8 mai 1945 – 8 mai 2013: Hommage aux oubliés de l’Histoire

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http://negreinverti.wordpress.com/2012/05/08/lautre-8-mai-1945-setif-et-les-premices-de-la-guerre-dindependance-algerienne/

8 mai 1945 – 8 mai 2013 – le MRAP rend hommage aux « oubliés de l’histoire »

Le 8 mai 1945 était signée la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie. Les peuples étaient « venus à bout de la bête immonde ».

Le MRAP se doit de rappeler inlassablement, qu’à cette victoire sur le IIIe Reich et le fascisme ont contribué, à côté des alliés –Soviétiques, Américains et Anglais pour la plupart – de nombreux immigrés venus d’Afrique noire et du Maghreb mais aussi de l’Europe toute entière.

Les uns avaient fui l’idéologie fasciste qui avait d’abord triomphé en Italie, puis en Allemagne et en Espagne ; d’autres, colonisés, espéraient que leurs peuples bénéficieraient eux aussi de cette liberté chèrement acquise pour sortir du statut colonial et devenir des citoyens de leur propre patrie.

On ne demandait pas alors aux combattants étrangers de la résistance s’ils mangeaient de la viande hallal ou s’ils avaient des papiers ! Qu’il s’agisse des Algériens, Marocains, Tunisiens, Africains, Antillais, Malgaches, de ceux du groupe Manouchian de la Main d’Œuvre Immigrée (MOI) désignés comme « terroristes » sur l’Affiche rouge, ou encore de ceux, notamment les Républicains espagnols, qui, dans des chars baptisés Guadalajara Ebro, Teruel, Brunete, Madrid – mais également Don Quijote ou Durruti – ont contribué à libérer Paris.

« Pourrions nous accepter que nos cimetières où se mêlent par milliers les croix chrétiennes, les étoiles juives et les croissants de l’Islam, soient ensevelies sous l’oubli et l’ingratitude ? », interrogeait le Général De Gaulle le 23 avril 1968.

Aujourd’hui, après les 5 années de xénophobie d’Etat du gouvernement Sarkozy et une campagne électorale 2012 durant laquelle, une droite – dont les composantes de droite extrême n’ont plus rien de républicaines – ainsi que le Front National – ont rivalisé dans l’abject, le racisme atteint des proportions particulièrement inquiétantes : 69% des Français estiment qu’il y a trop d’immigrés (+22% par rapport à 2009), le rapport de la CNCDH indique une hausse des menaces et actes racistes de 23%. Des thèses racialistes se développent.

Le MRAP espérait, avec l’élection de François Hollande et une majorité PS à l’Assemblée des changements notoires. Mais hélas, la douloureuse question des sans papiers demeurent inchangée : aujourd’hui un très grand nombre d’ enfants et petits enfants des combattants morts pour la France sont sans papiers, sans droits, sans reconnaissance. Ceux qui ont des papiers se voient toujours refuser le droit à la citoyenneté : le droit de vote aux résidents non communautaires, pourtant promesse du candidat François Hollande semble oublié. Ce n’est pourtant qu’une question de justice d’égalité, de dignité.

Ceux d’entre eux qui sont de nationalité française sont trop souvent victimes du racisme, de la relégation, de la discrimination.

Le MRAP tient également à rappeler que non seulement ces « indigènes » ont été exclus du défilé de la victoire du 8 mai 1945 à Paris, mais que, ce même jour, une répression terrible s’abattait en Algérie, sur la région de Sétif, parce qu’un drapeau algérien, symbole de l’indépendance, était brandi au cours d’un défilé célébrant la victoire. Il y eut alors des milliers de morts. Ces massacres préfiguraient ceux de dizaines de milliers de manifestants perpétrés à Madagascar par l’armée française face aux insurgés Malgaches qui avaient attaqué un camp militaire

En ce 8 mai 2013, le MRAP tient à rendre hommage à tous ces combattants venus d’ailleurs, « à ces étrangers et nos frères pourtant », qui ont lutté pour que la devise Liberté, Égalité, Fraternité ne soit pas un vain mot. Et quel meilleur hommage que de continuer leur lutte pour une société plus juste d’où le racisme aura enfin disparu, où le « vivre ensemble » l’emportera sur toutes les peurs et les haines.

Paris, 8 Mai 2013

 Stop à l’homophobie !

