Vous avez dit “République écolosocialiste”?

Réforme et révolution, une histoire ancienne et perpétuelle

N’importe quoi : la « République écosocialiste » titre « Le NPA à la rescousse du PS ! »

On comprend maintenant la logique de ce groupuscule républicain-socialiste-national-écologiste qui après avoir attaqué la Feuille de chou, confirme son orientation opposée aux courants anticapitalistes de la gauche radicale.

Le nationalisme se lit dès le début de leur texte : « il y a la politique monétaire voulue par Merkel d’un côté, et de l’autre côté, la politique monétaire conforme aux intérêts des pays du sud, ».

Au lieu de dénoncer et combattre la politique monétaire voulue par la commission de Bruxelles, c’est à dire par les ministres des finances de tous les pays européens, et d’y opposer une politique favorable aux peuples et aux travailleurs, ils se situent sur un plan national entre le nord et le sud de l’UE. Il est vrai que l’Allemagne, mais aussi la France et d’autres grosses pointures écrasent leurs propres classes ouvrières et celles du sud. Mais pourquoi transformer ça en conflit de nations, plutôt qu’en conflit de classes ?

C’est ainsi que le PG a inventé le « protectionnisme solidaire », comme Montebourg au gouvernement qui le prône sans le réaliser, encore heureux ! Car les mots ont un sens. Protectionnisme, même affublé d’un prétendu « solidaire », de sa propre bourgeoisie, en l’occurrence, signifie qu’il faudrait choisir entre protéger les intérêts des travailleurs français contre ceux des travailleurs espagnols ou italiens ou allemands ou marocains ! Dans ce cadre, travailler français en France, c’est exporter le chômage ! Belle solidarité entre travailleurs !

Républicanisme quand tu nous tiens !
« Il est incontestable que les formes actuelles de gouvernement, assavoir (sic) la république parlementaire, a (sic) les limites propres de la société dans laquelle elle est née. Il n’en demeure pas moins que les formes qui pourraient naître ultérieurement seront républicaines dès lors qu’elles seront anticapitalistes.” !!!

Révolution permanente par la loi !!!
« L’alternative au système naîtra d’une révolution permanente inscrite par la loi à l’ordre du jour de toutes les batailles, qu’elles soient institutionnelles ou dans la rue. »
Réveillez-vous Marx, Lénine et Trotski, ils sont fous !

Ils veulent que la révolution s’écoule dans leur ruisselet bien propret !
« nous posons que les batailles écosocialistes ne peuvent être révolutionnaires que si elles sont républicaines< /em> » Ils vont contrôler la marchandise!
Comme si le caractère révolutionnaire d’une mesure ou d’un mouvement ne se mesurait pas aux atteintes à la propriété capitaliste des grands moyens de production !

La radicalité du PG, c’est dire des gros mots, comme « salopards ». Heureusement qu’à Goodyear ou ArcelorMittal, Fralib, etc, nos camarades ouvriers manifestent une autre radicalité !

Qui peut croire que le NPA est le « chien de garde du système» ?. C’est cuikildikilè!
« P
endant ce temps, le NPA joue le rôle de chien de garde du système, dont il emploie étonnement les mêmes mots (« populisme », « Mélenchon « éructe » même pour « Schlomo »!). »

Les jeunes militants de ce courant, sont, hélas, déjà vieux, à force de répéter des billevesées démenties depuis longtemps par l’histoire réelle du mouvement ouvrierinternational.

Avec leur drapeau tricolore, leur Marseillaise, leur national-républicanisme, ils ont déjà le bagage d’une future aile gauche du Parti socialiste où ils rejoindront leur petit camarade à la marinière franco-française, Arnaud Montebourg.

