“HommeMort”, une semaine après: des interprétations variées , mais surtout ne pas parler d’Etat policier…

dna 220513

Il ne s’autorise que de lui-même”, j’ajouterai “… et de quelques autres“.  Les non-dupes errent
Après une semaine de battage médiatico-policier autour de “HommeMort”, un vent de relativisation souffle, au moins dans les médias, comme dans les DNA de ce mercredi 22 mai.
En “une”, “Vraie prudence, fausse menace?“, avec un révolver policier en gros plan.
On peut aussi penser, à la lecture attentive du message déclencheur, que, soit le fabulateur est assez au courant des symptômes du mal-être de certains jeunes, soit qu’il s’agit d’un vrai appel au secours, qui, une fois la super-médiatisation réussie, au-delà de toute espérance, ne passerait pas à l’acte, ni tourné contre lui-même, ni contre d’autres.

Un commentaire n ‘est jamais fait dans les médias, qui consiste à souligner, comme on l’a fait ici déjà, que la mobilisation sécuritaire à l’occasion de ce fait divers virtuel, a une fonction éminemment politique dans la perspective d’habituer toujours plus la population qui craint pour sa sécurité, à s’en remettre à un État “protecteur” policier. Les médias instantanés en tout cas surfent depuis longtemps déjà sur ce type d’événements.
Admettons un moment que ce soit un jeune très mal dans sa peau.
Tout ce qui suit est dans le message:

“Je” vis chez mes parents, je suis sans emploi, je n’ai pas terminé mes études. J’en ai marre. Toute ma famille se moque de moi. Je suis dans une situation merdique. Tout le monde me rabaisse. Je n’ai plus d’amis depuis le collège.Je suis désintéressé de l’IRL (In Real Life, la vie réelle). Je passe mon temps sur Internet, à des jeux-vidéos.Les gens se sont éloignés de moi. Ma mère m’a coupé Internet, a vendu mes consoles, pour me faire sortir à nouveau. Cela n’a pas marché. Je reste asocial. Je déteste ma mère encore plus. Quelques années plus tard, je me sens insignifiant.J’ai arrêté la fac après 6 mois. Les gens sont faux autour de moi. Me lever le matin n’a aucun intérêt. Je veux avoir un intérêt? [Inter-esse=être entre les autres, vivre ensemble!]. Dehors, il n’y a que des larves.

Le réalisme de cette auto-description des symptômes d’un type de maladie psychique actuelle d’une minorité de jeunes, est tel que si ce n’est pas un éventuel patient, ce pourrait être un psychiatre…

Un psychiatre sur France bleu Alsace affirme le contraire:
DNA

Les menaces de l’internaute HommeMort postées à Strasbourg

Un psychiatre relève trois éléments “atypiques” qui plaident pour le canular
Ce matin, sur France Bleu Alsace, le psychiatre et criminologue Roland Coutanceau a donné quelques éléments d’analyse du texte de l’internaute “HommeMort”, posté le 14 mai depuis un cybercafé de Strasbourg, qui plaident, une fois de plus, pour le canular…

Interrogé ce matin, au lendemain de la décision du procureur de la République de Strasbourg d’ouvrir une information judiciaire pour “diffusion de fausse information”, Roland Coutanceau se livre à une analyse du texte posté le 14 mai par un internaute anonyme, “HommeMort” qui menaçait de semer la terreur dans un lycée avec une arme semi-automatique. Pour le psychiatre, ce texte contenait effectivement des éléments alarmants renvoyant à “l’imaginaire potentiel d’un meurtrier de masse”.

Mais Roland Coutanceau relève aussi trois éléments “atypiques” qui plaident pour le canular :

- l’internaute recherché par la police s’est exprimé dans un espace de jeu, le forum des 18-25 ans de jeuvideo.com

- il “donne une chance à la police” en l’invitant à l’arrêter avant la date fatidique du vendredi 17 mai, jour pour lequel il dit programmer son action

- il annonce son intention de passer à l’action et de commettre un acte dans lequel il laissera lui-même sa vie, ce qui serait inhabituel pour un meurtrier qui envisage d’opérer dans un établissement scolaire.
Ch.B.
On peut réécouter l’interview de Roland Coutanceau sur France Bleu ci-dessous (son intervention est à 1mn40)