Stop-homophobie

lu dans les DNA

Sigolsheim / Mariage pour tous Thierry Speitel reçoit deux cartouches par courrier

Thierry Speitel regrettait les débordements qui ont sans doute causé d’irrémédiables dégâts parmi les jeunes homosexuels qu’il sait particulièrement fragiles.

Thierry Speitel, maire sans étiquette de Sigolsheim, a été destinataire ce matin en mairie d’une lettre comprenant deux cartouches scotchées à l’article des DNA daté du 26 avril dernier (voir l’article lié) dans lequel il s’exprimait sur son homosexualité. L’élu va déposer plainte cet après-midi à la gendarmerie de Kaysersberg.

C’est la secrétaire de la mairie de Sigolsheim qui a fait la découverte ce matin en ouvrant le courrier : deux balles en métal scotchées à l’article paru dans les DNA du 26 avril dans lequel le maire de la commune, Thierry Speitel, s’explique sur son homosexualité après l’adoption de la loi sur le mariage pour tous. L’article est recouvert de quelques mots, dont « … des malades… ». Thierry Speitel va déposer plainte cet après-midi à la gendarmerie de Kaysersberg à laquelle il apportera l’enveloppe et son contenu.

« C’est quand même violent. On a encore du boulot à faire en matière de tolérance », expliquait ce matin l’élu qui dit avoir reçu plus de 200 messages de sympathie après la publication de l’article dans les DNA et son passage dans l’émission La voix est libre le samedi 27 avril sur France 3 Alsace. Il signale toutefois quelques messages plus violents. « Je ne suis pas un chien. Je refuse de fermer ma gueule quand on me vise », disait-il encore ce matin. « M’envoyer des balles est un geste qui veut dire grosso modo qu’il faut me descendre. Je ne sais pas ce que je dois penser de tout ça. C’est abominable. »

Cette menace d’un élu alsacien ayant pris position sur le mariage pour tous renvoie aux menaces dont Fabienne Keller, la sénatrice UMP de Strasbourg, favorable à la loi, a été la cible la semaine dernière.

Dans l’article des DNA, Thierry Speitel en appelait au « bien vivre ensemble ». Il vit depuis plus de sept ans avec son compagnon, projette de se marier et « pourquoi pas » d’adopter des enfants. Il regrettait aussi qu’on en ait fait autant sur la loi. Je ne comprends pas la peur des uns et des autres. On n’est pas des sous-hommes. On n’a rien enlevé à personne. On a juste donné les mêmes droits à tout le monde» soulignait ce catholique pratiquant qui en appelle à la fraternité «une chose qui doit se cultiver tous les jours».

 Honte à ceux qui font de l’antisémitisme leur fond de commerce!

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Honte à ceux qui font de l’antisémitisme leur fond de commerce !

par Pierre Stambul

Des officines zélées (CRIF, BNVCA* …) ont pris l’habitude de dégainer instantanément pour faire taire toute critique de la politique israélienne.

Une propagande bien rodée

Vous vous réclamez du droit international, vous revendiquez l’égalité des droits pour les Palestiniens ? Vous êtes antisémites.

Vous dénoncez l’occupation et la colonisation ? Vous êtes antisémites.

Vous n’acceptez pas l’expulsion du peuple palestinien de son propre pays en 1948-49 et vous êtes pour le droit au retour des réfugiés palestiniens ? Vous voulez « jeter les Juifs à la mer » et vous êtes antisémites.

Le tribunal Russell sur la Palestine utilise les mots justes pour qualifier ce qui est à l’œuvre : apartheid, sociocide … ? Ce tribunal est bien sûr antisémite.

Sur le modèle de ce qui s’est fait en Afrique du Sud, 172 associations de la société civile palestinienne lancent un appel mondial au BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) de l’État d’Israël ? Les Palestiniens veulent bien sûr « achever l’œuvre des Nazis ». D’ailleurs « Arafat était un nouvel Hitler ». Et ceux qui pratiquent le BDS sont des antisémites.

Des personnalités juives françaises critiquent publiquement la politique israélienne ? On les traîne dans la boue. On fait un procès à Edgar Morin qui fut un grand résistant. On récuse la judéité et les combats dans la résistance de Stéphane Hessel et on proclame qu’il fut « un maître à ne pas penser » (lire Prasquier, président du CRIF). On orchestre une campagne de diffamation contre Charles Enderlin accusé d’avoir « bidonné » un reportage sur l’assassinat de Mohamed al-Durah. Tous ces Juifs critiques sont des « traîtres ayant la haine de soi », voire des Juifs nazis.