 Le malencontreux texte du Grand Rabbin de France contre l’homoparentalité [Opinion, in Le Monde]

26/10/2012 – L’essai que vient de publier le grand rabbin de France sur le site internet du CRIF est étonnant à plus d’un titre. Relevons tout d’abord son caractère violemment homophobe. La terminologie utilisée est quasiment guerrière. A au moins trois reprises, le terme de “cheval de Troie” est utilisée. Les homosexuels, par diverses stratégies, chercheraient à réaliser un ambitieux projet, la négation de toute différence sexuelle (p. 14), le combat contre l’hétérosexualité (p. 20), l’effacement de différences sexuelles (p 17), le combat contre l’actuel modèle familial (p.20), le projet politique de détruire le mariage : ” L’objectif des militants serait finalement la destruction pure et simple du mariage et de la famille “. Et à nouveau dans la conclusion, ” le mariage homosexuel comme un cheval de Troie dans l’entreprise de nier la sexuation… pour dynamiter les fondements hétérosexuels de notre société “. A l’image du mythe dans l’Iliade et l’Odyssée, ce serait une malédiction. L’homophobie, la peur des homosexuels. Ici, il ne s’agit plus de peur mais de terreur. Comment qualifier autrement ce discours quasiment guerrier ?
Il faut se rappeler que le grand rabbin de France a été, avec son homologue bouddhiste, un des rares hauts dignitaires religieux à signer la déclaration contre l’homophobie à l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie en 2011. Déclaration qu’il a ensuite diffusée auprès de tous les rabbins consistoriaux en juin 2012. Cette déclaration condamnait notamment tout acte de violence verbale et physique à l’encontre des homosexuels. Comment le même homme peut-il ensuite signer le brûlot qu’il vient de publier ? Ce d’autant que la religion juive s’est toujours honorée, y compris dans son rituel à bénir et respecter les lois de la République.

Pourquoi s’étonner que le grand rabbin tienne un pareil discours homophobe ? Après tout la Torah qualifie l’homosexualité masculine d’abomination et condamne à mort ceux qui commettent cette abomination. Mais le grand rabbin se défend dans son introduction d’appuyer son discours sur les Ecritures, malgré plusieurs pages consacrées à la fin de l’essai à la vision biblique de la complémentarité homme-femme. Il nous explique que l’humanité est faite de la différence sexuelle et que notre finitude, à savoir l’autre sexe à jamais inaccessible, est une marque de notre humanité. Pour mieux combattre les revendications ayant trait au mariage et à l’homoparentalité, il prête aux homosexuels rien de moins que l’intention de détruire la dimension sexuée de l’individu. Qui veut tuer son chien dit qu’il a la rage ! A l’appui de son argumentation, il reprend à son compte mot pour mot l’argumentaire de la Conférence des évêques de France dans la controverse de 2011 sur l’enseignement du genre en classe de 1ere SVT.

“La théorie du genre”
Selon cette argumentation, les revendications d’égalité des homosexuels s’appuieraient sur “la théorie du genre”. Or, il n’existe pas de théorie du genre mais des études de genre. Le genre est un concept et un champ d’études. Si le grand rabbin fait l’effort de définir la notion de “genre” comme rôle social relatif aux normes imposées par la société, il tombe dans le travers qui consiste à simplifier à l’extrême, au point de tordre les mots et de falsifier la notion, en attribuant aux théoriciens du genre la définition des individus par leur orientation sexuelle plutôt que par leur sexe. Or, ce qui intéresse les études de genre, c’est l’articulation entre identité sexuelle et orientation sexuelle, comment par exemple l’hétérosexualité façonne les normes de masculinité et de féminité. L’orientation sexuelle ne vient donc nullement remplacer l’identité sexuelle, comme le prétend le grand rabbin.

