monsieur le ministre,

 

La sous-direction de l’accès à la nationalité française du ministère que vous dirigez vient de signifier à madame S. Boujrada, ma mère, le classement de son dossier et un refus d’attribution de nationalité. «Vous ne répondez pas aux critères», est-il écrit dans un courrier sans âme que l’on croirait tout droit sorti de l’étude d’un huissier ou d’un notaire.

 

Lire la suite

 Interdit de nationalité française

Pétition

La nationalité française refusée au journaliste Hernando Calvo Ospina

Pour:Monsieur le Ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration

 

L’écrivain et journaliste Hernando Calvo Ospina vient de se voir refuser la nationalité française au nom d’arguments incroyables.

Lire la suite

 L’école publique doit être l’école de tous les parents

Communiqué adopté par le Conseil Fédéral de la Fédération des syndicats SUD éducation réuni à Paris les 23 et 24 novembre 2011http://www.sudeducation.org/SUD-Education-refuse-qu-on.html
SUD Education refuse qu’on interdise aux mères portant un foulard d’accompagner les sorties scolaires

Pour le respect de la laïcité et contre toute stigmatisation du foulard musulman

En voulant interdire aux mères portant foulard d’accompagner des sorties scolaires à la maternelle et à l’école élémentaire, L. Chatel – et le gouvernement au nom duquel il officie – cherchent à activer les tendances xénophobes et racistes.

Lire la suite

 Claude Goasguen, Gilad Shalit et la binationalité

M. Goasguen veut supprimer la binationalité.

Chiche?

Et si sa proposition de loi était adoptée, il ne manquerait pas, pour marquer les esprits, d’ôter sa nationalité française à Gilad Shalit, le soldat franco-israélien détenu depuis cinq ans à Gaza…

M. Goasguen est président du groupe parlementaire d’amitié France-Israël.

Interview de Patrick Weil

http://www.liberation.fr/societe/01012344764-cela-contribuerait-a-la-desintegration-de-la-nation