Les Pays-Bas décident de demander l’étiquetage des produits des colonies ? Cette décision est qualifiée d’antisémite. Et le ministre de l’intérieur israélien déclare que les Pays-Bas n’ont pas correctement indemnisé les Juifs néerlandais victimes du nazisme. Bref, vous leur parlez colonialisme, droit international, égalité des droits et ils vous répondent Shoah.

Comprendre ce qu’est l’antisémitisme …

C’est le christianisme qui a inventé l’antijudaïsme à la fin de l’Empire Romain quand il est devenu religion d’État. Il y a eu l’accusation de déicide et de crimes rituels, les stéréotypes racistes (« les Juifs veulent dominer le monde »), les nombreux interdits professionnels (notamment à la possession de la terre), les expulsions et spoliations répétées, l’enfermement dans les juderias et les ghettos, puis les pogroms qui commencent dès la première croisade et connaîtront leur apogée en Espagne et en Ukraine.

Une réécriture de l’histoire est en marche, à la fois pour masquer l’antijudaïsme chrétien et pour prétendre que les Juifs ont vécu l’enfer dans le monde arabo-musulman. Les Juifs ont eu le statut de « dhimmi » (= « protégé ») auquel avaient droit les adeptes des « religions du livre » non musulmanes : chrétiens, zoroastriens, juifs … Ce n’était certes pas la citoyenneté (elle n’existait nulle part à l’époque). Il y a eu des moments difficiles, mais rien de comparable (avant l’apparition du sionisme) avec les massacres et discriminations incessants subits par les Juifs dans l’Europe chrétienne. Et d’ailleurs c’est au Maghreb ou dans l’empire Ottoman que la majorité des Juifs expulsés d’Espagne trouveront refuge et accueil.

L’émancipation des Juifs commence en Europe à la fin du XVIIIe siècle et c’est paradoxalement elle qui va provoquer la transformation de l’antijudaïsme chrétien en antisémitisme racial. En sortant du ghetto et en se laïcisant, les Juifs deviennent une minorité invisible et un obstacle au rêve fou d’États ethniquement purs. Le consensus antisémite parmi les dirigeants européens apparaît en Europe dans une période d’exacerbation de nationalismes niant les droits de « l’autre ». C’est pourtant sur ce terreau idéologique qu’est né le sionisme.

… qui n’a rien à voir avec l’antisionisme

Les Juifs ont été les parias de l’Europe, réputés être des « asiatiques inassimilables ». Balfour était Premier ministre anglais en 1905. Il prononce devant la Chambre des Communes un discours antisémite virulent considérant les Juifs polonais comme des agitateurs révolutionnaires et il interdit leur immigration en Angleterre. Plus tard en 1917, il envoie à Lord Rothschild (choix pas vraiment neutre) la fameuse déclaration Balfour promettant aux Juifs que la Palestine (où moins de 10% de la population est juive) deviendra un « Foyer National Juif ».

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 Le calendrier interreligieux, une coproduction Roland Ries-Religions…

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A chaque jour suffit sa peine !

Les DNA du jeudi 24 janvier font état d’une “Première expérience du genre, le calendrier interreligieux”.

Jusque là tout va bien.

Le problème c’est que ce calendrier qui a pris 12 mois de gestation est piloté…par la Mairie socialiste de Strasbourg qui l’édite et l’a présenté à l’Hôtel de ville.
Il recense toutes les fêtes religieuses “des plus grandes communautés strasbourgeoises”. Chaque fête est expliquée en 10 lignes ( ce qui a donné lieu à des tractations entre cultes pour les définir quand elles sont communes) et chaque mois une grande fête est mise en évidence. Seule intruse…le 14 juillet…(sanctifié ?)
Cette opération est destinée à promouvoir “le vivre ensemble” et le “dialogue entre les différentes communautés” (religieuses).
Cet objet est destiné en priorité aux communautés religieuses et professeurs de religion, mais on peut se le procurer au Centre administratif.
La mairie serait-elle en train d’écrire un “nouveau Concordat” ?

Le Député-maire PS d’Argenteuil, en terre laïque, a fait mieux, il a fait voter au conseil municipal le 3 décembre 2012 une délibération créant un “Conseil des cultes”, toujours pour le vivre ensemble (l’équivalent du bureau des cultes sous concordat). Il a également institué une “journée de la spiritualité”. Le PRG, le PC, l’UMP, le Modem ont protesté et l’Observatoire de la laïcité du Val d’Oise étudie un recours au tribunal administratif.