Il peut être amusant de souligner que certains écrits de la mystique juive, “queers” avant l’heure, révèlent d’autres relations entre le masculin et le féminin que celles de la différence irréductible des sexes. Charles Mopsik (1956-2003), spécialiste de la Kabbale, relève que les kabbalistes considéraient comme une grave anomalie le fait qu’un homme ou qu’une femme ne comporte pas en lui la valence sexuelle opposée. L’un d’entre eux, Jacob Koppel Lifschietz, un mystique juif du dix-huitième siècle, allait encore plus loin. En s’appuyant sur le Zohar (1,137b), l’un des principaux livres de la mystiques juives : “chaque espèce aime son espèce, chaque genre est attiré par le même genre”, il affirmait en 1803 que le masculin était attiré par le masculin, le féminin par le féminin et non l’inverse. Certains kabbalistes peinaient donc à admettre que le féminin puisse désirer le masculin et réciproquement. Il leur était plus facile d’expliquer, sur un plan théorique, le désir pour le même sexe que pour le sexe opposé. Jacob Koppel Lifschietz résout le paradoxe de l’hétérosexualité de la manière suivante : c’est la présence simultanée du masculin et du féminin au sein de chaque individu qui rend possible le désir de l’homme pour la femme et de la femme pour l’homme dans la mesure où c’est le féminin dans l’homme qui l’attire vers la femme, de même que c’est le masculin dans la femme qui est la clé de son attraction pour l’homme.

Quoi qu’il en soit, les homosexuels s’appuieraient sur “la théorie du genre” pour mener à bien leur entreprise de sape des fondements hétérosexuels de la société. Or, pour quiconque se donne la peine de se pencher sur le vécu des familles homoparentales et la manière dont elles élèvent leurs enfants, il sera évident qu’aucune théorie du genre n’est mise en avant pour justifier leurs revendications à l’égalité et à la protection de leurs enfants. Bien plus, un travail de sociologie encore en cours de Camille Frémont, sous la direction de Didier Le Gall, semble montrer que malgré (ou à cause de) la structure homoparentale de ces familles, elles transmettent les normes de genre à leurs enfants tant elles sont prises dans un désir de conformité et d’intégration pour leurs enfants. En quoi les familles homoparentales détruisent-elles la réalité sexuée de l’humanité ? L’altérité sexuelle de l’humanité ne pourrait pas se transmettre aux enfants élevés dans un foyer homoparental ? Des centaines d’études nous démontrent le contraire.

Ce que l’homoparentalité révèle
Les enfants nés dans les années 1970 et postérieures et élevés dans de tels foyers aujourd’hui sont adultes aujourd’hui, souvent parents à leur tour. Ils ont grandi en tant que garçon, puis homme ou en tant que fille puis femme. Certains sont homosexuels, mais la plupart ne le sont pas. Deux parents de même sexe, sont deux mères ou deux pères. Deux mères, ce sont des femmes, ce ne sont pas des êtres asexués. Deux pères, ce sont deux hommes. Ce ne sont pas deux êtres asexués. Leurs préférences sexuelles ne nient pas la sexuation de l’humanité. C’est bien en tant qu’homme ou en tant que femme, qu’une personne homosexuelle désire une personne du même sexe. De même, dans une famille homoparentale, il ne s’agit nullement de deux parents asexués.

Ce que l’homoparentalité révèle, c’est la distinction possible entre la parenté instituée et les liens biologiques. Deux mères n’ont pas conçu leur enfant ensemble. Il faut toujours un homme et une femme pour concevoir un enfant. Ni les mères lesbiennes, ni les pères gays ne le nient. Ils racontent dès le plus jeune âge à leurs enfants le récit de leurs origines et font place dans leur discours aux tiers : Donneur de sperme pour les unes, gestatrice et donneuse d’ovocyte pour les autres, cet homme bienfaisant pour les unes, ces femmes formidables qui leur ont permis de devenir parents pour les autres. La reproduction sexuée de l’humanité n’est pas remise en cause par les familles homoparentales, mais, dans ces familles, on ne fait pas semblant d’avoir procréé ensemble contrairement à ce qui est institué chez les couples hétérosexuels infertiles. Ce que les familles homoparentales revendiquent c’est de reconnaître qu’on peut constituer légalement un couple de parents sans pour autant qu’ils procréent ensemble.