F2C
On peut interpréter les “trois éléments atypiques” autrement.
- ce n’est pas d’abord, ou pas du tout, un meurtrier, mais un suicidaire
- il souhaite que son entreprise soit interrompue
- il s’exprime là où il en a l’habitude

Archives

Hikikomori: http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http://psyzoom.blogspot.fr/2012_06_03_archive.html&title=ici
Phobie sociale: http://fr.wikipedia.org/wiki/Phobie_sociale
Communauté hikikomori: http://hikikomori.e-monsite.com/
France-Japon: http://hikikomori2013.sciencesconf.org/

Archives Feuille de chou

http://la-feuille-de-chou.fr/archives/50233

http://la-feuille-de-chou.fr/archives/50371

http://la-feuille-de-chou.fr/archives/50371

 

 Autisme: La main à l’oreille

la main à l'oreille

La Feuille de chou a reçu:

L’association La main à l’oreille que j’ai fondée en 2012, année de l’autisme Grande Cause Nationale a été reçue au ministère dans le cadre de la préparation du 3ème plan Autisme. Nous y avons porté des propositions ouvertes, visant à promouvoir la place des personnes autistes dans la Cité, sans nous référer à une norme sociale ou comportementale.

L’on nous a assurés que le ministère souhaitait la pacification et n’avait pas vocation en tout état de cause à prendre parti dans les querelles de méthode.
Or, la publication du 3ème plan autisme, totalement mono orienté et les déclarations martiales de la ministre qui l’accompagnent vont dans le sens inverse.

La ministre ayant jugé bon de nous convier à soutenir sa candidature à la mairie de Marseille, je me suis efforcée de lui répondre par la présente lettre, que je vous serais très reconnaissante de bien vouloir faire connaître dans votre entourage et la diffuser au plus grand nombre.

Je suis à votre disposition toutes les références et précisions que vous souhaiteriez et vous présente mes salutations les plus sincères.

Mireille Battut
Présidente

http://lamainaloreille.wordpress.com
lamainaloreille@gmail.com

 Déprimant… l’Obs bipolaire.

bipolaire

Tribune libre

Le Nouvel Obs «Spécial Dépression» titre sur le «nouveau mal du siècle», la bipolarité. Rien à voir avec «une électrode terminale pour batterie bipolaire comprenant un disque renfermant un fil de sortie ou un collecteur de courant de métal.».Le fonctionnement de ma batterie bipolaire me paraît presque aussi abscons, que le dossier un peu racoleur de l’Obs. de cette semaine .Ses plumitifs Diafoirus ont fait fort, et si d’aventure vous avez investi dans une consultation low cost à 3,50 euros l’exemplaire au lieu d’un divan à 100 euros chez un psy qui a pignon sur rue, le «Pignon» du dîner de cons de l’Obs, ce sera vous. Car si vous vouliez tout savoir sur la dépression, d’où elle vient, comment on la soigne, c’est raté. Pour l’hebdo des bobos cultureux, la dépression dite bipolaire -c’est à dire avec des phases d’abattement et d’exaltation- serait avant tout l’apanage des poeple du show biz , Kim Novak ou Benoît Poelvoorde sans oublier les bipolaires célèbres, de Van Gogh à Lincoln, Hemingway, Churchill,etc. Une mode en quelque sorte, le «bipolaire style» que l’on afficherait en société pour faire l’original ou le romantique ténébreux. Certes, certes, tout cela est très tendance mais n’apportera aucune lumière, ni espoir de remède aux près de trois millions de Français non bobos diagnostiqués bipolaires par le corps médical. Bipolaire ou non, la dépression est une véritable maladie qui mérite d’être soignée par des praticiens compétents, neuropsychiatres de préférence, cliniciens du mal-être. Ces derniers arrivent parfois à faire des miracles quand le divan du psy ne vous impressionne plus. S’appuyant sur des études menées dans le monde entier, ils vous proposeront peut-être un médicament inattendu mais efficace là où aucun antidépresseur n’avait agi. Ces praticiens de la dépression au quotidien vous informeront également sur la technique dite de stimulation magnétique transcrânienne (TMS).Il s’agit d’une alternative aux sinistres électrochocs qui consiste à stimuler des zones du cerveau par des impulsions magnétiques brèves et indolores pour le traitement de certaines formes de dépression et de schizophrénies. Une trentaine de centres, souvent privés ,sont désormais équipés, selon le psychiatre David Szekely (CHU de Grenoble).Les autorités de santé n’ont pas encore donné leur feu vert à ce nouveau traitement de la dépression que les États-Unis, le Canada ou Israël utilisent avec succès.. En attendant que les essais cliniques soient validés, l’automatisation de la procédure à l’aide d’un robot est en cours d’expérimentation à Strasbourg. Le neuropsychiatre Jack Foucher a testé sur lui-même cette nouvelle application automatisée qui devrait révolutionner le traitement de la dépression.
Mais tout cela, vous ne le lirez pas dans le Nouvel Obs qui vous proposera en revanche un test à la mord-moi le psy où l’on vous demandera notamment si vous laissez votre linge dans la machine à laver un 1/4h, deux jours ou un mois. Si le test conclut à une ”normalité pathologique”, il vous faudra ”consulter de toute urgence” un psy du Nouvel Obs. ou courir voir le film ”Happiness Therapy”…dont l’héroïne, sous Xanax, en phase d’exaltation, couche avec tout son bureau..A quand un dossier sur la sexothérapie? On en redemande..
josé meidinger