On n’arrête pas le progrès.

Le Ciel vous bénisse !

C.H.

 Une étudiante exclue d’un cours pour port de hidjab

COMMUNIQUE DE LA COORDINATION CONTRE LE RACISME ET L’ ISLAMOPHOBIE

La Coordination contre le Racisme et l’islamophobie (C.R.I.) vient d’être sollicitée par une nouvelle victime de l’islamophobie dans le milieu universitaire qui accueille des adultes et qui n’est pas concerné par la loi du 15 Mars 2004 (dite loi contre le foulard).

Nous sommes scandalisés et dénonçons avec fermeté cette nouvelle atteinte aux droits des citoyens de confession musulmane que certains prennent pour un défouloir en continuant à les humilier en permanence, avec une extension grandissante de ces champs d’exclusion.

Une jeune étudiante de 24 ans a été exclue de la salle de cours de la Faculté scientifique de Nantes par un professeur de mathématiques qui lui a dit « retirez moi ça !» et l’étudiante lui a répondu « ça c’est un voile et la loi et le règlement m’autorisent à le porter car mon visage est découvert » et le professeur de lui dire « je m’en fous sortez d’ici !».

L’étudiante blessée et humiliée devant ses camarades a laissé ses affaires et est partie en pleurs au bureau du doyen de la Faculté mais celui était absent, elle s’est alors adressée à d’autres professeurs qui lui ont exprimé leur compréhension et ont condamné cette exclusion injustifiée.

Nous avons donc dans cette nouvelle affaire une démonstration , s’il en était besoin , que l’islamophobie est bien un fléau qui fait des ravages et que les pouvoirs publics doivent prendre en charge de manière sérieuse, en légiférant pour endiguer cette extension. Après les écoles, les lycées , les lieux de travail , les espaces de loisirs, les restaurants, les moyens de transport, les auto-écoles , les centres de formation, etc… voici que les universités subissent à leur tour l’expression abjecte d’extrémistes qui attisent la haine et mettent en danger le vivre ensemble ici et ailleurs.

Etant donné que cette jeune étudiante est d’origine tunisienne et qu’elle fait partie de l’élite venue enrichir le savoir universitaire , (sans avoir à subir les humiliations et exclusions) , nous demandons à l’Ambassade de Tunisie en France de prendre sa défense et d’interpeler les autorités de tutelle pour exiger des sanctions contre ce professeur venu déverser sa haine au lieu de transmettre son savoir.

Une plainte a été déposée et la Coordination contre le Racisme et l’islamophobie mettra tout en œuvre pour que ce genre d’injustices cesse et que des sanctions appropriées soient prononcées pour prévenir d’autres dérapages.

Fait à Lyon le 17 Janvier 2013 www.crifrance.com

 Statut religieux d’Alsace-Moselle en débat au Club 3 et aux Etats généraux du christianisme

Jean-Marie Woerhling de l’Institut du Droit local d’Alsace-Moselle a présenté le statut particulier des religions reconnues (ou statutaires, selon le conférencier) en Alsace-Moselle.

On sait que de nombreux textes datant de plusieurs époques, française et allemande, régissent les religions dans la région faisant de celle-ci une exception dans la République française, puisque en particulier, la loi de séparation des églises et de l’État, loi de 1905, ne s’y applique toujours pas. Ainsi, les curés, les pasteurs, les rabbins sont payés par le ministère de l’Intérieur, selon la grille de la Fonction publique; des cours de religion sont réputés obligatoires dans l’école publique du primaire au secondaire. Deux facultés publiques de théologie appartiennent à l’Université de Strasbourg. Et le président de la République nomme avec le pape, l’évêque de Strasbourg!

Les défenseurs de ce système prétendant que les Alsaciens-Mosellans y sont attachés, sans que jamais on ne leur ait demandé leur avis.
Ces questions sont revenues dans l’actualité depuis que le président Hollande a proposé d’introduite la loi de 1905 dans la Constitution alors que la laïcité y figure déjà, tout en faisant une exception pour l’Alsace-Moselle, ce qui aggraverait la situation en gravant dans le marbre la non-laïcité de cette région.