Le mariage est ouvert aux couples hétérosexuels qui ne souhaitent pas avoir d’enfant. Il s’agit de distinguer ici la dimension instituée de la parenté de la dimension biologique. Ce n’est pas nier la dimension biologique, c’est au contraire, accepter de dire qu’elle existe et que dans certains cas son existence ne se confond pas avec des liens légaux de parenté. Notons que les lesbiennes et les gays ne sont pas demandeurs de l’anonymat des dons. Les couples hétérosexuels infertiles cherchent parfois à nier le recours à un tiers donneur et à passer pour les géniteurs de leurs enfants car notre société les y autorise voire les y incite. Les couples de même sexe ne sont pas tentés par cette fiction et font place dans leur récit de l’histoire de la conception, à l’intervention de ce tiers. De plus en plus de lesbiennes ayant recours à une IAD à l’étranger choisissent le don semi-anonyme, c’est-à-dire, la possibilité que leur enfant à 18 ans puisse avoir accès à l’identité du donneur qui a permis sa venue au monde. Les pères gays qui ont eu recours à une gestation pour autrui sont souvent en relation avec les femmes qui les ont aidés à donner la vie. Où est la négation de la différence des sexes ?

Renforcer le mariage
Dernier motif d’étonnement, la manipulation malhonnête des chiffres, (p15 et 16). L’auteur tente notamment de minimiser le nombre d’enfants concernés. Il rapporte par exemple le nombre d’adhérents de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL) sans mentionner qu’il existe deux autres associations françaises, l’Association Des Familles Homoparentales (ADFH) et Enfants arc-ciels qui réunissent également des milliers d’adhérents et sympathisants. Mais peu importe les querelles de nombre. Au même titre que les juifs, toute petite minorité, ont obtenus leur pleine citoyenneté en dépit de leur faible nombre, même une poignée d’enfants a le droit d’être protégée juridiquement.

Nous, Français juifs , parents, homosexuels, affirmons que l’ouverture du mariage ne vient pas détruire cette institution mais la renforcer. D’autres courants du judaïsme, à l’inverse de celui que représente Gilles Bernheim, autorisent la nomination de rabbins gays, bénissent les unions de même sexe, et reconnaissent les familles homoparentales qui souhaitent transmettre les traditions. Avec un tel texte, le grand rabbin se rapproche des positions dogmatiques de l’Eglise catholique et ce faisant, perd en légitimité. Nous n’osons imaginer que ceci se justifie par un calcul politique dans un contexte de surenchères internes au Consistoire.

Franck Jaoui, porte-parole du Beit Haverim, Alexandre Urwicz, coprésident de l’AFDH, et Martine Gross, sociologue

Franck Jaoui, porte-parole du Beit Haverim, groupe gay et lesbien juif de France

Alexandre Urwicz, coprésident de l’association des familles homoparentales

Martine Gross, sociologue, Centre d’Etudes Interdisciplinaires des Faits religieux, CNRS
© Le Monde http://www.lemonde.fr
————————————————————————————

 Sainte Marchandise, priez pour nous…un samedi ordinaire dans l’hypercentre de Strasbourg

Alors que les chrétiens réunis (catholiques et protestants oecuméniquement ensemble) occupaient une bonne moitié de la place Kléber sous leurs tentes, faisant déborder toujours plus les bondieuseries, (non islamiques, hein…) dans l’espace public, d’aucuns, à quelques encablures, dans le dos de Gutenberg, adoraient le Dieu du Commerce (mais Hermès manquait à l’appel) en inaugurant une plaque, au milieu d’une fête des vendanges, en faisant l’éloge dithyrambique des 110 commerçants (gloire à ces résistants d’un type inédit…) de la Grand-Rue, grâce à qui les zurbains ne manquent de rien, nécessaire et superflu compris et niquent , non pas la Bac, quoique, mais les grandes surfaces.