 Des psychiatres entrent en résistance contre les soins sans consentement


Tandis que la loi réformant l’hospitalisation d’office est entrée en vigueur le 1er août, des psychiatres et défenseurs des droits de l’homme appellent la profession à une « résistance éthique » contre ce texte jugé liberticide.
Avec la promulgation de la loi du 5 juillet 2011 sur les soins psychiatriques sans consentement, les psychiatres ont peut-être perdu une bataille contre ce texte décrié mais peut-être pas encore la guerre. Le 1er août, jour de l’entrée en vigueur de la nouvelle législation qui réforme l’hospitalisation d’office, les organisations signataires du collectif Mais c’est un homme, dont l’Union syndicale de la psychiatrie (USP), ont publié une « déclaration d’entrée en résistance » contre ce texte. « Nous ne devons respecter les lois que si elles-mêmes respectent le droit, en l’occurrence les libertés individuelles et l’intimité privée », considèrent les signataires, qui proposent « un plan d’action et de résistance éthique ».
Le collectif appelle notamment les psychiatres et soignants à refuser « tout programme de soins contraint à domicile », tel que le prévoient la loi du 5 juillet et ses décrets d’application du 18 juillet. « De même, il faut opposer un refus de tout avis médical sans avoir pu examiner le patient » comme cela est envisagé dans les textes. Le collectif encourage également à saisir systématiquement le juge des libertés et de la détention tout en s’opposant au recours d’audience judiciaire par visioconférence. Moyen pourtant privilégié par le législateur au regard des problèmes structurels de la Justice. Il est également important pour les psychiatres, poursuivent les signataires, d’informer suffisamment le patient dans les 72 premières heures de son hospitalisation d’office durant lesquelles doit s’élaborer le programme de soins sans consentement. Le collectif souhaite également mettre en place un pôle d’avocats et de juristes pour soutenir les recours et défenses des patients soumis à des soins sans consentement. Ce plan d’action passe enfin par « la construction d’un observatoire national de suivi de l’application de cette loi » assurant « le recueil de données, l’alerte aux droits des personnes soumises aux soins sans consentement » et rapportant aux autorités compétentes en matière de respect des libertés individuelles, indique le collectif.

Le sort des patients.

À ce jour, près de 1 500 personnes de tous horizons ont paraphé cette déclaration d’entrée en résistance vis-à-vis d’une nouvelle législation qui peine déjà à se mettre en place en cette période estivale. L’initiative du collectif Mais c’est un homme semble cependant être considérée avec une certaine distance de la part d’une grande partie des syndicats de psychiatres, à l’image du Comité d’action syndicale de la psychiatrie (CASP), qui réunit les principales organisations représentatives de la profession. « Aucune organisation professionnelle ne devrait donner comme consigne de ne pas appliquer la loi », estime le Dr Alain Vaissermann, président du CASP. « Ce qui nous importe au quotidien, c’est le sort des patients. Si, par exemple, avec la nouvelle loi, les professionnels ne peuvent plus faire de sorties d’essai, ils seront bien obligés de faire des programmes de soins. On ne va pas laisser moisir un patient à l’hôpital par refus d’appliquer la législation. » Pour le Dr Vaissermann, « l’application concrète de la loi va poser suffisamment de problèmes pour que le législateur revienne dessus ».
› DAVID BILHAUT
 du 24/08/2011