Une affaire récente de “blasphème” supposé a donné lieu à une plainte de milieux intégristes catholiques après que le Conseil français du culte musulman s’était posé cette question lors de la récente affaire Charlie-hebdo.

Un blasphème en plein 21e siècle! On croit rêver. Ce texte de loi est l’exemple le plus radical du caractère obsolète, caduc et archaïque du statut des religions ici. Mais rien ne bouge, et même, certains proposent que ce système soit étendu à toute la France et à ‘Europe! A gauche, beaucoup de courants politiques ont renoncé à lutter sur ce terrain. cependant, la laïcité est défendue depuis des années en particulier par l’Association Laïcité d’Accord dont deux membres étaient présents à la conférence où se trouvait aussi l’ex Inspecteur général Robillart, le Grand-Rabbin de Strasbourg, René Gutmann et Janine Elkouby..

Club 3 Woehrling 4

Club 3 Woehrling 4

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Novembre 2012

Petit compte-rendu d’un débat qui n’a pas eu lieu.

Fin octobre à l’Hôtel de Région, lors des états généraux du christianisme, on a pu entendre des choses surprenantes. Je rassure les athées convaincus, il n’y a pas été question de foi. La conférence-débat annoncée portait sur le problème du concordat. A la question de l’animatrice, pourquoi un régime religieux particulier en Alsace et en Moselle, les trois partisans du Concordat qui occupaient la tribune (Ph.Richert, F.Messner et J-F.Collange) ont tenté de répondre en reformulant la question : qu’est-ce qui justifie le maintien du concordat. A quoi il sert ? On sentait le malaise d’avoir à se justifier (c’est le terme qui a été plusieurs fois utilisé).

Du côté des réponses on trouve à peu de chose près les mêmes arguments : Pour PH.Richert la religion et le concordat permettent l’apprentissage du vivre ensemble en évitant les tensions. Pour F.Collange la religion façonne la société et crée du lien social ce que reprend F.Messner. Bref, les cultes c’est utile. Et F.Collange d’enfoncer le clou et de déclarer que les cultes doivent être financés comme des services publics qu’ils sont. Et de citer Napoléon « Un curé et un pasteur ça vaut dix gendarmes. » On croit rêver. Voilà qui traduit un singulier désir d’ordre et une basse soumission aux séductions de l’Etat. On aura encore l’occasion un peu plus tard d’entendre une brillante démonstration pédagogique de Ph.Richert qui, prenant l’exemple du métro parisien, qui bénéficie surtout aux Parisiens, Franciliens et qui est pourtant financé par l’impôt et donc par tous, en conclut qu’il n’y a rien de choquant à que les cultes d’Alsace et de Moselle soient financés par l’ensemble des contribuables français. Le métro sans doute aussi une affaire de foi, de conviction, de croyance. C’est ce qu’on ne peut qu’en conclure. Pour M.Richert, comme pour les partisans du maintien du concordat, service des croyances et services publics doivent être traités sur un pied d’égalité et bénéficier du financement public et, à la tribune et dans la salle, on se plait à rêver un instant à l’extension du régime d’exception d’Alsace et de Moselle. Et M.Messner de surenchérir en affirmant que ce n’est pas le financement des cultes (pourtant interdit explicitement par l’article 2 de la loi de 1905) qui pose problème mais l’interdiction de ce financement qui crée des discriminations et rompt le principe constitutionnel d’égalité. Édifiant.

B.Anclin

 Lettre ouverte au Premier Ministre

Lettre ouverte au Premier Ministre

Monsieur le Premier Ministre,

Voilà désormais 6 mois que votre Gouvernement est en place. La charge est lourde, le contexte difficile. Nous ne sommes pas de ceux qui dressent dès maintenant des appréciations définitives ou entretiennent des polémiques. Pour autant, nous devons vous exprimer notre très grande déception sur la politique que votre Gouvernement conduit jusqu’ici à l’égard des étrangers.

Sur cette question du « vivre ensemble » – l’une des plus sensibles – les premières annonces et décisions nous ont laissés perplexes. Les pratiques qui ont suivi nous sont insupportables.