Ces mêmes commerçants dont une grande partie, plus sensible au bruit du tiroir-caisse (bien qu’il soit désormais électroniquement silencieux) qu’à la misère humaine, ont exigé dans une pétition, la disparition (“la solution définitive de la question”…) de quelques SDF, certes parfois avinés ou embiérés, qui feraient tache dans le paysage et inquiéteraient avec leur chien de compagnie, quelques grands-mères…

On a compris, une fois de plus, que la municipalité “socialiste”, comme la précédente, UM-piste, mais, peut-être même en pire, n’aimait rien tant que le commerce et la Sainte Marchandise.

Consommez, mes frères, pour qu’au moins, si ça arrive, (Fessenheim est proche..) ce soit le ventre plein, et la sape à la fashionista, comme ils disent dans le Chournal. Les pauvres, les SDF, les sans-papiers et les Roms dans leurs campements (bientôt vidés) n’ont qu’à dégager du paysage urbain.

Au même moment, pas moins de quatre cars de la dite Sécurité publique.stationnaient, moteur en marche, dans la rue des Grandes-Arcades…Et pourtant, on n’a pas encore entendu dire qu’un nouveau Directeur départemental de la sécurité publique ait été nommé. Comme quoi, ces services fonctionnent en roue libre et les chefs ne servent à rien.

Interrogé sur le motif de cette présence si massive et voyante, l’un des pandores répondit aimablement, qu’il y avait beaucoup de monde en ville et qu’il fallait s’habituer à ce dispositif, habituel, selon lui. Nouveau cran dans le toujours en vigueur Plan Vigipirate (pas picrate, hein), crainte fantasmatique d’attentats (mais point d’épicerie cachère dans le secteur), habituation à la guerre civile qui vient, on ne sait.

 Ury Avnéry: Protestation à Ramallah

Uri Avnery
15 septembre 2012

Protestations à Ramallah

EN VISITE À RAMALLAH après une absence de plusieurs mois, je fus de nouveau stupéfait de l’activité de construction qui s’y déployait. Partout s’élèvent de nouveaux immeubles de grande hauteur, et beaucoup d’entre eux sont magnifiques. (Les Arabes semblent avoir un talent inné pour l’architecture, comme l’atteste n’importe quelle anthologie d’architecture.)

Le boom de la construction semble être un bon signe, confirmant les affirmations israéliennes que l’économie de la Cisjordanie occupée est florissante. Mais, dans un second temps, mon enthousiasme s’est évanoui. Après tout, l’argent investi dans des immeubles résidentiels n’est pas affecté à des usines ou à d’autres entreprises créatrices d’emplois et qui assurent une croissance réelle. Cela montre seulement que des gens s’enrichissent même sous occupation.

Lire la suite

 Dernières grimaces avant dégagement

 

 

 

 







 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avant de prendre Saddam, les Ricains avaient diffusé un jeu de cartes des têtes du régime irakien à faire tomber.
Ne manquez pas de contempler cette sélection de clichés en forme de triste jeu du pouilleux, du mistigri, du puant, du valet noir
En accompagnant sans modération cette galerie de quelques lignes de Prévert
Pardon de l’avoir autant caviardé et tronqué (mais retrouvez-les bien entières dès l’occasion trouvée)

D’après Prévert, sur une idée de JLQ

Ceux qui copieusement…

Ceux qui tricolorent

Ceux qui inaugurent

Ceux qui majusculent

Ceux qui sont chauves à l’intérieur de la tête

Ceux qui bénissent les meutes

Ceux qui donnent des canons aux enfants

Ceux qui donnent des enfants aux canons

Ceux qui mettent un loup sur leur visage quand ils mangent du mouton

Ceux qui mamellent de la France

Ceux qui courent, volent et nous vengent, tous ceux-là, et beaucoup d’autres entraient fièrement à l’Élysée en faisant craquer les graviers, tous ceux-là se bousculaient, se dépêchaient, car il y avait un grand dîner de têtes et chacun s’était fait celle qu’il voulait.

il y en avait avec des têtes de boule puante, des têtes d’animaux malades de la tête, des têtes de fromage de tête, des têtes de pied, des têtes de monseigneur et des têtes de crémier.

Quelques-uns, pour faire rire le monde, portaient sur leurs épaules de charmants visages de veaux, et ces visages étaient si beaux et si tristes, avec les petites herbes vertes dans le creux des oreilles comme le goémon dans le creux des rochers, que personne ne les remarquait.

C’était véritablement délicieusement charmant et d’un goût si sûr que lorsque arriva le Président avec une somptueuse tête d’œuf de Colomb ce fut du délire.

“C’était simple, mais il fallait y penser”, dit le Président en dépliant sa serviette et devant tant de malice et de simplicité les invités ne peuvent maîtriser leur émotion ; à travers des yeux cartonnés de crocodile un gros industriel verse de véritables larmes de joie, un plus petit mordille la table, de jolies femmes se frottent les seins très doucement et l’amiral, emporté par son enthousiasme, boit sa flûte de champagne par le mauvais côté, croque le pied de la flûte et, l’intestin perforé, meurt debout, cramponné au bastingage de sa chaise en criant : “Les enfants d’abord.”

Le président s’est levé, il a brisé le sommet de sa coquille avec son couteau pour avoir moins chaud, un tout petit peu moins chaud.

Il parle et le silence est tel qu’on entend les mouches voler et qu’on les entend si distinctement voler qu’on n’entend plus du tout le président parler, et c’est bien regrettable

Mais quand les mouches s’ennuient elles meurent, et toutes ces histoires d’autrefois, toutes ces statistiques les emplissant d’une profonde tristesse, elles commencent par lâcher une patte du plafond, puis l’autre, et tombent comme des mouches, dans les assiettes… sur les plastrons, mortes comme le dit la chanson.

“La plus noble conquête de l’homme, c’est le cheval, dit le président, et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là.”

C’est la fin du discours ; comme une orange abîmée lancée très fort contre un mur par un gamin mal élevé, la MARSEILLAISE éclate et tous les spectateurs, éclaboussés par le vert-de-gris et les cuivres, se dressent congestionnés, ivres d’Histoire de France et de Pontet-Canet.

Mais soudain tous de trembler car un homme avec une tête d’homme est entré, un homme que personne n’avait invité et qui pose doucement sur la table la tête de Louis XVI dans un panier.

C’est vraiment la grande horreur, les dents, les vieillards et les portes claquent de peur.

”cette tête si peu vivante que vous remuez sous le carton mort, cette tête blême sous le carton drôle, cette tête avec toutes ses rides, toutes ses grimaces instruites, un jour vous la hocherez avec un air détaché du tronc et quand elle tombera dans la sciure vous ne direz ni oui ni non.”

Mais une carafe lancée de loin par un colombophile indigné touche en plein front l’homme qui racontait comment il aimait rire. Il tombe, le Pigeon-Soldat est vengé. Les cartonnés officiels écrasent la tête de l’homme à coups de pied et la jeune fille qui trempe en souvenir le bout de son ombrelle dans le sang éclate d’un petit rire charmant, la musique reprend.

La tête de l’homme est rouge comme une tomate trop rouge, au bout d’un nerf un œil pend, mais sur le visage démoli, l’œil vivant, le gauche, brille comme une lanterne sur des ruines.

“Emportez-le”, dit le Président, et l’homme couché sur une civière et le visage caché par une pèlerine d’agent sort de l’Élysée horizontalement, un homme derrière lui, un autre devant.

“Il faut bien rire un peu”, dit-il au factionnaire et le factionnaire le regarde passer avec ce regard figé qu’ont parfois les bons vivants devant les mauvais.

Et puis ils parlent de leurs petites affaires, de leurs enfants, de leurs bronches ; le jour se lève, on tire les rideaux chez le Président.

Dehors, c’est le printemps, les animaux, les fleurs, dans les bois de Clamart on entend les clameurs des enfants qui se marrent, c’est le printemps, l’aiguille s’affole dans sa boussole, le binocard entre au bocard et la grande dolichocéphale sur son sofa s’affale et fait la folle.