En juin, conformément aux engagements du Président de la République, une circulaire annoncée par le ministre de l’Intérieur prétendait interdire le placement d’enfants en rétention administrative. Elle exclura Mayotte – département français – qui concentre à lui seul plus de 90 % des placements d’enfants. Etrange conception de la République et du principe d’égalité des droits…

En juillet, nous exprimions une demande urgente pour que les taxes exorbitantes que doivent payer les étrangers lors de la délivrance d’un titre de séjour soient drastiquement révisées dans le projet de loi de finances rectificative. La réforme que nous appelions relevait à l’évidence des mesures de justice fiscale tant annoncées les mois précédents. Trois mois plus tard, les modifications que vous acceptez dans le projet de loi de finances 2013 sont marginales et ne changent rien à l’injustice qui frappe des personnes en situation de précarité.

En août, deux ans après un discours de Grenoble internationalement condamné, votre Ministre de l’Intérieur a cru opportun de remettre sur le devant de la scène médiatique la question des campements de Roms et de relancer ainsi la stigmatisation de ces quelques milliers de personnes. Les évacuations qui ont suivi, violentes, brutales, répétées, ont soulevé un tollé jusqu’à la Commission européenne. Votre décision de convoquer une réunion interministérielle en plein mois d’août et d’édicter une circulaire signée de sept ministres semblait traduire votre volonté de mettre un terme à cet emballement et de clore ce chapitre déjà sombre. Deux mois plus tard, force est de constater que les évacuations continuent dans les mêmes conditions, avec le même zèle destructeur et la même indifférence des services de l’Etat à l’égard de la souffrance des familles et des enfants.

En septembre, les migrants exilés dans le Calaisis ont retrouvé les pratiques et le rythme connu naguère des expulsions de squat, des violences et des destructions de leurs maigres affaires. 10 ans après la fermeture du centre de Sangatte, la seule réponse apportée par l’Etat semble rester celle du harcèlement policier et du mépris de la notion élémentaire de protection des personnes.

En octobre, le premier projet de loi annoncé par votre Gouvernement sur l’immigration porte sur la création d’une « garde à vue » spéciale pour les étrangers. Sans doute un arrêt récent de la Cour de Cassation rend la tâche difficile aux fonctionnaires de police. Mais quel symbole ! Celui d’un Gouvernement dont le premier projet de loi adopté sur le statut des étrangers propose une nouvelle disposition destinée à faciliter les expulsions du territoire…

Certes, une circulaire vient d’être diffusée pour faciliter l’accès à la nationalité française en revenant sur des obstacles instaurés par le Gouvernement précédent. S’il faut s’en féliciter, ne nous leurrons pas ! Elle ne saurait donner le change au reniement inavoué de votre Gouvernement à la promesse présidentielle concernant le droit de vote des étrangers aux élections locales. Elle ne saurait non plus masquer le report de mois en mois de la circulaire de régularisation des sans-papiers, elle aussi promise par le Président de la République – il évoquait des critères prenant en compte l’insertion par le travail ou l’activité, la famille, la scolarité et l’ancienneté de séjour.

Et nous ne pouvons oublier l’absence totale de calendrier, de contenu et de méthode de travail pour préparer la réforme législative qui s’impose sur le statut des étrangers et le droit d’asile. Après les lois de 2003, 2007, 2008, 2011, toutes inspirées par la séduction que voulait exercer l’ancienne majorité sur l’électorat le plus réfractaire à l’immigration, une nouvelle législation est indispensable pour réparer la dégradation du statut des étrangers et corriger ses effets sur leur précarité sociale. Qu’en est-il de vos intentions ? A ce jour, seul le silence fait face à nos questions…

La mise en œuvre d’une politique d’immigration et d’asile équilibrée est complexe dans le contexte actuel. Mais cela ne justifie pas que des mesures de justice et d’apaisement pourtant annoncées soient abandonnées avant même d’être créées ; cela ne justifie pas que la seule parole de votre Gouvernement sur le sujet soit celle du ministre de la police ; cela ne justifie pas que vos instructions soient négligées par certains services de l’Etat et que des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants soient encore traités indignement.

Monsieur le Premier Ministre, nous attendons que des convictions fortes soient exprimées, nous attendons un programme concret, des mesures claires et ambitieuses. Il ne vous est plus possible de continuer à gérer l’héritage des lois antérieures conçues pour « cliver » les uns contre les autres.

Les attentes sont fortes, ne les décevez pas !

Guy Aurenche, Président du CCFD Terre Solidaire

Christophe Deltombe, Président d’Emmaüs France

Pierre-Yves Madignier, Président d’ATD-Quart Monde

Patrick Peugeot, Président de la CIMADE

François Soulage, Président du Secours Catholique