Il fait chaud. Amoureuses les allumettes tisons se vautrent sur leur frottoir, c’est le printemps, l’acné des collégiens et voilà la fille du sultan et le dompteur de mandragores, voilà les pélicans, les fleurs sur les balcons, voilà les arrosoirs, c’est la belle saison.

Le soleil brille pour tout le monde, il ne brille pas dans les prisons, il ne brille pas pour ceux qui travaillent dans la mine,

ceux qui écaillent le poisson

ceux qui mangent la mauvaise viande

ceux qui fabriquent les épingles à cheveux

ceux qui soufflent vides les bouteilles que d’autres boiront pleines

ceux qui coupent le pain avec leur couteau ceux qui passent leurs vacances dans les usines ceux qui ne savent pas ce qu’il faut dire

ceux qui traient les vaches et ne boivent pas le lait ceux qu’on n’endort pas chez le dentiste ceux qui crachent leurs poumons dans le métro

ceux qui fabriquent dans les caves les Stylos avec lesquels d’autres écriront en plein air que tout va pour le mieux

ceux qui en ont trop à dire pour pouvoir le dire ceux qui ont du travail

ceux qui n’en ont pas ceux qui en cherchent

ceux qui n’en cherchent pas

ceux qui donnent à boire aux chevaux ceux qui regardent leur chien mourir

ceux qui ont le pain quotidien relativement hebdomadaire

ceux qui l’hiver se chauffent dans les églises ceux que le suisse envoie se chauffer dehors ceux qui croupissent

ceux qui voudraient manger pour vivre ceux qui voyagent sous les roues ceux qui regardent la Seine couler

ceux qu’on engage, qu’on remercie, qu’on augmente, qu’on diminue, qu’on manipule, qu’on fouille, qu’on assomme

ceux dont on prend les empreintes

ceux qu’on fait sortir des rangs au hasard et qu’on fusille ceux qu’on fait défiler devant l’arc ceux qui ne savent pas se tenir dans le monde entier

ceux qui n’ont jamais vu la mer

ceux qui sentent le lin parce qu’ils travaillent le lin ceux qui n’ont pas l’eau courante ceux qui sont voués au bleu horizon

ceux qui jettent le sel sur la neige moyennant un salaire absolument dérisoire

ceux qui vieillissent plus vite que les autres

ceux qui ne se sont pas baissés pour ramasser l’épingle ceux qui crèvent d’ennui le dimanche après-midi parce qu’ils voient venir le lundi et le mardi, et le mercredi, et le jeudi, et le vendredi, et le samedi et le dimanche après-midi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Hommage à Theo Angelopoulos

Lundi soir, en seconde partie de programme, ARTE a rendu hommage au cinéaste grec Théo Angelopoulos, en diffusant L’éternité et un jour, le film qui avait enfin reçu une Palme d’or tardive.Il faut croire qu’il n’a pas eu une diffusion à la hauteur, car on ne l’avait pas vu lors de sa sortie au cinéma.

http://www.cinemovies.fr/bande-annonce-8571-9407.html

On y trouve tout ce qui fait la patte d’Angelopoulos dans toute son œuvre certes exigeante, eu égard au tout venant des salles obscures, mais tout à fait visible et passionnant quand on fait preuve de la patience exigée devant les longs plans-séquences habituels à l’auteur.

On y trouve aussi tout ce qu’on a déjà vu dans les autres films de son opus.

Lire la suite

 B.A.C à poubelle !

 

 

Il est environ 23h le 28 décembre, nous nous trouvons sur le parking du nouveau Spar de Saint-Benoît. Ces poubelles ne nous ont jamais trahi sur l’abondance de nourriture, encore tout à fait consommable, qu’elles contiennent. Triste constat du consumérisme ambiant, mais grande réjouissance face à la semaine de survie qu’elles nous offrent.

 

Lire la suite